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jeudi, 03 juillet 2008

La santé en mouvement

Alors qu'un débat crucial oppose Obama à McCain sur le futur système d'assurance santé américain (s'il doit se mettre en place un jour), l'Europe prépare une directive pour ouvrir la porte au marché des soins (pas des assurances) en Europe et le Royaume Uni réflechit à une évolution de son système de santé. Tous ces débats sont extrêmement sensibles, ils recouvrent des sommes considérables (1.000 milliards d'euros par an en Europe) et concernent notre quotidien à tous, particulièrement dans les moments les plus difficiles de la vie (ou de la fin de vie). Il est donc heureux que les lignes bougent, même si ce mouvement est bien trop lent à notre goût. Il est intéressant de voir se dégager deux grandes priorités universelles :

  • la mise en concurrence des producteurs de soin et des assureurs (le débat ne devrait pas tarder à s'ouvrir en France)
  • l'universalisation de la couverture : obligation de s'assurer pour tous et aide financière pour offrir une couverture santé les plus démunis

Les libéraux peuvent avoir une influence capitale sur le premier point en poussant à la fin des corporations et des monopoles et à l'ouverture des frontières. Aller se faire poser des couronnes en Roumanie ou traiter une leucémie en Thaïlande ne doit plus être tabou. Je ne vois pas pourquoi la sécu ne pourrait pas rembourser ces soins à l'étranger, surtout s'ils sont moins chers qu'en France et que les patients ont choisi ces destinations. L'offre de soins est un vrai marché mondialisé dans lequel le benchmarking joue un rôle important.

Mais nous devons (et pouvons) aller plus loin. Un jour comme cela se fait aux Pays-Bas ou en Suisse, le libre choix d'une mutuelle ou d'une assurance santé au premier euro dans le cadre de la sécurité sociale ne doit plus être bloqué. Certains veulent faire sauter toute obligation d'assurance. Je les comprends bien, mais à trop vouloir négliger la seconde priorité citée plus haut, ils risquent de perdre tout crédit dans ce débat délicat. Une vraie réflexion stratégique s'impose ici, et je crois qu'il faut de la prudence dans le discours, comme l'exemple outre-manche nous le montre bien.

Le Royaume Uni va bientôt fêter les 60 ans du National Health Service, sa sécurité sociale d'Etat. Ce sujet est sensible dans l'imaginaire public. Contrairement à l'opinion que les Français s'en font (encore un cliché habilement diffusé), 59 % des Anglais le jugent le meilleur au monde selon un sondage européen FT Harris : "the envy of the world" ! Et ne rigolez pas, les Français sont 70 % à juger le leur le meilleur au monde. Les Anglais sont surtout 90 % à considérer que la santé doit être financée par l'impôt, et gratuite pour le client final de soins lourds. Si ces pragmatiques purs sont aussi attachés à ces principes forts, ce n'est pas seulement parce que le NHS fait partie de la trinité des institutions sacrées du pays avec la famille royale et la BBC. Comme l'éducation, la couverture santé est considérée aujourd'hui comme un service qui doit être accessible à tous dans le monde occidental.

La solution de la libre assurance, dans un cadre réglementé, est une possibilité. Par exemple, Amaritz propoase une couverture équivalente à celle de la sécu pour 1.500 à 4.500 euros par an par personne selon l'âge (un SMIcard cotise 3.000 euros par an à lui seul). Il nous faut auyssi étudier le concept de chèque santé financé par l'impôt, à l'image du chèque éducation pour le primaire et le secondaire. Cela signifie que c'est à l'impôt (flat tax du type CSG-CRDS) de se substituer aux charges sociales (le coût de la sécu pèse 25 % du salaire net reçu par les salariés). Cela permet aussi d'introduire (enfin !) une vraie liberté de choix entre mutuelles et assurances.

Je crois que les libéraux ont une formidable opportunité de proposer une remodelage de notre sécurité sociale déclinante, à condition d'avoir un discours audible dans l'environnement actuel. Pour cela, gardons bien en tête les deux points essentiels qui sont absolument prioritaires dans l'esprit des gens lorsque nous communiquons sur le sujet.

Commentaires



>Je constate avec plaisir que le réalisme et le pragmatisme l'emporte sur le dogmatisme, n'en déplaise aux plus puristes d'entre nous.

De quoi réjouir les libéraux-sociaux comme moi :)

Et oui, impossible de "vendre" la libéralisation du système de remboursements de soins sans le côté "social" du chèque-santé. Les gens (90% en UK apparemment) sont attachés à la garantie par l'État de l'accès aux soins. On peut le déplorer mais c'est un fait dont il faut absolument tenir compte si l'on veut que notre discours passe.

Le même discours est valable pour le logement (chèque logement plutôt que logements "sociaux") mais également pour l'Éducation (chèque Éducation plutôt qu'établissements scolaires publics).

Ecrit par : Mateo | jeudi, 03 juillet 2008



>Voilà enfin un combat crucial pour les libéraux et une idée intéressante à étudier et discuter (le chèque-santé). Sur ce dernier point, y a-t-il déjà eu des travaux? Est-ce en vigueur quelque part dans le monde?

Ecrit par : Robert Marchenoir | jeudi, 03 juillet 2008



>C'est l'un des enjeux du débat de la présidentielle US, où la confusion règne au plus haut point entre Medicaid, Medicare et les plans de couverture santé entreprise qui rendent les salariés dpendants de leur employeur :

Deux articles récents du FT entrent dans le détail : "State trials offer blueprints for US reform" et "US candidates’ health plans diverge"


Projet de McCain : "In place of tax breaks for employers for providing cover, individuals and families would receive tax credits with which to buy their own insurance."
Under Mr McCain’s, Joseph Antos of the American Enterprise Institute says, while it is expected that employers would still contribute, “the shift would be toward individually purchased coverage, more competition and a wider array of choice in the employer market”. What is missing from Mr McCain’s plan, he says, is detail about how people would gain access to insurance pools that do not penalise them for their state of health. (autrement dit, la sélection du risque des assurés à l'entrée).

Projet Obama : "Instead it would require employers to offer cover or contribute towards a public plan. At national level there would be a plan that small businesses and individuals could join, and a national insurance exchange or “connector” for access to private plans that passed tests of quality and did not rate people by their health status."
Under Mr Obama’s plan, Joseph Antos of the American Enterprise Institute says, “the health sector would gradually shift from private to public insurance”.


Si Obama propose une sécu semi-publique, McCain n'est pas loin du chèque santé par le biais fiscal ouvert à tous. En tout cas, c'est un débat à suivre.

Ecrit par : Aurel | jeudi, 03 juillet 2008



>Amusant, la presse étrangère annonce que la directive européenne veut favoriser le "tourisme de la santé", malgré une possibilité de "frein" des sécus domestiques en cas de trop gros dérapage.

La presse nationale semble retenir le contraire.

Mais la commission européenne affiche vraiment sa volonté de faire jouer la concurrence entre l'offre de soin des pays européens pour plafonner le coût de la santé, et mettre la pression sur la qualité des soins proposés.

Ecrit par : Bob | jeudi, 03 juillet 2008



>Au sujet du chèque-logement, et plus généralement de toute tentative d'assistanat social, voici deux articles qui montrent comment ce sont les criminels qui créent la criminalité, et non la société.

Comme les Français, les Américains se sont imaginés qu'en rasant les quartiers pauvres infestés par la criminalité, et en subventionnant leurs habitants pour se loger au milieu des "riches" (en français: les Blancs ou la classe moyenne), on diminuerait la criminalité.

C'est l'inverse qui s'est produit. Les criminels ont amené leurs habitudes avec eux, montre The Atlantic:

http://tiny.cc/7XxFK

Heather Mc Donald explique pourquoi dans le City Journal:

"The misguided theory behind the Section 8 program is what might be called morals by osmosis: if you put an underclass family in a working-class neighborhood, the thinking goes, its members will absorb the character traits that have allowed the working class to escape multigenerational poverty and to move into better surroundings."

"It turns out, however, that the goal of moving up the housing ladder—and the necessity of doing so through one’s own efforts—have a strong effect on character. Accumulating the capital to buy or rent property in a wealthier neighborhood requires a worker to defer gratification and act responsibly."

"Section 8 housing vouchers short-circuit that character development with a welfare windfall. The program is thus bound to fail all too often in its mission of remoralizing the underclass poor."

http://tiny.cc/hjmz0

Et Heather Mc Donald conclut:

"Let Hollywood liberals, or even Beltway conservatives with a fondness for Big Ideas, receive the welfare poor in their communities. Then let’s see who supports the idea."

En français: que les bobos, qu'ils soient de gauche ou libéraux, commencent par accepter les Noirs et les Arabes de Clichy-sous-Bois à côté de chez eux, à Neuilly, Saint-Germain des Prés ou Boulogne-Billancourt (domicile de Ségolène Royal). On leur redemandera leur avis une fois que ce sera fait.

Ecrit par : Robert Marchenoir | jeudi, 03 juillet 2008



>plutot que de créer des ck santés, éducation, logements ... ne serait il pas plus simple de créer une monnaie sociale
plus de détails http://alguadeloupe.hautetfort.com/

Ecrit par : Marc | vendredi, 04 juillet 2008



>Cette monnaie "sociale" serait-elle en fait une monnaie de singe destinée à faire vivre une bureaucratie supplémentaire ? Pas étonnant que cette idée vienne d'AL, toujours à la pointe de l'innovation absurde ;o)

Ecrit par : Jil | vendredi, 04 juillet 2008



>Réaction de débile, a l'esprit étroit incapable de réflechir

Ecrit par : Tropic AL | vendredi, 04 juillet 2008



>@Marc, il ne faut pas en vouloir à Jil. C'est vrai qu'en lisant ta proposition, le projet est étrange. Une monnaie publique parallèle empruntant un parcours spécifique : selon quels critères, définis par qui, contrôlés par qui ? Quelles sanctions ? Quel est le but de cette masse monétaire isolée ? Etc. L'ensemble est confus et franchement bizarre, ça ressemble un peu à une usine à gaz.

Ecrit par : Bob | vendredi, 04 juillet 2008



>Il ne s agit pas de créer une autre monnaie avec des pièces et des billets, c'est une monnaie presque virtuelle, ayant la meme valeur que l euro, et dont l usage serait réservé aux paiements des assurances sociales.
Ex un salarié recevrait de son entreprise un salaire net de 1500 euros + un cheque social de 1000 euros (les montants indiqués sont fictifs) qu il pourrait verser uniquement sur son compte social, il dispose lui meme d un chéquier social lui permettant de régler diverses prestations sociales de son choix.
C'est relativement simple, cela ne crée aucune bureaucratie, et donne a chaque citoyen le choix de faire ce qu il veut

Ecrit par : Tropic AL | samedi, 05 juillet 2008



>Je comprends l'idée évoquée ici ainsi :

la monnaie sociale, émise par un employeur, ou l'état, est en fait uniquement une monnaie ayant une contre-valeur en euros, sonnants et trébuchants

Elle revient à contingenter au préalable des dépenses à des postes préalablement définis, puisqu'elle n'est utilisable que pour régler ces types de dépense.

C'est en quelque sorte le principe du chèque éducation (qui n'est qu'une contre-marque, permettant à l'établissement destinataire d'obtenir son financement public), étendu à d'autres dépenses.

Autant cela peut constituer un mode de distribution intéressant du financement public aux particuliers, autant envisager que les entreprises puissent émettre une monnaie sociale me semble plus problématique, et générateur de flux bureaucratiques, si l'on songe à la question de la convertibilité. Un hôpital ne paie pas ses fournisseurs en monnaie sociale, mais en monnaie réelle. Admettons qu'il reçoive cette monnaie de contre-marque d'une façon ou d'une autre. Il va devoir la convertir en monnaie réelle, auprès d'un organisme de compensation forcément centralisé.
De même pour l'entreprise, soit elle émet elle-même cette monnaie, et en ce cas peut la compenser, soit elle obtient en échange de monnaie réelle cette monnaie sociale auprès d'un opérateur public.

Sans aller plus avant, ça sent l'usine à gaz, non ?

Ecrit par : Phil | dimanche, 06 juillet 2008



>je pense qu il y a un malentendu, il ne s agit pas d une nouvelle monnaie, la monnaie reste l euro, l entreprise paie simplement une partie du salaire avec un chéquier particulier, (et cet argent est prélevé sur les comptes ordinaires des entreprises) le salarié lui ne peut déposer cet argent que sur un compte social et n'utiliser ce compte que pour payer une assurance, par exemple, qui elle peut le déposer sur un compte ordinaire. Il n'y a aucun mécanisme de compensation a envisager
Il faut bien comprendre que l un des principales arguments de nos opposants a un systeme d 'assurance libre, est de dire : que faire avec ceux qui ne s'assureront pas, que faire de ceux qui n auront pas cotisé pour une retraite.

Ecrit par : Marc | dimanche, 06 juillet 2008



>Cela me semble revenir à encourager la démission individuelle face à la nécessité de faire soi-même les arbitrages relatifs à sa propre vie et à ses propres ressources, aussi maigres soient-elles. Cela revient à accepter l'idée d'une forme d'assistanat en créant un dispositif rustine visant à venir en aide (selon quels critères ?) à une partie des Français défaillants dans l'allocation de leurs dépenses, voire dans la gestion de leur(s) compte(s) bancaire(s). Cela revient à considérer les Français "vertueux" (tous ceux qui, en ces temps difficiles, se démènent pour ne pas ressentir l'indignité de peser sur la collectivité) comme des couillons qui ont tort de s'assumer dans tous les grands domaines de la vie. Je sais pertinemment que beaucoup de Français (je n'en suis plus très loin) ont d'énormes soucis pour joindre les 2 bouts malgré une gestion rigoureuse de leurs maigres deniers, mais doit-on passer pour autant par ce genre d'usine à gaz ? Ne serait-il pas plus simple de baisser drastiquement le niveau des prélèvements qui pèsent sur l'ensemble des Français et de réduire dans le même temps les dépenses de l'Etat en privatisant purement et simplement tout ce qui est non-régalien (et encore...) et marchand (autrement dit qui a un coût, donc un prix) : santé, éducation tout particulièrement. A moins de se revendiquer du Nouveau parti anticapitaliste de l'autre imposteur de La Poste, je veux parler du facteur factice...
Pour connaître le vrai coût de l'éducation et de la santé, RIEN ne remplacera l'évidence qui consiste à ce que les acteurs (écoles et hôpitaux) commencent par être totalement autonomes. Je suis prêt à parier que de substantielles économies pourraient être dégagées de cet auto-assainissement poussé par l'extérieur (=> et un bien meilleur service à un bien meilleur coût). En gros, maintenant, directeurs d'établissements scolaires et hospitaliers, démerdez-vous financièrement et facturez ce que vous estimez que ça vaut... le tout, évidemment, dans un environnement concurrentiel ouvert (libre et non faussé, comme dit la formule) qui éradique toutes les zones de chasse gardée.
Désolé de ces positions classiques, mais je suis un libéral classique ;-) Il ne me viendrait pas à l'idée de masquer l'essentiel par un pansement superficiel. Réinventer l'eau chaude, je laisse cela aux constructivistes (il y en aurait même chez les "libéraux")...

Ecrit par : Archilibéral | mercredi, 09 juillet 2008



>"Que faire avec ceux qui ne s'assureront pas, que faire de ceux qui n'auront pas cotisé pour une retraite?" (Marc)

A la base, en gros et pour ne pas se perdre dans les détails: rien.

Au-delà d'un certain âge, plus personne ne vous prend par la main pour aller faire pipi. Cet âge est assez précoce.

Nous sommes tellement intoxiqués par un demi-siècle d'Etat-providence et d'assistanat que l'interrogation ci-dessus peut être formulée sans paraître
ridicule. Tout le monde sait que la mort est au bout du chemin. Tout le monde sait que la vieillesse et la maladie sont inévitables.

Pendant des millénaires -- et c'est encore le cas d'une grande partie de la population mondiale -- la seule façon de s'assurer une retraite était de faire des enfants, et de prier pour qu'ils survivent.

Aujourd'hui, nous avons à notre disposition des systèmes d'assurance sophistiqués, et il faudrait encore prévoir un filet de sécurité pour ceux qui refuseraient de s'en servir?

Le libéralisme, c'est avant tout la responsabilité individuelle. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. On ne peut pas avoir la liberté revendiquée par les libéraux, plus le matelas de sécurité vanté par les socialistes.

There is no free lunch. La liberté ne fonctionne que s'il y a responsabilité, et la responsabilité ne fonctionne que si chacun supporte les conséquences de son inaction ou de ses fautes.

Le libéralisme, ce n'est pas le communisme moins le goulag, plus le mariage homosexuel et le shit en vente libre.

Ecrit par : Robert Marchenoir | mercredi, 09 juillet 2008



>>Voilà enfin un combat crucial pour les libéraux et une idée intéressante à étudier et discuter (le chèque-santé). Sur ce dernier point, y a-t-il déjà eu des travaux? Est-ce en vigueur quelque part dans le monde? R Marchenoir

A moins que ce soit de l 'ironie ce commentaire est en contradiction avec votre commentaire précédent, car reconnaitre un intéret au chèque santé s'est accepter une monnaie a usage restrictif

Sinon bon courage pour vendre aux Francais un systeme d'assurance basé sur le libre choix de chacun
Pour ma part je préfère accepter certaines restrictions a l usage de mon salaire, pour choisir mon assurance santé ou mon type de retraite, plutot que de cotiser dans un vaste conglomérat socialiste

Ecrit par : Tropic AL | mercredi, 09 juillet 2008



>"Le libéralisme, c'est avant tout la responsabilité individuelle" (RM)

Entièrement d'accord avec cette priorité libérale. Le mal français est, à mon avis, moins dû à un manque de liberté qu'à de sérieuses carences de responsabilité. Bien sûr, il reste des pans de liberté à conquérir (santé, éducation, entre autres), mais que dire de la responsabilité : plus aucun "responsable" ne démissionne après un scandale ou échec retentissant (voir le cas symbolique de Domenech). Chacun, à son niveau, se goinfre, prend le pognon qui reste et puis basta, Sarko n'étant pas le dernier avec son augmentation de rémunération dès sa prise de fonction alors que les caisses de l'Etat exigeaient de ne pas s'aligner sur le niveau de rémunération des autres chefs d'Etat. Tout chef d'entreprise sensé sait qu'il peut s'augmenter quand les bénéfices - et non les dettes - augmentent. Mais cela va bientôt se finir, mal, mais ça va se finir : la Ripoublique déliquescente est en marche... Ceux qui vivront l'après, la refondation, auront peut-être plus de chance, je dis bien peut-être, car quand on est biberonné à l'aide publique et cérébralement formaté à la propagande médiatico-politique pro-étatiste de type "Rance Télévision" ou abruti à la beaufitude ambiante de TF1, il semble illusoire de penser à un affranchissement individuel et collectif des affres qui nous rongent.

Ecrit par : Archilibéral | jeudi, 10 juillet 2008



>Tropic: non, ce n'était pas de l'ironie, et oui, c'est contradictoire... en apparence.

Je ne suis pas par principe contre tout système de chèque-quelque chose. Je réagissais à l'interrogation spécifique de Marc, qui me paraît marquée du sceau de l'assistanat.

Je dis simplement que si l'on veut promouvoir le libéralisme, il faut tracer une limite quelque part. On ne peut pas passer son temps à se demander ce que l'Etat doit faire pour telle catégorie de personnes, qui, peut-être, ne pourraient pas se débrouiller toutes seules. On ne peut pas passer au libéralisme sans sortir du régime du citoyen-bébé.

Ce que je voulais souligner, c'est aussi que le libéralisme a un coût. Ce n'est pas gratuit. On ne peut pas revenir à la prospérité, comme cela, sans effort, en appliquant une formule magique qui s'appellerait "libéralisme" et que les étatistes (ces gros cons) auraient omis de repérer dans le coffre-fort de l'Elysée où sont conservées toutes les recettes politiques.

Le libéralisme n'est pas une recette polytechnicienne de plus. C'est un état d'esprit qui doit être endossé par tous les citoyens. C'est pour cela que je faisais appel à la responsabilité individuelle.

Evidemment, dans mon esprit, il n'y a pas de hiérarchie entre la liberté individuelle et la responsabilité individuelle (ceci à l'intention d'Archilibéral). L'une est la contrepartie de l'autre, et l'une comme l'autre manquent cruellement dans ce pays.

Et c'est valable pout tout le monde. Pas seulement pour "les riches". Pour "les pauvres" aussi.

Une autre chose dont il va falloir se débarrasser avant d'arriver au libéralisme, c'est l'égalité. La passion française pour l'égalitarisme. Il faut bien dire une fois pour toutes que l'égalité est une mauvaise chose. Une valeur négative.

La seule égalité qui vaille, c'est l'égalité en droit (et non en droits). Il n'y a aucun droit au logement, à l'emploi, à la santé, à l'éducation. Il y a juste le droit de se bouger le cul.

Ecrit par : Robert Marchenoir | jeudi, 10 juillet 2008

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