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mercredi, 22 octobre 2008
Nicolas Sarkozy parle comme un véritable socialiste européen
Nicolas Sarkozy s’enfonce dans une voie dangereuse avec sa lubie (ou celle d'Henri Guaino) d'un Bretton Woods II : contrôle partiel des changes, création d’un fond souverain européen (avec quelle ressource ?), fermeture partielle des frontières, « refondation du capitalisme », etc. Le ministre allemande de l’économie n'a pas tardé à dénoncer cette remise en cause d’années de construction européenne en balayant le droit de la concurrence et l’indépendance de la banque centrale. Le retour de l'Etat et la fermeture des frontières, très peu pour lui. Les Allemands ne goûtent pas à cette forme de populisme dont ils ont connu les effets désastreux dans les années 30 : « l’Allemagne restera ouverte aux capitaux du monde entier ». Vaclav Klaus, le président de la République Tchèque, a également déclaré que ce type d’action mènerait à la fin du capitalisme et au retour du bon vieux socialisme. Comme de nombreux économistes et de nombreux politiques plus courageux, il ose rappeler que la crise vient d’un excès de mauvaises régulations plutôt que d’une dérégulation, de mauvaises dépenses publiques et de mauvaises interventions gouvernementales.
Devant le silence des Réformateurs de l’UMP, que le Figaro appelle les « libéraux sarkozystes », Alain Madelin a sonné la charge. Après une belle tribune parue dans les Echos vendredi dernier et que nous publions avec son accord sur le site du Parti Libéral Démocrate, il avance lors du “Talk Orange Le Figaro” du 22 octobre, qu’il serait plus utile de « refonder l’Etat » que de « refonder le capitalisme ». C’est clair.
Le courant « libéral villepiniste » (il faudra qu’on m’explique ce qu’est le « villepinisme »), incarné par Hervé Mariton, ose aussi parler plus franchement. Après une réunion tenue lundi soir à l’Assemblée Nationale et au cours de laquelle nous sommes plusieurs à avoir rappelé les fondamentaux de cette crise, Hervé Mariton affirme que « le sujet n’est pas la refondation du capitalisme, mais comment remplacer une mauvaise régulation, largement responsable de la crise, par une régulation efficace. » Il ajoute que « si on se laisse aller comme le PS à crier haro sur la capitalisme aujourd’hui, on a toutes les chances de perdre la prochaine présidentielle parce qu’en 2012, les électeurs préfèreront voter Besancenot plutôt qu’une de ses imitations. » La charge est rude : Sarko se transformerait en une imitation de Besancenot ?
Ce n’est pas faux. Le président du groupe socialiste au Parlement européen, Martin Schulz, a félicité mardi Nicolas Sarkozy pour son action face à la crise financière : « Nicolas Sarkozy parle comme un véritable socialiste européen ». Confirmation dans un sondage Opinion Way LCI-TF1 : +12 % d’opinions favorables chez les communistes, +7 % chez les verts. Le pauvre DSK, sans doute plus libéral (et libertin) que Nicolas Sarkozy, n'est pas en état d'apporter sa contribution pour contrer sa dérive dirigiste.
11:20 Publié dans Dans le monde, Economie, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : nicolas sarkozy, bretton woods, populisme, retour de l'etat, regulations, deregulation |
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Commentaires
Pourquoi Alain Madelin ne veut-il pas adhérer au PLD? Il est honni à l'UMP de tout façon…
Écrit par : Mateo | mercredi, 22 octobre 2008
Ca y est, Bayrou a viré sa cutie : "Nicolas Sarkozy a choisi le capitalisme. Il le répéte chaque jour. Aujourd'hui, il veut un capitalisme différent. Moi mon modèle c'est l'humanisme".
Il rajoute une couche : "le capitalisme ça favorise le capital, l'humanisme ça favorise l'être humain, le socialisme ça favorise le traitement par l'Etat d'un certain nombre de choses".
Il donne beaucoup d'importance aux Etats-Unis : "Le modéle américain est gravement lézardé", a-t-il affirmé. "A telle enseigne que, selon moi, c'est toute l'évolution de l'Occcident qui va être remise en cause", a-t-il poursuivi.
Bayrou s'avouerait-il anti-capitaliste ? Tous à vos tracteurs !
Écrit par : Gato | mercredi, 22 octobre 2008
Bayrou plus nul que Sarkozy. Et c'est pourtant pas facile. Sans parler de Royal..
C'est ça aussi qui est déprimant, c'est que même avec toutes les conneries de Sarkozy, je ne peux même pas me dire j'aurais du voter pour X ou Y à l'election présidentielle...
Écrit par : Daniel T | vendredi, 24 octobre 2008
La vague de populisme est vraiment déprimante, sinon inquiétante. Le marché a failli sous l'effet de mauvaises incitations. Mais la gouvernance de l'Etat est-elle tellement meilleure ? Et surtout, en a-t-il les moyens ?
Écrit par : Laure | vendredi, 24 octobre 2008
Eric Burel, redac chef d'Ouest France, peu suspect d'allégeance au PLD, pose la bonne question:
"Ce volontarisme économique indubitable a de rudes obstacles à franchir. Le premier est évidemment financier, car le gouvernement va alourdir des déficits déjà monstrueux, ingérables. Les sommes gagées ou engagées par l'État donnent le tournis. La complexité des mécanismes d'emprunts et de garanties utilisés pour éviter de plomber le budget laisse dubitatif. Le recours sans fin et sans fonds aux ressources de la Caisse des dépôts- que l'on n'imaginait pas si riche-rend perplexe. La Caisse renfloue tout le monde, mais qui la renfloue, le cas échéant ? En fait, la politique du gouvernement est bâtie sur le pari, risqué, d'un retour assez rapide à la normale, c'est-à-dire à la croissance. Si, d'aventure, ça tournait très mal et que, par exemple, les banques défaillaient, le contribuable se retrouverait, inévitablement, en première ligne."
malheureusement, le reste de son édito (OF de ce jour) nous ressort quelques réflexes étatistes, mais au moins la presse mainstream commence-t-elle à se demander si l'appel à l'état n'est pas un remède pire que le mal.
Écrit par : vincent | vendredi, 24 octobre 2008
pourquoi les socialistes s'obstinnent a faire le congres de Reims puisqu ils ont un des leurs a l'elysees.
Écrit par : farid | samedi, 25 octobre 2008
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