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mercredi, 25 juin 2008

Tournée générale !

Le président de la République et le Gouvernement ont mis en place, depuis juillet 2007, une série de mesures pour initier et accompagner un mécanisme vertueux de relance du pouvoir d’achat.

Quelle chance de pouvoir profiter de cette générosité évidente, nous, simples citoyens qui poussons parfois l'ingratitude au point de la nier. Et pour convaincre les derniers sceptiques, le gouvernement n'hésite pas à débourser 3.3 millions d'euros en campagne publicitaire dans une perspective purement...pédagogique. Il faut dire qu'en 2007, pendant que notre pouvoir d'achat grimpait correctement, Nicolas Sarkozy n'a cessé de nous inquiéter sur ce thème et de nous promettre de nous le remonter dare-dare. Cette année, le pouvoir d'achat a vraiment plongé vers le zéro pointé avec la hausse des prix de l'essence et de l'alimentation, et les Français commencent à avoir des raisons de s'inquiéter.

Pourtant, le fond du discours de la majorité, comme celui de l'opposition, fait sourire (ou plutôt pleurer) par sa (fausse) naïveté. Certes, le programme est séduisant : Gagner plus - Dépenser moins - Payer moins d'impôts - Etre soutenu. Quatre fois oui. Dans le détail, on retrouve la trop fameuse technique du rebouchage de trous...en creusant d'autres trous. Cette activité serait sans risque sans ses effets secondaires douloureux, ce que le gouvernement refuse hélas de comprendre.

Exemple typique de fausse bonne idée, le dépôt de garantie locative réduit de 2 à 1 mois. Plus une réduction de l'index d'augmentation des loyers. Formidable pour les locataires. Mais une fois de plus, l'intrusion de l'Etat dans la sphère privée aura des conséquences négatives, en l'occurrence sur le marché du logement. Comment ne pas comprendre que les propriétaires exigeront deux fois plus de garanties, quand ils ne laisseront pas tous simplement vide(s) leur(s) bien(s) compte tenu du rapport rendement/risque. En protégeant arbitrairement les uns au détriment des autres, le gouvernement prend le gros risque de perturber biendavantage le marché locatif semi-libre déjà très tendu [correction suite à la très juste remarque de Mateo].

En face de cela, la réduction sensible des droits de succession et le bouclier fiscal vont dans le bon sens, même si nous étions en droit d'attendre un peu plus d'ambition, ainsi qu'une refonte des 486 niches fiscales dont la plupart méritent de disparaître. Bref, voilà un triste résumé de la politique gouvernementale : incohérente, fourmillant de mauvaises idées parmi lesquelles surnagent quelques bonnes mesures. Espérons que ces dernières suffiront à relancer la machine et à améliorer notre qualité de vie. Autant allumer un cierge pour le salut des Français, ou aller méditer sur le talent d'Alain Ducasse au Jules Vernes.

Commentaires



>Franchement, je ne crois pas qu'on puisse parler de marché locatif "libre". On ne peut être libre lorsque l'on peut être dépossédé de ses biens à tout moment sans possibilité de recours rapide et efficace…

Ecrit par : Mateo | mercredi, 25 juin 2008

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