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jeudi, 08 janvier 2009
Les Français et le capitalisme
Les Français n'entendaient pas grand-chose à l'économie. Avec la crise, leurs dernières certitudes ont volé en éclats. Comme Nicolas Sarkozy, une courte majorité veut donc "refonder ce capitalisme" qu'il comprend pas : 53 % des Français déclarent souhaiter des réformes en profondeur selon une enquête TNS-SOFRES (bien qu'aucun d'entre eux ne se souvienne de la conférence qui l'a fondé). L'Europe apparait moins destabilisée que la France par la mauvaise conjoncture. Si 81 % des Européens pensent que cette crise remettra en cause nos valeurs et notre façon de vivre, ils ne sont que 31 % à attendre une réforme en profondeur du capitalisme. Et ils ne sont que 7 % à y croire. Pour le moment, la grande majorité des Européens sait qu'il n'y a aucune alternative sérieuse. Des réglages importants des règles et des supervisions qui ont failli (ou contribué à la crise) devront avoir lieu, point barre.
Une contradiction amusante ressort de ce sondage : une très courte majorité d'Européens veut davantage voir l'Etat intervenir dans la vie économique, tout en sachant que ce ne sont pas les gouvernements qui les sortiront de la crise mais bien eux-mêmes. Preuve que la lucidité des Européens n'a pas entièrement disparu avec la crise. Ce que tous veulent, ce sont des règles un peu plus fiables. Pour le moment, les législateurs et superviseurs publics n'ont rien vu, ils ont même activement contribué à la crise comme nombre d'observateurs l'ont rappelé. Et le surendettement des gouvernements ne devrait pas redorer leur blason. Comme bons gestionnaires, on fait mieux.
Un chiffre rassurant : les Européens veulent voir le respect d'autrui, le sens de la famille (ils sont très fleur bleue, finalement)... et, à 81 %, la responsabilité individuelle se substituer aux valeurs qu'ils jugent dominantes aujourd'hui (consommation, individualisme et recherche de performance). A très court terme, ils se ruent tous aux soldes. Bref, le monde n'est pas si proche d'un réel changement.
16:47 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : capitalisme, reforme, responsabilite


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Commentaires
quel avenir pour le MOYEN ORIENT ???
Ecrit par : MARANATHA | jeudi, 08 janvier 2009
Un professeur de zoologie à pour assistant un Allemand ,un Français et un israélien.
Il demande à chacun de faire un rapport sur un troupeau d'éléphant.
L'allemand rend son rapport au bout d'une semaine, il fait 150 pages et s'intitule :"L'ORGANISATION CHEZ LES ÉLÉPHANTS"
Le français se contente d'un rapport de 30 pages photos comprise intitulé "LE SEXE CHEZ LES ÉLÉPHANTS"
L'israélien revient au bout de trois mois et rend un rapport de 5.000 pages dont le titre est: "LES ÉLÉPHANTS ET LE PROBLÈME PALESTINIEN"
Ecrit par : Joe | jeudi, 08 janvier 2009
un sondage dont je dois retrouver la trace, montrait que les chinois étaient plus convaincus que les français des bienfaits du capitalisme (genre 60-70% des chinois faisaient confiance au capitalisme pour aider à accroitre le niveau de vie, contre 30-40% des français..)
ça montre l'ampleur des dégâts...et l'habileté de la manipulation idéologique dans les médias et dans les écoles...
Ecrit par : LOmiG | jeudi, 08 janvier 2009
Voilà le lien : allez faire un tour ça vaut le détour
http://www.globescan.com/news_archives/pipa_market.html
la question était en fait une assertion et les gens devaient dire s'ils étaient d'accord ou pas... "“the free enterprise system and free market economy is the best system on which to base the future of the world.”
Extrait :
"Ironically, the country that showed the highest level of support for the free enterprise system was China, with 74 percent agreeing that it is the best system. Others that were nearly as enthusiastic were the Philippines (73%), the US (71%), and India (70%).
France was the one country where most did not agree with this proposition. Only 36 percent of the French agreed that the free market economy is the best system, while 50 percent disagreed. Others that only showed plurality support for the proposition were Argentina (42% agree), Russia (43%), and Turkey (47%). In all other cases, agreement was 57 percent or higher. "
Ecrit par : LOmiG | jeudi, 08 janvier 2009
Merci pour ce lien. Il serait intéressant de proposer à nouveau ce sondage dans les mmes termes pour suivre l'évolution des mentalités avec la crise.
Ecrit par : Aurelien | jeudi, 08 janvier 2009
Dans un système où c'est la dette qui fait l'argent en circulation. Que proposes-tu pour qu'il y ait de l'argent dans le système sans dette ?
J'aimerais voir et comprendre ta réponse cohérente et complète sur une économie en croissance sur 10 ans.
Comment on crée la monnaie, comment on fait en sorte que la masse monétaire soit en rapport de la croissance de la valeur ?
J'attends.
Ecrit par : Stephane Laborde | mardi, 13 janvier 2009
Stephane, une économie a besoin de crédit. La relation entre le crédit et l'émission de monnaie centrale par une banque centrale est claire, quoi qu'insuffisante à expliquer les bulles qui ont existé avant elle.
L'économie est bien trop complexe pour que qui que ce soit, banque centrale ou acteur économique, puisse en comprendre et en prévoir tous les aspects. La croissance de valeur tel que le PIB l'entend a-t-elle un sens ? Tu connais le principe de la vitre cassée, qui illustre très bien czla ? Les actifs sont investis d'une valeur indépendamment de la monnaie, et personne ne peut contrôler cela, et encore moins dans une économie ouverte dans laquelle il faut ajouter une balance courante et une balance des capitaux.
Ecrit par : Aurelien | mercredi, 14 janvier 2009
"Stephane, une économie a besoin de crédit."
Certes ! Qui a prétendu le contraire ?
"La relation entre le crédit et l'émission de monnaie centrale par une banque centrale est claire, quoi qu'insuffisante à expliquer les bulles qui ont existé avant elle."
Ah ! Content de le lire ! Donc ça signifie bien qu'en l'absence d'émission de la Banque Centrale on arrive forcément à un maximum de monnaie disponible n'est-ce pas ?
"La croissance de valeur tel que le PIB l'entend a-t-elle un sens ? Tu connais le principe de la vitre cassée, qui illustre très bien czla ? Les actifs sont investis d'une valeur indépendamment de la monnaie, et personne ne peut contrôler cela."
Ok ! Nous sommes donc bien d'accord. Tu reconnais bien qu'il faut que la monnaie centrale + la monnaie crédit (qui dépend de la première), soit en rapport de la VALEUR qui est en croissance.
Maintenant comme tu le dis cette valeur est difficile à estimer puisqu'elle repose sur un potentiel d'achat qui n'est souvent pas réalisé, avec le risque de surrestimer cette valeur et donc de surrestimer la quantité de monnaie que devraient créer les Banques Centrales pour compenser.
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Je suis entièrement d'accord avec ton analyse.
Ceci étant dit donc la Banque Centrale contrôle la monnaie de base qu'elle met sur le marché essentiellement par quoi ? Les titres de dettes long terme qui font office de monnaie permanente, et sont essentiellement quoi ? Des bons du trésor.
Ce qui signifie que la "dette" des Etats n'est pas vraiment une dette mais le pendant de cette comptabilité de la monnaie de base existante.
Et que donc, d'une façon ou d'une autre quand il apparaît qu'il faut créer cette monnaie de base en dépit de l'estimation de la valeur qui peut être faussée, actuellement et sans autre mécanisme, on ne peut QUE être poussé à acheter des bons du trésor massivement, il n'y a quasiment aucun autre moyen à disposition.
C'est par ailleurs bien ce que préconise Bernanke.
Et donc la dette des Etats DANS CE SYSTEME n'a aucune valeur "en soi" mais relativement à la VALEUR de l'économie qu'il est censé encadrer. Si elle est trop élevée, c'est l'inflation, si elle est trop basse, c'est la déflation.
En l'absence de création monétaire en cas de déflation rampante, les Etats pour payer les intérêts, n'ont d'autre choix que d'augmenter la fiscalité, accélérant ainsi le "crunch". Seule la création monétaire permet alors de repartir et d'éviter l'effondrement.
Ecrit par : Stephane Laborde | mercredi, 14 janvier 2009
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