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mercredi, 02 janvier 2008
Smoking - No smoking
Ca y est, les fumeurs sont officiellement bannis des cafés, des restaurants, des brasseries et de tous les lieux publics privés où se retrouvent salariés et clients supposés "captifs". Fumer ne sera plus possible que chez soi, dans la rue, dans les collèges, les lycées et les facs où aucune mesure n'est jamais parvenue à cette fin. Je ne fume pas, je n'aime pas respirer la fumée ni puer la cigarette en rentrant chez moi le soir. Pourtant, cette répression préventive me perturbe profondément. Bien que le sujet, tabou comme tant d'autres en France, ne permette pas un débat serein, je ne suis pas seul à me poser publiquement des questions sur cette dérive de l'Etat nounou. Le premier numéro du Monde daté 2008 ose même publier une opinion politiquement incorrecte signée Micheline Benatar, médecin.
L'interdiction de fumer dans des lieux privés ouverts au public repose sur ce motif principal : les fumeurs menacent la santé des salariés de l'établissement. La liberté est indissociable de la responsabilité individuelle, qui implique notamment le respect de la santé d'autrui. A partir du moment où l'Etat se permet une telle intrusion dans la sphère privée que constitue un commerce, deux questions viennent immédiatement à l'esprit :
- Où commence une menace répréhensible pour la santé autrui ?
Un skieur hors piste peut déclencher une avalanche et tuer des skieurs sur les pistes. Les alpinistes, lorsqu'ils sont coincés dans des conditions dangeureuses, mettent en danger la vie des sauveteurs. Même chose pour les marins qui prennent la mer. Un conducteur représente un danger permanent pour autrui, non seulement en cas de conduite à risque, mais aussi en cas de malaise, de perte de contrôle ou de faute d'inattention. Certes, nous parlons de probabilités alors que la fumée intoxique à coup sûr. Mais cette "intoxication" relève aussi de la statistique en ne faisant qu'augmenter les chances de pathologies graves des fumeurs passifs, sans aucune certitude. D'autres facteurs tout aussi dangereux existent et ne sont pas encore la cible des mesures restricitives du gouvernement : l'hérédité (pourquoi autoriser des profils "à risque" d'avoir des enfants à la santé menacée ?), l'hypertension artérielle, le diabète sous toutes ses formes...
Et puis alors, que penser des usines et véhicules motorisés qui émettent des particules nocives avec certitude pour notre organisme ? Que penser des agriculteurs qui mettent la santé des habitants de leur région en danger en polluant les nappes phréatiques ? Aujourd'hui, ces acteurs subissent essentiellement taxes et réglementations. Dans la droite ligne de la loi sur le tabagisme passif, pourquoi ne pas envisager leur interdiction pure et simple ? Plus de cars, plus de voitures, plus d'usines émettrices de particules toxiques. Voilà qui réglerait les préoccupations hygiénistes de nos responsables politiques.
Que proposons-nous pour tous les métiers à risque, bien plus dangereux que de travailler dans un bar enfumé : le BTP, la maintenance industrielle qui exige de subir des émanations hautement toxiques, les carrières, les mines... Pénibilité et risques multiples sont le lot de nombreuses professions qui n'en ont pas moins dignes. Ceux qui choisissent ces voies sont-ils moins importants que les barmans et les salariés de la restauration ? Devons-nous alors abandonner notre modèle économique et revenir à l'époque, certes moins, mais dont l'espérance de vie moyenne était moitié moindre que la nôtre ?
- Où arrêter l'application de ce principe ?
Les multiples interdictions frappant la publicité montrent qu'elle est aussi perçue comme responsable des agissements à risque des spectateurs jugés passifs. Les publicités pour la cigarette y sont donc interdites comme celles de divers produits classés nocifs. Il faudrait inclure dans cette liste toutes les publicités pour automobile, pour les camions, pour les produits industriels dont la production est polluante, donc toxique pour les riverains captifs.
Pourquoi permettons-nous aux adultes de fumer dans des appartements où vivent des mineurs ? Pourquoi ne pas permettre à la police de verbaliser les parents qui fument ou laissent fumer chez eux, au nom de la protection de l'enfance ? Après plusieurs récidives, les enfants seraient confiés à la DDASS, "pour leur bien". Après tout, dans un pays qui place l'hygiénisme au sommet des valeurs sociales, pourquoi les familles échapperaient-elles à cette tendance de fond ? Dans un monde aseptysé, quel besoin de défendre les notions de convivialité, de plaisir ou de famille ? Ce qui prime, c'est d'interdire TOUS les comportements à risque pour d'autres individus jugés captifs.
Cette forme de jugement moral d'Etat permet surtout de maintenir un pouvoir certain sur des individus et une société de plus en plus émancipés de son autorité que la globalisation affaiblit chaque jour un peu plus. Cet aspect qui participe de la mode environnementale confirme bien que la prochaine grande source de décisions intrusives et liberticides, ce sera l'écologie. Devant ses échecs de plus en plus visibles dans le domaine économique et social, l'environnement ouvre à nos dirigeants de nouvelles perspectives dirigistes derrière l'alibi du "bien commun". Inquiétant.
14:55 Publié dans Libertés individuelles, Santé et Sécu, Société | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : Interdiction de fumer


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Commentaires
Bonne année Aurel. Meilleurs voeux.
Ecrit par : Nick de Cusa | mercredi, 02 janvier 2008
Rien d'autres à dire, décidément les prédictions selon lesquelles un état , par nature, tend toujours à vouloir gagner du pouvoir sont vraies.
Ecrit par : Tremendo | mercredi, 02 janvier 2008
Tout libéral sérieux devrait connaître par coeur l'article 4 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : "La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi."
Quant à l'article du Dr Benatar dans le monde d'hier, il procède par analogie avec toute une série de risques de santé (hérédité, obésité, alcool, etc.) pour en déduire l'illégitimité de la mesure sur le tabac.
Or dans le cas du tabac, on a un risque que le fumeur induit chez les non fumeurs qui l'entourent, contrairement aux autres risques qu'elle cite qui, étant pris par le seul individu, n'ont pas à être réglés par la loi, dans une société libérale.
Ecrit par : la baleine | mercredi, 02 janvier 2008
Bonne année à tous!!!!
Moi je suis pense que le choix d'un lieu fumeur ou non fumeur, devrait revenir au propriétaire du lieu en question. Cela en fonction de ce que ça lui rapportte en terme de clientèle de se déclarer café fumeur, ou non fumeur, ou avec espace fumeur/non fumeur...
Mais quand même, au-delà de cela, je voudrais vous dire que moi, en tant que non-fumeur, je trouve que je vis en France dans une société (même si ça s'est amélioré ces dernières années) profondément irrespectueuse des non-fumeurs. Il est vrai que les gens demandent plus régulièrement de nos jours dans une pièce si ça gêne ou pas, quoi que pas toujours. Cet état des choses m'a toujours énervé.
Donc, même si à terme je pense que cette obligation est abusive, je pense qu'elle pourrait permettre une prise de conscience, car moi je ne pense pas que cela va faire diminuer le CA des café-restaurants, peut-être que s'ils pensent cela c'est parcequ'ils eaisonnent toutes choses égales par ailleurs...ils n'anticipent pas peut être une plus grande fréquentation par les non-fumeurs de certains lieux, et peut êtreune adaptation des fumeurs.
Mais je le répète je pense qu'à terme cette interdiction est abusive, et que l'Etat devrait même être responsable de ses actes si jamais je me trompe et que finalement l'activité des bars, restaurants, boîtes de nuits... diminue fortement, en les indemnisants, ce serait les contribuables qui pairaient certes, mais dans le système actuel c'est au contribuable de réparer les conneries deses représentant.
Ecrit par : tom | mercredi, 02 janvier 2008
" Il est vrai que les gens demandent plus régulièrement de nos jours dans une pièce si ça gêne ou pas, quoi que pas toujours. Cet état des choses m'a toujours énervé".
De même que l'on devrait faire une loi contre les gens qui sont irrespectueux quand ils nous marchent sur les pieds dans le métro, contre les gens qui vous laissent pas passer dans l'ascenseur, contre les gens qui vous grillent la priorité à une caisse de supermarché, contre ceux qui boivent de l'alcool et qui sont un peu heureux, ceux qui puent le matin dans le métro, ou ceux qui toussent et que cela incommode la mémé d'en face.
Non là je pense qu'avec des arguments ainsi, ces brigands de politiciens ont de beaux jours devant eux.
Un rappel: les lieux publics ça n'existe pas par définition mais ce serait trop long, encore moins pour ce qui concerne les bars et les restaurants qui appartiennent à des propriétaires privés. Mais rien n'échappe à la mafia politicienne.
Ecrit par : Tremendo | jeudi, 03 janvier 2008
Aurélien, j'ai traduit des extraits de ta note dans un commentaire sur le blog européen de l'Economist ("Sarkozy and the smoking ban" ; voir commentaire de "blubadger"), ici :
http://www.economist.com/blogs/certainideasofeurope/
Je suis plutôt d'accord avec ton argument. Mais il y a un rôle pour l'État dans la protection des individus les uns contres les autres. En anglais il s'agit de "civil rights", par rapport aux "civil liberties". Tous deux font partie du libéralisme moderne, même si les deuxièmes doivent avoir la préséance.
Personnellement je me sens physiquement agressé par la pollution automobile à Paris, et je veux que l'État s'implique pour me protéger. Les bonnes manières des automobilistes (leur "responsabilité individuelle") ne suffit pas dans le monde réel.
Ecrit par : Rollo | vendredi, 04 janvier 2008
a atremendo
et voila il faut toujours que certains s'emportent!!!!!!
je n'ai jamais dit que je pensais qu'il fallait justifier des lois contre le comportements de certains dans des lieux dit publics. J'ai simplement dit que peut être cette loi pourrait faire prendre conscience aux proprio que avoir un bar non-fumeur peut être lucratif, car en france on le voit bien les gens ont une vision un peu étroite de ce marché.
Cette prise de conscience, possible???, peut être une externalité, et oui, il y a des externalités à tout.
Et puis en ce qui concerne le manque de respect des fumeurs, c'était une remarque mais ce n'était pas ce qui justifiait mon intervention sur la loi.
Je le pense et tu peux penser le contraire.
Ecrit par : tom | vendredi, 04 janvier 2008
Rollo, merci pour ce commentaire et cette traduction sur le site de ma revue fétiche.
Nos sociétés préfèrent confier à l'Etat un vrai monopole de la violence légale, les agences privées de sécurité évoluant dans un vrai flou juridique, avec de faibles marges d'action. Dans un tel contexte, il est clair qu'un bon usage des forces de sécurité intérieure et de justice est essentiel à la défense de nos droits.
Mais ici, c'est la définition de ces "droits" qui est au coeur du sujet. Voire d'obligations qui nous sont imposées non pas au regard des risques que nous faisons encourir aux autres, mais vis-à-vis de nous-même.
Ecrit par : Aurel | vendredi, 04 janvier 2008
C’est fait. La pieuvre du nouveau totalitarisme hégémonique a sonné le tocsin et entrepris d’étendre son empire sur nos vies. Plus rien ne l’arrêtera. Dans vingt ans on se souviendra : c’est ainsi que tout a commencé. Depuis le 1er janvier 2008 en France, les fumeurs sont les premières victimes de cette offensive générale, mondiale, qu’il faut bien appeler par son nom : un eugénisme social librement consenti. On ne peut imaginer pire totalitarisme que celui dont les martyrs sont en même temps les bourreaux. Car c’est en notre nom, et pour notre bien, c’est à notre demande, et pour notre liberté, que l’élimination progressive de tous les nuisibles entravant la course effrénée au dynamisme et à la performance, à la jeunesse éternelle et à la superficialité, est sur le point de remporter la dernière bataille, décisive pour notre avenir et l’idée même que l’on se fait de la vie. La seule cause globale qui unit désormais les peuples libres d’Occident dans la célébration de leur magnificence, la seule idéologie qui ait survécu à toutes les autres, c’est la course à la longévité maximale et son corollaire : la maximisation du capital santé et la lutte à mort contre toute menace répréhensible pour notre bien-être. L’application de ce principe s’impose alors comme une nécessité : il s’agit de bannir de l’espace public toute altérité menaçant l’individu sain. L’hygiénisme, la précaution et la prévention sont placés au sommet des valeurs sociales. La peur de tout et chacun se répand comme une traînée de poudre. C’est ainsi avec une résignation coupable que les êtres humains sont en train de consentir à la disparition de leur dernière parcelle de liberté.
Car n’en doutons pas : ce n’est qu’un début, un test, le premier acte de la constitution d’une société aseptisée aux comportements robotisés. ""Pourquoi permettrons-nous aux adultes de fumer dans des appartements où vivent des mineurs ? Pourquoi ne pas permettre à la police de verbaliser les parents qui fument ou laissent fumer chez eux, au nom de la protection de l’enfance ? Après plusieurs récidives, les enfants seraient confiés à la DDASS, pour leur bien. Quel besoin de défendre les notions de convivialité ou de plaisir ? Ce qui prime, c’est d’interdire TOUS les comportements à risque pour d’autres individus jugés captifs"", comme vous le dites si bien. Et Micheline Benatar d'ajouter : "Si le fumeur ne doit plus se placer à côté d’un non-fumeur, l’alcoolique ne doit pouvoir croiser le chemin d’un non-buveur, et le gourmet gourmand tenter le sain mangeur... Mais que fait la Loi ? Quand nous imposera-t-elle des menus diététiques dont les composants seront garantis non génétiquement modifiés et traçables sur simple demande ? Quand nous garantira-t-elle par ces repas - sans sel, sans alcool ni graisses mélangées - une tension artérielle stable, une stabilité basse du taux des triglycérides, du cholestérol et de la glycémie ?"" Comment tolère-t-on encore dans ces lieux publics la présence d’hypertendus, d’obèses, de clochards, de marginaux, ces furoncles qui ne devraient plus avoir leur place dans un espace tout entier dévolu aux gagnants, aux performants, aux minces en bonne santé qui constituent les réserves inépuisables de la grande armée utilitariste et uniformisée d’une société comptable? L’image sociale renvoyée par ces drogués, ces lâches, à la volonté défaillante, deviendra de plus en plus désastreuse. Les fumeurs seront bannis des entreprises, puisque leur capital-temps est employé à souffler des volutes plutôt qu’à maximiser la rentabilité de leur travail. Comme des pestiférés, ils agiteront leurs crécelles pour avertir de leur présence les braves gens qui se détourneront de leur chemin, avec dégoût et mépris. Déjà, l’été, les SDF sont chassés des centres-villes, déportés dans les périphéries où ils ne gêneront plus les bons citoyens dociles épris de ruelles propres et bucoliques, semblables aux publicités dont il ont fait un idéal de vie ; les chanteurs de rues sont comme d’intolérables rémanences de Cour des miracles dans un bel ordonnancement d’ordre et de tranquillité ; à Argenteuil durant l’été 2007, le maire UMP a chargé les agents municipaux de pulvériser du Malodore, un produit répulsif nauséabond, pour éloigner les SDF, insupportables vecteurs de nuisance olfactive. Et demain ? Les villes seront devenues aussi calmes que des cimetières, toute altérité ou souffle de vie non organisée y aura disparu ; les rues seront alors lisses comme des miroirs, mais nous n’y verrons plus que notre vacuité.
On nous martèle que ce qui est à l’œuvre, c’est une guerre. Guerre entre fumeurs empoisonneurs et non-fumeurs victimes. Guerre entre pollueurs et sains de corps et d’esprits. Guerre entre drogués et adeptes du bien-être. La question n’est évidemment pas là. Je connais des fumeurs favorables à la loi d’interdiction, et des non-fumeurs défavorables à cette même loi. Le débat se joue plutôt sur le terrain de la philosophie personnelle, de la liberté et de ce que l’on veut en faire. Or il n’y a pas trente-six solutions. L’exercice de notre liberté entraîne nécessairement une nuisance pour notre voisin, puisque nous vivons en groupe. Pour certains, la première nuisance de la journée est de croiser un être humain quand ils sortent de chez eux. Toute l’alchimie d’une société est donc de réussir à minimiser cette nuisance. Le fameux « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Deux solutions logiques s’offrent alors à nous : la suppression de la liberté pour supprimer les nuisances, ou la compartimentation de la société en groupes distincts retranchés chacun derrière des murs. Nos sociétés occidentales ont choisi tantôt la première solution, tantôt la seconde. Chacune de ses solutions est une étape supplémentaire vers la non-vie aseptisée et communautariste si bien décrite par les anarchistes de droite. Et pourtant il existe une troisième solution, qui pourrait nous éviter ce double écueil : se mettre une bonne fois pour toutes dans notre petite tête que la liberté nuit nécessairement, et s’en accommoder. Vais-je demander l’interdiction des voitures parce que ma petite fille en poussette respire à plein poumon les gaz d’échappements ? Vais-je demander dans un bar de changer la musique parce qu’elle m’agresse au plus profond de moi, que les mièvreries insipides des chanteurs jetables et interchangeables sont une insulte permanente à mon intelligence et représentent une intrusion insupportable de la connerie ambiante dans mes neurones ? Vais-je demander la suppression de toutes ces saloperies de pubs à gogo qui défigurent ma ville et m’incitent à consommer des merdes dont je n’ai pas l'utilité ? Non, je fais contre mauvaise fortune bon cœur, et j’accepte que l’exercice de la liberté de ces abrutis induit une nuisance pour ma propre représentation du monde. Je geins, je râle, je grogne, je bougonne, je gueule, je maugrée, mais je ne cherche pas à INTERDIRE. Croiser un fou en voiture tue. Faire du ski tue. Baiser peut tuer. Refuser d’admettre que le risque naît en même temps que l’homme, l’accompagne tout au long de sa vie, et ne s’éteindra qu’avec lui, c’est repousser l’imprévu pour ne garder que le confort rassérénant d’un cocon mortifère. On peut faire en sorte de prolonger son existence au maximum, mais au prix de refuser de vivre. Plutôt accepter que la nuisance inévitable engendrée par l’exercice de la liberté de mon voisin est le gage de la pérennité de ma propre liberté. Jacques Brel, à qui l’on demandait « pourquoi fumez-vous autant, c’est mauvais pour la santé », a répondu : « mais vivre, c’est dangereux pour la santé ». Et aujourd’hui, en s’enferrant dans l’obsession paranoïaque d’agressions permanentes contre notre petite personne, nous sommes aux premières loges des prolégomènes de la mort.
Ecrit par : Anomalie | vendredi, 04 janvier 2008
Anomalie, Aurelien: je signe de mes quatre mains, pieds compris. Et merci pour Anomalie d'avoir mis en lumière ce point très important: la guerre n'est pas entre fumeurs et non-fumeurs, elle est entre deux conception irréductibles de la liberté et du rôle de la collectivité. Et point intéressant: le fossé n'est pas non plus un fosse gauche/droite. Je suis ancré à gauche, mais me rapproche de plus en plus des libéraux, voire des libertariens sur ces questions.
Ecrit par : belsha | vendredi, 04 janvier 2008
Un juste milieu, quant à la fumée du tabac, effectivement dangereuse pour ceux qui n'ont décidé de fumer, aurait été au moins de s'inspirer des dispositions de la loi belge. Les établissements réalisant moins de 30% en restauration, peuvent y maintenir des zones fumeurs. Mais en ce pays absolutiste, on préfère toujours le tout ou rien. "La cour" décide, le peuple guidé par les hérauts médiatiques se doit d'acclamer. Logique du tout ou rien qui ne laisse aucune place aux personnes physiques et s'époumone autour de ses personnes morales.
Quant à la tendance eugéniste, elle va avec les autos congratulations narcissiques qui de partout affluent, pour célébrer nos importances. Certes, il faut au mieux repousser au mieux la mort, et choisir la vie, mais n'est-ce pas d'abord à chacun que cela incombe?
Fumeur au long cours durant plus de vingt ans (et je ne compte une enfance enfumée de gauloises et de royales menthol), et bien qu'abstinent depuis dix ans, toujours fumeur, en cela que cette addiction serait relancée en deux jours, je ne peux dire que cette pratique du tabac est super. Mais qui le dirait. Doit-on n'accepter dans la cité que les parfaits, à charge pour les plus forts de déterminer qui est parfait. Il y a certes un problème de santé colossal, et du fait de la diffusion des fumées qui ne peut concerner que le seul fumeur, sans compter les conséquences en termes de santé, mais cette logique prohibitive du tout au rien marchera mal.
Ceux qui en une campagne par exemple, fument le soir venu au bistrot du coin avec les potes, éliminent le jour de par leurs activités à forte dépense physique. Le corps est d'abord un mouvement.
Quant à l'aspect addiction tabagique, à ce qu'il cache, ne faudrait-il pas s'occuper d'abord de libérer les possibles ? Bon nombre d'addictions ne se développent qu'en compensation de manques et autre stress.
Et puis, il y a ce plaisir de fumer, certes un jeu qui flirte avec la mort parfois, mais à ce compte, la nouvelle marotte matrice à fonctionnaires, le DD comme ils l'appellent déjà, si si (développement durable), aura beaucoup à faire du coté
des villes où l'on vit si dangereusement, avec tout ce qu'on a modifié du coté de la nature. Le paradoxe c'est qu'on y vit somme toute plus longtemps, ou que c'est par là que la longévité s'est accrue, et que tous les dédés du monde y affluent en rangs serrés.
Ecrit par : freephil | dimanche, 06 janvier 2008
Voir sur mon blog http://freephil.hautetfort.com/archive/2008/01/06/si-tous-les-dedes-du-monde.html
Bonne année Aurélien, avant mes voeux via mailing, peux-tu mettre mon blog en lien dans ton blog?
Ecrit par : freephil | dimanche, 06 janvier 2008
Aurélien
je suis libéral et je comprend l'argument que l'on a pas le droit de forcer les patrons de café à adopter une règle d'interdiction dans un espace dont, in fine, ils sont les seuls patrons.
je trouve que la ligne défendu dans ton article contre cette idéologie d'hygienisme plus convaincante également. Et je dois dire que cette tendance croissante à vouloir prendre notre "défense" au nom d'une morale de la santé est un veritable danger. Je suis profondemment reconnaissant à AL de développer cet argument car cette tendance est très inquiétante.
Pour en donner la mesure j'ai recemment lu dans un journal de vulgarisation scientifique anglais une lettre ecrit dans le courrier des lecteurs par un scientifique (australien je crois) qui liait le rechauffement de l'athmosphère à l'existence des riches (!!!). L'argument était très simple: ce sont les riches qui consomment le plus d'energie (ils consomment le plus de proteine, c'est eux qui roulent dans les grosses bagnoles les plus polluantes, etc). Donc la solution était encore plus simple: "supprimons" les riches et du coup on protègera l'humanité contre les principaux responsables de la destruction de l'environment.... imparable non?
je vois bien notre Besancenot national reprendre cet argument ...
Ecrit par : bruno | lundi, 07 janvier 2008
Je ne suis pas totalement pour la loi récente pour des raisons d'efficacité mais considère que ce sont les fumeurs les plus à blamer.
Quelle hypocrisie que ces discours sur la courtoisie ou la convivialité !!! Combien de fois avons nous du changer de place parce que la fumée nous incommodait au restaurant, en voulant prendre un café le matin et surtout lorque des fumeurs tenaient leur cigarette à quelques centimètres du visage des mes enfants.
Et si on remonte à quelques années, je me rappelle avoir été à de nombreuses fois fortement incommodé et sans cesse obligé de me manifester pour pouvoir respirer normalement : Au travail, dans les transports où pendant longtemps les zones non-fumeurs n'étaient pas respectées, dans les boites de nuit où passé une certaine heure les yeux étaient fortement irrités ect... sans compter que dans la voiture familiale mon père qui était le seul à fumer pouvait me coller une gifle lorsqu'on lui demandait d'arrêtait (et je pense qu'ils étaient beaucoup à faire pareil).
Etant libéral et pragmatique, mon choix aurait porté sur une super-licence tabac onéreuse que seul un petit nombre d'établissement auraient pu rentabilliser.
Et j'aurais interdit la cigarette dans la plupart des rues de Paris, dans les voitures, dans l'intégralité des lieux publics même à l'air libre (ex : les parcs où des parents fumeurs se pointent au milieu de portiques pour enfants).
La dictature du tabac est presque finie; il va falloir que les fumeurs fassent avec.
Ecrit par : bestfriend | samedi, 12 janvier 2008
Pour une opinion éclairée, c.a.d qui dispose aussi des arguments, documentés, en faveur des commerçant à déterminer si leur lieu sera fumeur ou non, je vous propose la lecture de "Haro sur les fumeurs - Jusqu'où ira la prohibition ?", Danielle Charest, éditions Ramsay, Paris, 2008, dont voici le texte de la quatrième de couverture :
Décidément, la plante à Nicot a bon dos ! Du jour de sa découverte, à la fin du XV° siècle, à aujourd'hui, l'alliance morbide entre morale et santé mène ses attaques, d'abord contre le tabac, et maintenant contre les fumeurs.
Mais le tabac est-il bien le fléau qu'on voudrait faire croire ? Et les fumeurs les coupables qu'on désigne ? Ne sont-ils pas plutôt les premières cibles d'un mouvement d'abattage des droits individuels ?
Une cigarette sûre aurait pu être produite depuis 1975... Il est sans doute paradoxal que la campagne mondiale contre le tabac ait été initée par les États-Unis, un pays au système de santé particulièrement défaillant. Le tabac serait-il le paravent idéal derrière lequel on cache les producteurs de pesticides, d'engrais chimiques, d'amiante, de CO2 et de produits alimentaires contaminés ? Mais, au fait, qui sont les vrais déclencheurs des maladies actuelles et à venir ? Il est sans doute plus simple de passer sous silence les dangers provoqués par l'industrie chimique dans notre organisme que de stigmatiser de lointaines entreprises américaines.
Pourquoi l'Organisation mondiale de la santé ose-t-elle refuser, depuis 2005, d'embaucher les fumeurs ? Qui seront les prochains exclus du travail ? Sommes-nous à l'aube de nouvelles discriminations, organisera-t-on ensuite la chasse aux buveurs, aux joueurs ou aux dissidents ?
A partir d'une enquête minutieuse, "Haro sur les fumeurs, Jusqu'où ira la prohibition? révèle les dessous d'une guerre truquée.
Canadienne (du Québec) vivant en France depuis une quinzaine d'années, Danielle Charest est l'auteur de plusieurs romans publiés aux éditions du Masque et d'un essai.
Ecrit par : danielle | mardi, 18 mars 2008
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