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mardi, 25 novembre 2008
Explosion du PS, nostalgie libérale
Depuis 15 jours, Nicolas Sarkozy ne fait à nouveau plus la une des journaux. Après le G20 plus capitaliste que jamais, c'est la déflagration au PS qui occupe la première de couverture des médias. En jeu, le choc d'ego, l'alternative entre la voie social démocrate et radicale, entre l'alliance à l'extrême gauche ou au centre, la soif de pouvoir local ou national, etc. Hier, les verts (qui hésitaient entre l'extrême extrême gauche et l'extrême gauche tout court), aujourd'hui le PS. Bref, les libéraux ne sont pas seuls à aimer les conflits et les scissions. Ce temps joyeux des attaques personnelles, des coups bas et des tricheries dans l'ombre, tous les partis politiques l'ont connu. Il est facile de se moquer du Parti Socialiste, pas de lui faire la leçon. Surtout lorsque les commentaires et suggestions viennent de l'UMP. La vie au sein d'un parti, c'est sportif. Ils ont souvent survécu à ces moment de friction. Parfois non. Et sur ce plan, les plus petites formations sont sans doute les plus fragiles. Ayant reçu une quantité importante de messages me demandant pourquoi un aussi jeune parti qu'AL avait explosé en vol et donné naissance au Parti Libéral Démocrate, je mesure le degré d'incompréhension des observateurs qui, de l'extérieur, ne connaissent pas le fonctionnement d'un parti (ou ne veulent pas le connaître).
Est-ce sain d'étaler son linge sale en public ?
Deux écoles s'affrontent. La première regroupe à la fois ceux que ces questions d'ego choquent et ceux qui ne veulent pas se poser de questions sur les enjeux internes au parti. La seconde considère que la transparence est essentielle, et que le débat doit rester le plus ouvert possible, accessible à tous. Ce clivage n'est pas propre à la vie politique, il se retrouve dans tous les actes de la vie sociale. Faut-il dissimuler la vérité et mentir par omission...pour le bien général, ou assumer publiquement les difficultés, les divergences et les conflits ? "Etre politique" signale en général des qualités de discrétion dans les manoeuvres et les complots. Nous découvrons que cela peut aussi aboutir à des batailles publiques. N'est-ce pas préférable ?
Dissimuler les enjeux du pouvoir au sein d'un parti consiste surtout à maintenir l'opacité afin de jouer tranquillement au billard à 3 bandes. Coups tordus et manipulations derrière la vitrine nickel. Les observateurs sont rassurés, et surtout ne préfèrent pas savoir. Je pense qu'il s'agit d'une forme de lâcheté de leur part, car ils savent pertinemment ce qui se déroule en coulisse. Mais ils ne souhaitent que voir un gagnant qu'ils peuvent admirer sans trop se poser de question. Appartenant à l'école de la transparence, j'avoue qu'il n'est pas tant difficile d'être transparent que de se confronter au déni de réalité de ceux qui fuient la réalité de ces conflits.
La politique, promotion des idées ou des personnes ?
Quoi qu'on pense des idées, la politique est avant tout une question de personnes. A la présidentielle, on ne vote pas tant pour un programme que pour une personne. Les médias valorisent d'abord les profils qui passent bien. Lors d'un tractage sur un marché, c'est la qualité d'écoute, la capacité à chercher un compromis qui convainc les électeurs. Eventuellement l'étiquette, rarement les idées. Dans les grands partis, on vous juge sur votre capacité de mobilisation militante et électorale et, surtout, médiatique, sinon sur votre statut. Est-ce si choquant ? Une entreprise ne se développe que si ceux qui la constituent ont du talent et savent le valoriser à l'extérieur auprès de leur clientèle. On peut se poser légitimement sur la nature du talent qui est valorisé en politique, et surson utilité pour le pays. Mais cela nous engagerait sur un autre débat.
Il est aussi vrai que les idées seront bien servies si elles sont portées par des personnalités qui se font entendre, qui savent conquérir leur place sur un échiquier politique hautement concurrentiel. Bref, les meilleures idées du monde ne progresseront pas si elles ne sont pas promues par des individus, si possibles nombreux et organisés, qui ont le talent nécessaire pour le faire, ainsi que de la chance. Et tant mieux si ces individus ont les idées claires et un bon projet.
Lors du conflit au sein d'AL, les quelques éléments qui ont été rendus publics ont donné lieu à des réactions passionnelles de sympathisants qui ne voulaient pas (ou ne pouvaient pas) accepter qu'un projet politique libéral n'en demeure pas moins un projet collectif, avec les mêmes soucis que d'autres partis politiques, plus anciens et nettement plus importants. Peut-être aurais-je dû jouer la transparence totale et rendre publiques l'ensemble des manoeuvres du clan fondateur d'AL qui avait bien verrouillé le parti avant d'emporter la bataille qui nous opposait dans des conditions plus que douteuses. Cette expérience a toutefois été une excellente école en coups bas et basses manoeuvres. Hélas, même enrichi par ces techniques efficaces, j'avoue ne pas aimer ce jeu-là. Certains semblent en adorer les subtilités et la perversité. Ce n'est pas mon cas. J'admets volontiers l'importance de savoir agir efficacement dans ces conflits propres au monde politique, ce qui exige parfois de s'asseoir sur quelques principes. Je n'en crois pas moins l'éthique personnelle importante. Reste à savoir s'il vaut mieux gagner par tous les moyens, ou accepter de perdre par souci de ne pas franchir certaines lignes. Ce qui se passe au PS, parti autrement plus important qu'une jeune formation libérale issue de la société civile comme le PLD, est riche d'enseignement sur ce plan.
12:54 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
| Tags : parti liberal democrate, ps, socialiste |
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Commentaires
Mort de rire.
Écrit par : Le Champ Libre | mardi, 25 novembre 2008
Tiens, cvincent ! Tu n'es plus interné ?
Écrit par : Joe | mardi, 25 novembre 2008
Episode explosif avec un grand air de déjà vu pour les libéraux.
Parallèle en effet très frappant.
Content de voir que nos principaux adversaires politiques aient à subir à leur tour cette épreuve difficile et très démotivante.
Dans l'espoir qu'arrive bientot le tour de l'autre parti socialiste, l'UMP...
Écrit par : Landry | mardi, 25 novembre 2008
Je développe un peu.
@Aurélien,
>>> Peut-être aurais-je dû jouer la transparence totale et rendre publiques l'ensemble des manoeuvres du clan fondateur d'AL qui avait bien verrouillé le parti
Mais peut-être aurait-il fallu commencer par ne pas y participer, non ?
>>> Cette expérience a toutefois été une excellente école en coups bas et basses manoeuvres. Hélas, même enrichi par ces techniques efficaces, j'avoue ne pas aimer ce jeu-là. Certains semblent en adorer les subtilités et la perversité. Ce n'est pas mon cas.
PLUS ton cas alors. Tant mieux si tu as changé d'avis, on va gagner du temps.
@Joe,
ça ne me pose pas de pb que tu me dises mes 4 vérités, de manière crue au besoin. Mais bon, caché derrière un pseudo, ce n'est vraiment pas très courageux et c'est dit très poliment pour le coup.
Écrit par : Le Champ Libre | mardi, 25 novembre 2008
@ cvincent : si tu ne participes à rien, tu ne fais rien. Aurais-tu un penchant pour l'inertie ? Pour ma part, l'expérience AL m'a beaucoup appris. Nous avons été nombreux à nous rencontrer et à continuer l'aventure ensemble. J'avoue avoir eu beaucoup de sympathie pour les Fillias-Herold. Que veux-tu, la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Je me permettrais de te donner une leçon, toi qui fais la morale à tout le monde assis au chaud derrière ton clavier : sans échecs dans la vie, on n'avance pas.
Ensuite, la vie de toute organisation collective, entreprise, association ou parti, entraîne des conflits, des divergences et des luttes pour orienter les décisions dans le sens qu'on privilégie. C'est ce qu'on appelle la lutte pour le pouvoir. Rien de choquant en soi, ce qui n'interdit pas de se fixer des limites.
Maintenant, je vais être plus précis que Joe. Tes réactions obsessionnelles sont lassantes et stériles. Tu es toujours négatif, et tu ne fais jamais que ressortir tes mêmes arguments en boucle. Change un peu de disque, regarde la vie autrement. Et s'il te plaît, fous-moi un peu la paix.
D'avance, merci.
Écrit par : Aurelien | mardi, 25 novembre 2008
@avéron donc,
Tu as raison, je n'ai absolument rien fait pour faire avancer les idées libérales. Tout le monde le sait.
La lutte pour le pouvoir qui autorise toutes les bassesses ? Mais je croyais que le libéralisme, c'était justement de réduire le pouvoir à sa plus simple expression. Pourquoi alors se battre comme des chiffoniers pour un pouvoir que nous voulons supprimer ? C'est ce qui a suscité mes craintes à votre encontre, craintes fondées non ?
Sinon, les manoeuvres, les coups bas auxquels vous vous êtes livrés nous font perdre notre temps (oui je milite pour le libéralisme désolé).
Donc quand tu nous dis : "Moi je n'ai pas trempé dans tout ça" je me dit qu'une petite piqure de rappel s'impose pour que l'on ne perde pas à nouveau notre temps.
Au plaisir.
Écrit par : Le Champ Libre | mardi, 25 novembre 2008
Ai-je dit que tu n'avais rien fait pour faire avancer les idées libérales ? J'ai simplement émis une proposition. Elle ne te concernait pas directement, ce qui ne t'empêche pas, hélas, de toujours tout ramener à toi. Le monde ne tourne pas autour de ton petit nombril (pas plus que le mien). Et ça, tout le monde le sait.
Ecoute, toute organisation sociale, libre ou non, passe par une organisation du pouvoir. Un parti ne fait pas exception. C'est simple, nous n'avons pas la même vision des relations sociales, de la liberté, du libéralisme, de la vie en général. Pourquoi persistes-tu à venir exprimer les mêmes critiques en boucle ici ?
Une autre question toute simple : parviendras-tu à être positif une fois dans ta vie ?
Écrit par : Aurelien | mardi, 25 novembre 2008
@avéron,
>>> Ai-je dit que tu n'avais rien fait pour faire avancer les idées libérales ? J'ai simplement émis une proposition. Elle ne te concernait pas directement, ce qui ne t'empêche pas, hélas, de toujours tout ramener à toi. Le monde ne tourne pas autour de ton petit nombril (pas plus que le mien). Et ça, tout le monde le sait.
Absolument. Tu as dit (voir ton commentaires qq lignes plus haut) : ">@ cvincent : si tu ne participes à rien, tu ne fais rien. Aurais-tu un penchant pour l'inertie ?"
Mais bon, c'est sans doute mon nombril qui m'obsède tu as raison.
Moi, mon propos était juste de dire que l'image que tu donnes de toi dans ton article par rapport à ce qui s'est passé à AL est à mon avis un peu trop belle. Je fais donc mon petit travail de transparence pour montrer l'envers du décor comme tu dis dans l'article.
Écrit par : Le Champ Libre | mardi, 25 novembre 2008
Constat très juste, je partage pleinement ton analyse.
J'ai moi-même beaucoup appris à AL, et suis très contant de cette expérience.
Tu noteras, je pense, que la division au sommet du PS n'empêche pas jusqu'à maintenant celui-ci de cartonner aux élections locales contre l'UMP disposant lui au sommet d'une présidence FORTE.
"Dissimuler les enjeux du pouvoir au sein d'un parti consiste surtout à maintenir l'opacité afin de jouer tranquillement au billard à 3 bandes. Coups tordus et manipulations derrière la vitrine nickel. Les observateurs sont rassurés, et surtout ne préfèrent pas savoir. Je pense qu'il s'agit d'une forme de lâcheté de leur part, car ils savent pertinemment ce qui se déroule en coulisse."
Ce point me parait juste, mais peut être est-ce aussi ne pas vouloir rajouter des difficultés et des conflits à ceux de la vie ordinaire.
"Ecoute, toute organisation sociale, libre ou non, passe par une organisation du pouvoir. Un parti ne fait pas exception."
C'est indéniable, c'est pourquoi je pense que le PLD devrait prendre le temps d'y réfléchir sérieusement. Tant que ce travail ne sera pas fait pour trouver un modèle d'organisation capable de coordonner des milliers d'adhérents, il ne pourra pas se développer.
Je sais, c'est dur, c'est comme discuter du contrat de mariage au sommet de l'idylle. Je ne sais pas si ma proposition est la meilleure, seule l'expérience peut en montrer les défauts. Mais nous savons que c'est une étape que vous ne pourraient pas contourner.
Mais nous avons déja discuté de delà n'est-ce pas
Écrit par : l'Ami du Laissez-Faire | dimanche, 30 novembre 2008
@ ALF
Toute organisation a en effet en général un pouvoir et donne donc lieu à une lutte pour ce pouvoir.
Cependant, dans un parti libéral radical, le fait de ne pas pouvoir être élu avant des décennies et de toute façon pour un mandat qui serait modeste (notre projet n'est-il pas de réduire le pouvoir politique à sa plus simple expression) devrait rendre la lutte pour le pouvoir au sein du parti pas bien méchante.
Peu importe que tel ou tel soit président ou passe à la télé. Pourvu qu'ils ne soient pas trop mauvais et fassent passer assez correctement nos idées, le reste est sans grande importance.
Non ?
Écrit par : Le Champ Libre | dimanche, 30 novembre 2008
@cvince
"Peu importe que tel ou tel soit président ou passe à la télé. Pourvu qu'ils ne soient pas trop mauvais et fassent passer assez correctement nos idées, le reste est sans grande importance."
Comment choisissez vous ceux qui les font passer.
Comment décidez vous des ressources allouées a tel ou tel candidat.
Comment décidez-vous qui investit les candidat.
Contrôlez vous tout du centre pour planifier le fonctionnement du parti ?
Quelle liberté donnez vous à ceux qui ont du talent pour une tache quelconque.
Les gens ne travailleront pas bien pour la gloire d'une idole, tout spécialement chez nous.
Je persiste toute tentative de créer un parti comme une bande de copains est vouée à l'échec.
Écrit par : l'Ami du Laissez-Faire | jeudi, 04 décembre 2008
@ALF,
Je suis d'accord avec toi pour dire que la question des statuts, de l'organisation démocratique interne du parti est primordiale.
Je faisais juste remarquer que s'il y aura toujours une lutte pour le pouvoir dans toute organisation, dans un parti libéral radical, elle ne devrait pas donner lieu à une lutte acharnée, fratricide, etc...
Pas de postes à court ou moyen terme. Des postes à long voir très long terme, modestes de toute façon (décentralisation, déconcentration des pouvoirs, etc...)
Écrit par : Le Champ Libre | vendredi, 05 décembre 2008
La plupart des organisations ont pour objet de mener des actions en vue d'objectifs qui lui sont propres. Qu'il s'agisse de distribuer de la soupe aux plus défavorisés ou à défendre ses idées dans l'arène politique, il faut une stratégie, mise en oeuvre par un bureau et un président, une représentation des membres pour servir de contrepouvoir.
A partir de ces rouages évidents, les questions de divergences stratégiques et d'egos rentrent naturellement en jeu. Les conflits sont donc inévitables pour prendre les commandes d'une association.
Maintenant, la démocratie, avec toutes les limites que nous lui connaissons, doit fonctionner, personne ne le nie.
Écrit par : Aurelien | vendredi, 05 décembre 2008
Trouvé sur un blog ami du PLD apparemment et instructif :
http://person.alternative-liberale.fr/2008/12/07/11101-Liberaux_unissons-nous
"Damien Peiffer, Paul Nafilyan , Mathieu Morateur, Xavier Châtelier.Ce sont tous des cadres à haut potentiel du libéralisme français, de futurs députés et ministres d'une France en gestation réconciliée avec la liberté et la responsabilité individuelle !
Par sensibilité et par affinités idéologiques, la plupart d'entre eux ont rejoint Aurélien Véron et participé à la création du PLD"
Écrit par : Le Champ Libre | lundi, 08 décembre 2008
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