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vendredi, 20 juin 2008
Pétrole, pompe à nationalisation ?
Cette année, les producteurs de pétrole vont recevoir plus de 3 Trillards de dollars. Oui, vous avez bien lu : 3.000.000.000.000 dollars en un an ! Or, 85 % de ces revenus vont directement dans la poche d'Etats qui possèdent les réserves d'or noir. Les concessions privées, elles, en sont réduites à partager les miettes avec le risque permanent de nationalisation brutale comme en Russie ou au Venezuela. Cette manne constitue une redistribution de richesses des consommateurs vers ces Etats, permettant à ces derniers de se constituer des réserves financières bien plus importantes que les réserves de change de pays exportateurs comme la Chine (je ne parle pas de la bonne blague consistant à tranformer notre bonne vieille Caisse des Dépôts en fond souverain).
Les Fonds Souverains ont surtout pris de l'ampleur depuis 2000 avec la hausse des cours du pétrole. Aujourd'hui, on estime leur richesse entre 3 et 3.5 Trillions de dollars (difficile d'avoir un chiffre affiné dans les marchés volatiles actuels), avec un taux de progression deux chiffres tous les ans, en plus d'environ 7 Trillions de dollars placés dans d'autres types de supports. Avec 10 Trillions de dollars en poche, ces institutions publiques sont d'une grande prudence. Elles mesurent bien le risque de voir la pression d'un gouvernement ou de l'opinion publique se retourner contre eux. Comme en 2006, lorsque l'Emirat de Dubaï a dû revendre à AIG les 6 ports achetés américains au groupe anglais P&O devant l'ire poulaire aux Etats-Unis.
Depuis le début de la crise des subprimes, l'ambiance a bien changé. Les banques en difficulté font toutes appel à ces fonds publics pour venir à leur rescousse, mais ceux-ci se font bien prier tant ils craignent, et pas forcément à tort, de se retrouver otages des gouvernements des pays consommateurs lorsque l'environnement économique aura retrouvé des couleurs.
Pour un libéral, la question du traitement de ces fonds souverains est intéressante. Lutter pour les privatisations et traiter les fonds souverains comme des fonds privés pose une contradiction bien embarrassante. Devons-nous limiter leur action les laisser prendre possession progressivement de secteurs insidieusement nationalisés ?
Il est vrai qu'avant de se poser cette question, nous devrions déjà nous attaquer à notre gouvernement qui se goinfre avec les 25 Milliards d'euros de TIPP et 7 Milliards d'euros de TVA sur l'essence que 8 ménages français sur 10 lui versent chaque année. Et puis en France, nous ne devons pas parler de fonds souverains, mais plutôt de puits sans fond souverains.
14:15 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : petrole, opec, nationalisation |
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Commentaires
Des miettes les concessions privées?Les profits de Total sont de 35 milliards de dollards!
Écrit par : romain blachier | samedi, 21 juin 2008
ârdon correctif je voualis dire ceux d'Exxonmobil...ceux de Total sont de presque 13 milliards d'euros...
Écrit par : romain blachier | samedi, 21 juin 2008
Oui, et?
A moins qu'ils aient volé cet argent, je ne vois pas en quoi ce serait choquant. Au contraire, je m'en réjouis!
Je ne vais pas m'étaler ici, je partage le point de vue de Vincent Bénard: http://www.objectifliberte.fr/2006/02/que-vivent-les-.html
Notons tout de même que le marché du pétrole fait partie, avec celui de l'agriculture, des plus régulés et des moins libres au monde…
Écrit par : Mateo | samedi, 21 juin 2008
Je ne veux pas faire la promo de Total, mais il ne faut pas se moquer du monde. Si vous allez sur ce document : http://www.total.com/static/fr/medias/topic2246/2007_document_reference_vf.pdf
=> vous lisez qu'il faut ramener ce bénéfice net part du groupe de 12.2 milliards d'euros à un chiffre d'affaire de presque 159 milliards d'euros !
=> Une grande partie du bénéfice est réinvesti puisque les dividendes versés aux actionnaires ne représentent que 40 % de ce bénéfice. L'activité de Total exige des investissements annuels importants : 11.7 milliards d'euros pour la seule année 2007. Cet investissement considérable, c'est l'avenir du groupe, de ses 96.500 salariés (très bien payés, et disposant de jolis avantages propres aux grands groupes de ce type : intéressement, participation, plans d'actionnariat, CE...) et de tous ses sous-traitants.
=> Total paye déjà beaucoup d'impôts : 13.5 milliards d'euros !!!
Avant de vouloir tuer un beau fleuron français, il faut bien réfléchir.
Écrit par : Bob | dimanche, 22 juin 2008
C'est assez curieux le mode de pensée actuel : on constate des gros chiffres, alors immédiatement, sans savoir d'où ils viennent, ni comment ni où ils atterrissent et pourquoi, on hurle au scandale et à la taxation.
L'impression qui me vient, c'est qu'on ne comprend rien, on ne cherche pas à voir toutes les facettes du problèmes, mais on veut imposer une solution. Cheminement de pensée assez douteux.
Écrit par : Arkaz | lundi, 23 juin 2008
Si ça bouge, taxez-le, si ça bouge encore, réglementez-le. Si ça ne bouge plus, subventionnez-le.
Voilà le drame de notre pays qui a pourtant tellement de talents sur son sol.
Écrit par : Reagan | lundi, 23 juin 2008
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