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mercredi, 14 janvier 2009

La crise continue

La crise reste un grand mystère -et pas réjouissant- pour bon nombre de politiques et de citoyens. La complexité de la première phase, essentiellement financière, a échappé à la compréhension de la plupart des observateurs profanes...mais aussi des experts qui n'ont rien vu venir et se sont pris tous les chocs successifs, jusqu'à l'escroquerie Madoff. Hier soir, comme l'annonçait Lomig, le débat a réuni Alain Madelin, Charles Gave, Vincent Bénard, président de l'Institut Hayek et blogueur influent (35eme au Wikio ! Il faut être banquier pour avoir cette disponibilité) et Jean-Jacques Rosa que j'avais déjà rencontré sur un plateau de radio, avec en guest star Philippe d'Arvisenet, l'iconoclaste directeur des études économiques de BNP Paribas. A nouveau, nous avons eu droit à une analyse de la crise, assez courte et synthétique (nous la connaissons tous par coeur maintenant), avant de passer aux solutions politiques, financières et plus généralement, économiques.

 

Charles Gave a déclaré qu'il fallait réglementer très strictement le secteur de la finance, Vincent Bénard a défendu le contraire. Et Jean-Jacques Rosa, comme Philippe d'Arvisenet, concluaient que les crises faisaient partie du cycle de la vie des échanges et qu'on se remettrait naturellement, après une purge aux effets sociaux douloureux (les salaires ne pouvant s'ajuster à la baisse comme sur les autres marchés lorsqu'ils sont déprimés). Les débats ont été ouverts, mais je laisserai Lomig nous faire un compte-rendu plus circonstancié sur "Expression Libre", pour emmener ce billet directement à l'essentiel : nous avons terminé la soirée dans le très convenable restau "Le Bourbon", qui fait d'excellentes côtes de boeuf pour un public expert. Je vous rassure, lecteur contribuable, la note est raisonnable pour ceux qui se la payent avec votre argent. Très bonne ambiance autour de la table, quelques bonnes blagues de notre ami -et expert- Bénard, des échanges très ouverts avec Lomig, et un vrai bordel au moment de l'adition, confirmant que le les libéraux sont décidément ingérables.

 

Une petite nouvelle illustre bien à quel point le moral bas n'épargne personne. Une fameuse clinique privée suisse, spécialisée dans les soins psychiatriques, vient d'ouvrir une unité dédiée aux dépressions, addictions et tendances suicidaires. La moitié de leur clientèle vient actuellement de la finance. Quand une clinique de repos prend le pas sur les Seychelles, l'heure est grave. Et pendant qu'ils sont en cure, qui va monter les crédits aux entreprises, hein ?

 

Note: je vous invite à lire le compte-rendu par Lomig sur ce lien.

17:34 Publié dans Dans le monde | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, finance, madelin, gave, benard | | | Digg! Digg |  Facebook

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Commentaires


Super !
merci pour le lien et pour ce compte-rendu. j'en prépare un aussi.
à bientôt, j'ai été bien content de pouvoir discuter avec toi !

Écrit par : LOmiG | mercredi, 14 janvier 2009


Ce n'est pas personne n'a vue venir cette crise, c'est que les grandes personnages ne veulent plus le voir. C'est le désastre du monde financière!!

Écrit par : Jin Currency | mercredi, 14 janvier 2009


La nature humaine est ainsi faite qu'elle aime les excès, de l'euphorie à la déprime.

Écrit par : henri | mercredi, 14 janvier 2009


ASSEZ de crédits ! ASSEZ d'argent DETTE ! Vive l'argent libre de dettes, le capital et l'investissement en capital.

Le Crédit n'enrichit que les Banquiers au détriment de tout le monde !

Écrit par : Stephane Laborde | mercredi, 14 janvier 2009


@ Stephane Laborde : +1 ! 100% D'accord !

Il faut passer de la société du crédit à celle du capital, la société de l'hyper-levier bancaire à celle de la prééminence des fonds propres. Cela veut dire revenir sur toutes les caractéristiques de nos sociétés (Fiat Money, fiscalité, bailouts) qui favorisent le crédit sur le capital

Écrit par : vincent | jeudi, 15 janvier 2009


Ce n'est pas le crédit qui pose souci, mais le levier excessif, déraisonnable. Le crédit permet un développement économique indispensable à la progression de notre niveau de vie. Mais pas lorsqu'on a des rapports de 1 à 60 sur fonds propres comme c'est le cas avec Fannie Mae et Freddy Mac. Il y a bien une responsabilité réglementaire en cause, mais aussi une irresponsabilité d'acteurs financiers dont l'avidité n'était pas assez encadrée par les actionnaires.

Écrit par : Aurelien | jeudi, 15 janvier 2009


"Ce n'est pas le crédit qui pose souci, mais le levier excessif, déraisonnable."

100% ok.

Je crois qui si on sait définir un ratio prudentiel à l'échelle d'une personne ou d'une entreprise, le ratio GLOBAL (par rapport à la masse monétaire GLOBALE donc) doit être le même !

Voilà simplement la clé, ce n'est pas autre chose.

Écrit par : Stephane Laborde | vendredi, 16 janvier 2009


@Stephane : la question est la suivante : qui connait ce bon ratio, sur quelles bases et sur quelle légitimité pour l'imposer à tous ?
En faisant croire aux acteurs économiques que tout va bien parce qu'on leur impose des contraintes censées supprimer le risque, on les incite à être moins vigilants et à s'embarquer dans d'autres voies. La prochaine crise, dans 5, 6 ou 10 ams, interviendra là où on ne l'attend pas.

Écrit par : Joe | vendredi, 16 janvier 2009


"la question est la suivante : qui connait ce bon ratio, sur quelles bases et sur quelle légitimité pour l'imposer à tous ?"

Certes, c'est la bonne question !

Mais il ne s'agit pas de "l'imposer à tous" ! Il s'agit de le définir au niveau "global".

De la même façon qu'on définit des quotas de CO2 à émettre en quantité limitée, on doit définir globalement un ratio de crédit, qui ne soit pas "fixe" mais qui s'adapte année après année, ou tous les 5 ans par exemple, de façon régulière, aux Banques.

Qu'ensuite les Banques prêtent avec des ratios plus élevés à certains qu'à d'autres c'est leur problème. Mais globalement le ratio de crédit auquel elles ont droit est adapté régulièrement, comme le sont des taux d'intérêts.

Ainsi les Banques Centrales auraient deux leviers pour adapter la masse monétaire.

Écrit par : Stephane Laborde | vendredi, 16 janvier 2009


@ Stéphane

Ne serait-il pas dangereux de donner encore plus de pouvoir et de renforcer le monopole de ceux qui sont un des (les?) principaux responsables de la crise?

Écrit par : Mateo | vendredi, 16 janvier 2009


Le pouvoir de la Banque Centrale est défini par la Loi, votée par les Politiques, qui sont élus par les citoyens.

Il ne s'agit donc pas de donner le pouvoir à personne, personne d'autre que le peuple IN FINE ne conduit la politique de la Banque Centrale, dont les gouverneurs sont de plus choisis par ceux que l'on élit nous mêmes.

C'est donc à nous et à personne d'autre de demander à ce que cette politique soit proposée avant les élections et de faire notre choix en conséquence.

Après si on préfère regarder la Roue de la Fortune au lieu de faire un travail de citoyen informé et responsable on a le résultat que l'on mérite c'est aussi simple que ça.

Écrit par : Stephane Laborde | vendredi, 16 janvier 2009


C'est bien ça le problème: le système de banque centrale est un monopole légal accordé par l'État.

L'information-prix est beaucoup trop diffuse pour pouvoir être traitée de manière centralisée.

Le système de banque centrale, c'est le socialisme appliqué au système bancaire et monétaire.

Écrit par : Mateo | vendredi, 16 janvier 2009


@Mateo

Je ne suis pas cette affirmation : "Le système de banque centrale, c'est le socialisme appliqué au système bancaire et monétaire"...

Qu'est-ce que ça signifie ?

En outre en 2009 désormais affirmer qu'un système est mauvais n'est plus du tout correct, il faut en outre apporter la solution qu'on préconise pour l'améliorer ou s'en passer. Sinon c'est de la critique purement destructive qui ne mène nulle part.

Écrit par : Stephane Laborde | vendredi, 16 janvier 2009


Par "socialiste", j'entends ici un système géré de manière centralisé, un système où l'information-prix (celui du prix du crédit) est détruit et pour lequel un groupe "d'experts" sont chargés de "rassembler" le plus d'informations possibles afin de fixer autoritairement les prix "le mieux possible". ll faut donc prendre "socialiste" plus au sens anglais (américain) du terme, c'est-à-dire "presque-communiste".

Concernant les solutions, je n'ai pas encore d'avis définitivement tranché, mais celles proposées par les économistes de l'école autrichienne me paraissent les meilleures, même si une éventuelle transition vers ce type de système serait particulièrement douloureuse.

Écrit par : Mateo | vendredi, 16 janvier 2009


PS: je parle donc ici de système bancaire et monétaire libre. Mais cela implique que les banques et les banquiers ne soient plus déresponsabilisés par le pouvoir public.

L'histoire a prouvé la stabilité d'un tel système les rares fois où il a été réellement mis en place.

D'autre part, l'analyse de Rothbard selon laquelle le système de réserve fractionnaire est une violation du droit de propriété et donc devrait être considéré comme un "permis de vol" accordé aux banques me paraît séduisant, mais j'ai du mal à déterminer si cela est réaliste ou non.

Écrit par : Mateo | vendredi, 16 janvier 2009


Mateo, il y a eu des bulles et des crises bien avant l'apparition des banques centrales, et les périodes d'étalon-or n'ont pas empêché pareils dérapages. Je ne suis pas convaincu par ces arguments à ce stade.

Écrit par : Aurelien | dimanche, 18 janvier 2009

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