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mardi, 04 novembre 2008

Encore 30 ans à tenir !

Et voilà, plus j'avance dans la vie, plus l'âge annoncé du départ en retraite recule. En adoptant un amendement permettant de travailler jusqu'à 70 ans, le Parlement me laisse un peu plus de 30 ans de boulot devant moi. A croire que je prendrai jamais ma retraite. Bon, j'avoue que ce n'est pas une préoccupation majeure. En revanche, cela signifie aussi que je ne pourrai toujours pas aller au-delà de cet âge plafond si je me sens en forme ce jour-là (je compte sur le soutien actif de la recherche dans le secteur de la santé). Bien entendu, cette barrière aura sauté d'ici-là. La question se pose donc surtout pour les baby-boomers qui souhaiteraient garder leur emploi, soit pour des raisons financières, soit parce que leur travail leur plait.

 

Il est étonnant d'entendre le PS hurler au loup alors que Bertrand Delanoë avait lui-même affirmé qu'il fallait avoir des positions courageuses sur la question des retraites. Pensons au Professeur Luc Montagné qui a quitté la direction d'un département de recherche de l'Institut Pasteur à 65 ans, pour prendre la direction d'un centre de recherche au Queens College de l'Université de New York pays qui n'impose aucune contrainte d'âge. Tout le monde n'a pas envie de travailler aussi longtemps, mais cela ne justifie pas qu'on l'interdise aux autres. Indéniablement, le sens de l'histoire récente renforce la nécessité d'allonger la durée d'activité. Que ce soit sous une forme obligatoire dans un cadre rigide, ou de manière consentie après une réforme rendant ce type de choix aux individus.

 

Nous savons que les engagements pris pour les retraites sont intenables. L'équation repose sur 3 paramètres : les cotisations, la durée de cotisation et la rente estimée. Les cotisations vont devoir augmenter, baissant d'autant le pouvoir d'achat des actifs. La durée de cotisation va devoir augmenter, reportant d'autant l'âge de la retraite. La rente finale va devoir diminuer, sombre perspective pour tous ceux qui font une confiance aveugle aux partenaires sociaux, tellement plus fiables que les marchés. Que propose la gauche ? Rien (si : prendre l'argent aux riches qui n'ont pas encore perdu leur chemise ou fui).

 

Certes, la droite manque d'ambition. Depuis 2003, François Fillon a rallongé la durée de cotisation et augmenté (sournoisement) les cotisations sociales. Mais personne n'a proposé de basculer sur une part de capitalisation en échange d'une réduction des engagements retraite par répartition. Il serait temps de lancer le débat autour de l'instauration de "fonds de retraite" librement choisis par les assurés eux-mêmes en lieu et place des cotisations (et des droits) pour la retraite par répartition. Quitte à ce que l'Etat verse une soulte pour amortir la perte des cotisations passées. C'est peut-être le moment d'ouvrir publiquement ce débat et de voir qui a confiance dans la répartition actuelle.

17:58 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : esperance de vie, retraite | | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires


Il est même étonnant qu'il faille légiférer en la matière. Ce sont peu ou prou les mêmes qui ont légiféré pour interdire qui éprouvent aujourd'hui le besoin de légiférer pour autoriser. Après les plans FNE encourageant les départs anticipés à la retraite il y a quelques années, voilà que la classe politique de France défait ce qu'elle a jugé bon de faire auparavant. Elle vous dira que, par pragmatisme (puisque la défense d'un système cohérent de valeurs/principes est rangé à de l'idéologie), il faut s'adapter à la nouvelle situation pour justifier toute la perversité de ses revirements. D'autres exemples : la PAC, puis pas la PAC ; les emplois aidés, puis pas aidés, puis à nouveau aidés ; la police de proximité, puis non, puis de quartier, etc. Liste non exhaustive tant l'imagination délétère de nos politiques en mal d'utilité est débordante...

Écrit par : Archilibéral | mardi, 04 novembre 2008


Mais non, mais non, le problème des retraites est un faux problèmes : si l'on décide de plafonner le richesses, si la population s'organise pour imposer qu'il n'y ait pas, par exemple, une fourchette supérieure entre 1 à 10 entre le plus bas revenu et le plus revenu, je peux vous assurer qu'on aura les moyens de travailler beaucoup moins longtemps. Le tout est d'avoir le courage de mettre en place ce régime de liberté socialiste. De gré (la méthode douce) ou de force (la méthode dure, celle des libéraux, de Reagan, de Friedman-Pinochet). Peu importeront les moyens, seul le résultat compte !

Écrit par : El Zorro | mercredi, 05 novembre 2008


El Zorro, pour quelques centaines d'euros, vous pouvez vous offrir un aller simple pour le paradis, Pyongyang.
N'hésitez pas à vous faire plaisir !

Écrit par : Aurel | mercredi, 05 novembre 2008


Aurel, je pense qu'El Zorro faisait une blague afin de se moquer de ceux qui proposent de telles absurdités et de leur inculture économique…

Écrit par : Mateo | mercredi, 05 novembre 2008


Il faut vraiment être niais pour croire à la "liberté socialiste", alors que le socialisme n'est que pente savonneuse vers la servitude. Continuez comme ça, "El Zéro" !

Écrit par : Archilibéral | mercredi, 05 novembre 2008

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