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mercredi, 29 octobre 2008

Et la dette publique ?

Tout le monde sait ce qu'est la dette publique. Tout au long de l'année, les trésors publics déroulent leur programme d'emprunts pour financer leur déficit courant et pour renouveler leurs emprunts passés arrivant à échéance. Chaque année, ces programmes sont connus des marchés. En 2009, les pays de la zone euro vont devoir faire appel au marché pour un volume supérieur de 30 % à celui de 2008. Il n'est pas sûr que le marché réagisse favorablement à cette hausse. La défiance n'épargne aucun acteur, fut-il souverain. En tout cas, il est probable que les taux se renchérissent, pesant davantage sur les comptes publics et, par répercussion, sur les programmes d'investissement des entreprises.

 

Petite nouvelle passée inaperçue dans ce contexte, l'Autriche vient d'annuler une émission obligataire pour financer sa dette publique. La Belgique et l'Italie ont aussi dû renoncer, ces dernières semaines, à des émissions similaires pourtant programmées depuis longtemps. Or, ces pays surendettés ne pourront reporter indéfiniment leurs emprunts. Ils vont devoir revenir à la dure réalité des marchés si faciles à...

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lundi, 27 octobre 2008

Duel à fleuret moucheté en Europe

Un conseiller de l'Elysée a pourtant évoqué l'éventualité d'un "sabotage" des dirigeants tchèques...
Les conseillers disent ce qu'ils veulent.

Et si M. Sarkozy l'avait dit lui-même ?
Absurde. Si le président utilisait ce mot, je considérerais que c'est une offense. Et si nous étions au temps de nos grands-parents, nous devrions nous rencontrer à 5 heures du matin dans le bois de Boulogne, avec deux témoins en noir.

 

Ainsi s'exprime le Ministre des Affaires Etrangères de la République Tchèque, Karel Schwartzenberg, dans le Monde de ce soir. Après la proposition des conseillers de l'Elysée de confier à Nicolas Sarkozy la présidence de l'Eurogroupe jusqu'en 2010, nous assistons à une mini-crise européenne. Angela Merkel, fragilisée par son gouvernement de cohabitation, n'a pas apprécié ce nouveau coup de canif dans le pacte...

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vendredi, 24 octobre 2008

Plan d'aide aux banques

Personne ne sait trop en quoi consiste le plan d'aide de 360 milliards d'euros. Si la majorité annonce qu'il ne coûtera rien au contribuable, qui paiera donc ? Et pour quelle structure ?

  1. La Société de Prise de Participations de l'Etat (SPPE) se chargera de renforcer les fonds propres des banques (je manque d'informations sur son capital, exclusivement détenu par l'Etat, et son financement : l'Etat ou le marché avec la garantie d'Etat ?). Elle dispose de 40 Md€ (2.1 % du PIB) pour réaliser des injections directes sous la forme d'émissions de titres hybrides ou d’actions de préférence d’organismes financiers (banques ou assurances) qui le souhaitent. Mais comme il l'a décidé récemment pour six d'entre eux pour 10.5 Md€, l’Etat peut aussi intervenir au capital pour stabiliser préventivement la situation d’un établissement financier. A terme, ces participations pourront être cédées au marché, avec un gain important en cas de retour à une situation normale.
  2. La Société Française de Refinancement...

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mercredi, 22 octobre 2008

Nicolas Sarkozy parle comme un véritable socialiste européen

Nicolas Sarkozy s’enfonce dans une voie dangereuse avec sa lubie (ou celle d'Henri Guaino) d'un Bretton Woods II : contrôle partiel des changes, création d’un fond souverain européen (avec quelle ressource ?), fermeture partielle des frontières, « refondation du capitalisme », etc. Le ministre allemande de l’économie n'a pas tardé à dénoncer cette remise en cause d’années de construction européenne en balayant le droit de la concurrence et l’indépendance de la banque centrale. Le retour de l'Etat et la fermeture des frontières, très peu pour lui. Les Allemands ne goûtent pas à cette forme de populisme dont ils ont connu les effets désastreux dans les années 30 : « l’Allemagne restera ouverte aux capitaux du monde entier ». Vaclav Klaus, le président de la République Tchèque, a également déclaré que ce type d’action mènerait à la fin du capitalisme et au retour du bon vieux socialisme. Comme de nombreux économistes et de nombreux politiques plus courageux, il ose rappeler que la crise vient d’un excès de mauvaises régulations plutôt que d’une dérégulation, de mauvaises dépenses publiques et de mauvaises interventions gouvernementales.

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mardi, 21 octobre 2008

Nicolas Sarkozy apprend le métier de la banque

Nicolas Sarkozy ne comprend pas grand chose à l'économie, qui peut lui en vouloir ? Ce n'est sa formation d'avocat ni sa carrière d'homme politique qui l'ont aidé dans ce sens. Aujourd'hui, sur les conseils des fonctionnaires malins de Bercy, il vient de réaliser un beau coup en taxant subtilement (mais lourdement) 6 banques françaises. et au passage, bingo ! Le gouvernement pourra intervenir à nouveau dans la stratégie des banques françaises. Bref, le coup est une combinaison vicieuse : rentable pour le contribuable, mauvais pour l'actionnaire, pire encore pour notre économie.

 

Il faut dire que le refus des banques de se laisser reprendre en main par le gouvernement était fort humiliant pour Sarkozy, ce maniaque de l'intervention ! Il lui a donc fallu leur imposer de se faire "aider" au prix fort. Le prix est en effet élevé pour ces banques prises au piège.

 

Démonstration : l'Etat se finance en émettant des obligations que les fonds de pension (honnis), les hedge funds (honnis), les fonds souverains (honnis), les...

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lundi, 20 octobre 2008

Gordon Brown, la politique du Old Labour promet des jours sombres au Royaume Uni

Malgré une forte hausse des dépenses publiques, la politique favorable au marché et à la concurrence de Tony Blair a donné ses lettres de noblesse au "New Labour", cette gauche moderne et (un peu) libérale. Depuis l'arrivée de Gordon Brown, le Royaume Uni vit un grand bond arrière. Fiscalité en hausse, dépenses publiques en plus forte hausse encore et, avec la crise, une approche punitive à l'égard du monde bancaire qui a pourtant assuré le succès économique du Royaume Uni depuis presque 30 ans. Le flux de grandes fortunes qui s'expatriaient en Suisse (ou plus loin) avait déjà grossi avant la crise pour des raisons fiscales. Les dernières interventions de Gordon Brown ont achevé de convaincre les derniers sceptiques que leur avenir se trouvait peut-être ailleurs qu'au Royaume Uni.

 

Pourtant, Gordon Brown semblait menacer de sauter sous la pression de son propre parti. Mais son plan de sauvetage du monde financier, quoi qu'on en pense, l'a assuré d'un beau succès international (aux dépens de Nicolas Sarkozy, furieux de s'être fait voler la vedette) qui pourrait...

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dimanche, 19 octobre 2008

La crise de confiance menace aussi les Etats

L’inquiétude générale ne facilite pas l’analyse de la crise actuelle dans toute sa complexité. Qu’on y voie l’échec du libéralisme ou celui des interventions publiques, le constat est clair : nos économies, nos gouvernements et le monde de la finance sont indissociables. Face à la coordination des grands pays, les marchés doutent désormais ; la crise de confiance pourrait s’étendre aux Etats. Pour faire face à ce danger, nous devons envisager avec pragmatisme les réformes nécessaires, en gardant à l’esprit la distinction essentielle entre la gestion de l’urgence et l’après crise.

 

Faussés par l’effet cumulatif d’un ensemble de facteurs, les marchés ont failli. La gestion du risque par les banquiers n’y est pas pour rien. Mais le laxisme de la Fed est autant en cause. Il a alimenté la bulle immobilière et la course au surendettement des ménages. Les crédits subprimes se sont développés avec l’obligation faite aux banques par Bill Clinton, en 1995, de prêter aux ménages défavorisés. Les agences parapubliques américaines Fannie Mae et Freddy Mac ont accéléré ce processus en reprenant plus de la moitié des...

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vendredi, 17 octobre 2008

Le sport bientôt interdit ?

La Marseillaise a été sifflée lors du match amical France-Tunisie. Le gouvernement s'est alors empressé de commenter ce triste incident, versant allègrement de l'huile sur le feu. Il faut dire qu'il a trouvé là un moyen d'exister après plusieurs semaines d'absence médiatique (Hank Paulson et Gordon Brown nous sont devenus presque plus familiers que Rachida Dati ou Roselyne... Roselyne comment déjà ?), et de surfer sur un sentiment efficace : la fibre patriotique que nous avons tous en nous. Tous les Français ont jugé ces sifflets "insultants", à commencer par moi; mais aussi par ceux qui ont sifflé (sinon, pourquoi le faire ?). Même si ce mépris affiché pour les valeurs de notre pays révèle un malaise inquiétant de la part d'une jeunesse qui se sent exclue, il est normal d'entendre des réactions de membres du gouvernement présents. En revanche, voir ministres et responsables du foot convoqués à l'Elysée (histoire que Sarkozy sait gérer l'accélération des réformes, la présidence de l'Europe, le sauvetage du monde, la préparation d'un Bretton Woods II... ET les sifflements dans un stade !), c'est aussi inquiétant .

 

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mardi, 14 octobre 2008

Les Etats spéculent sur un délit d'initiés

Ce week-end a donné lieu à un plan qui restera dans les annales de l'histoire. Il devrait enfin relancer les battements cardiaques des marchés financiers; lentement mais sûrement. A partir de là, personne ne peut prétendre savoir quand reviendra la confiance, ni comment l'économie mondiale encaissera cette crise dont nous avons, je l'espère, passé le plus dur. Les règles du jeu ont changé, le paysage bancaire a changé et le prix de l'argent sera bientôt plus élevé, ou en tout cas moins surabondant qu'il ne l'a été. Bref, nous entrons dans une nouvelle ère. A court terme, les opportunités sont nombreuses, surtout pour ceux qui fixent et modifient les règles du jeu. Sans rien retirer au rôle essentiel que les banques centrales, les mauvaises règlementations et les mauvaises interventions publiques ont joué dans la crise actuelle, nous devons nous féliciter de l'action concertée des banques centrales et des gouvernements pour en sortir. Mais ne nous leurrons pas, ce retour en force de l'Etat annonce des mesures vengeresses.

 

Le plus prolixe des gouvernants actuels a parlé : "Il faut punir les...

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lundi, 13 octobre 2008

Pour les progressistes, les instruments de l'Etat-providence du XXe siècle s'avèrent inadaptés dans le monde du XXIe

Ce n’est pas un institut libéral mais Terra-Nova, un think-tank socialiste (tendance social-démocrate; reprend le mot clef "progressisme" dans toutes ses phrases), qui l’énonce das une tribune du Monde : « le cercle vertueux s'est transformé en cercle vicieux - la faiblesse de la croissance asphyxie l'Etat-providence, la redistribution handicape la compétitivité économique et affaiblit la croissance. » Michel Rocard, Olivier Ferrand et Eric Maurin espèrent que l’accident de l’histoire que nous traversons bougera les lignes idéologiques à gauche. Nous l’espérons tous. Les autres points de la tribune sont plus contestables.

 

Comme eux, je pense que le modèle américain risque de tendre vers un modèle social plus progressiste collectiviste, surtout si Obama gagne. Son Développer

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