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vendredi, 23 novembre 2007

On a gagné !

d5e359e3c51ce0a469724a329a4ddc82.jpgLa manifestation "contre les blocages, pour les vraies réformes" de dimanche a été un succès. Un très grand succès. En toute modestie, je dois vous l'avouer : nous avons gagné. Rétrospectivement, c'est incontestable. Solidaires, les libéraux ont brisé net le mouvement de grève égoïste à sa base dés lundi matin. On ne se rend pas compte à quel point ces grosses machines sont fragiles. Elles peuvent trébucher pour un rien. Le première lettre qui m'est parvenue est celle de François Chérèque. Très gentille. Sans aller jusqu'à parler de félicitations, il a reconnu le bien-fondé de nos arguements et a un peu repris nos propositions de réforme du syndicalisme. Je lui ai recommandé, par précaution, de faire attention aux agitateurs autonomes du mouvement. Avec raison comme les évènements l'ont rapidement montré. Ont suivi les lettres de Jean-Claude Mailly et de Bernard  Bernard Thibault qui m'ont demandé de ne pas rendre publique leur intervention dans l'immédiat. Aujourd'hui, le délai de 48 heures me parait raisonnable. Il me semble intéressant de citer un passage de leur missive envoyée mardi soir :

 

"Cher Président, [oui, je cite ce morceau parce que j'aime bien qu'on m'appelle président]

Blablabla...

L'impact de votre manifestation fut décisif. De nombreux responsables syndicaux ont compris que la majorité silencieuse ne voulait plus de notre mouvement, ringard et dépassé. Il nous faut nous rendre à l'évidence,...

Blablabla"

 

Je n'en demandais pas tant de leur part. Voilà, inutile d'enfoncer le couteau dans la plaie. Ils nous ont proposé de laisser tomber la journée de grève du service public de mardi. Mais la lettre est arrivée trop tard, nous n'avons pu réagir à temps de notre côté. Je leur ai tout de même répondu que pour des questions d'image auprès de leur base, ils feraient mieux d'attendre la grande journée de négociation de mercredi pour ne pas perdre la face. Et puis ce temps leur a aussi permis de diffuser le message auprès de la base Sud-Rail qui, il faut le dire, n'est pas aussi organisée que la CGT ou que FO. Bref, nous sommes tranquille...jusqu'au 20 décembre.

 

Un préavis de grève (reconductible) a déjà été déposé pour aborder les fêtes dans de bonnes conditions. Après avoir farci la dinde un peu brusquement pour Thanksgiving, ils comptent peut-être ramoner secouer le père Noël un bon coup pour marquer la fin de l'année. Voilà, tout ça pour rien.

 

Note : je me permets de préciser aux rares lecteurs qu'aucun des faits évoqués ci-dessus n'a eu lieu. Aucune lettre ne nous a été adressée, ou alors elles sont bloquées au !?"%*= de bureau de la Poste qui est encore fermé au coin de la rue. This is a joke. Repeat. This is a joke.

Commentaires


Bonjour Aurélien,

C'est plutot une bonne nouvelle pour les usagers, et que les syndicats montrent l'envie d'évoluer en est une autre (j'ai toujours bien aimé François Chérèque d'ailleurs).

Ceci dit sur le fond de la réforme je crains qu'on y ai rien gagné que de symbolique. Au moins ça apporte de l'eau à notre moulin pour critiquer le gouverenement, mais ça ne sauvera pas la France.

Écrit par : Bastien | vendredi, 23 novembre 2007


je ne trouve pas cela drole, mais pas du tout.

Écrit par : sachmo | vendredi, 23 novembre 2007


me suis fait eu....

C'était trop beau pour etre vrain :(

Écrit par : Bastien | vendredi, 23 novembre 2007


Soyons clairs : les cheminots et consorts, en faisant grève, emmerdent l’immense majorité des Français. Mais ils rendent surtout un sacré service au pouvoir en place. Grâce à eux, il est devenu absolument indécent de poser une question cruciale : qui est privilégié en France ?

Les grèves actuelles semblent accréditer l’idée que le privilège, c’est un contrat de travail spécifique, un statut procurant une protection particulière, une garantie d’emploi, de bonnes conditions d’accès à la retraite. Certes, les « cheminots » (comme si ce mot n’avait pas, en soi, terriblement vieilli...Il pue le charbon !) n’exercent certainement pas le pire des boulots, et ils sont carrément odieux lorsqu’ils évoquent des conditions de travail pathétiques : des millions de Français ne dorment pas tous les jours chez eux, passent des week-ends au poste, assurent des gardes et assument des responsabilités, et tout cheminot peut s’en rendre compte lorsque, frappé d’une crise lors de son shopping un dimanche matin dans la zone économique de son patelin, il trouve des infirmières en ordre de marche, de l’essence pour son auto, des renseignements sur son téléphone et mille autres damnés de la terre à son service (public). La pénibilité du travail des contrôleurs de trains, laissez-nous rire : c’est sur des blagues pareilles que les démolisseurs sociaux de la droite ont beau jeu de moudre leur grain. Mais revenons à la question : qui est privilégié ? Au niveau de salaire de ces travailleurs du train, il est absolument impossible de parler de privilège. Mais il faudrait en dire autant de dix ou douze autres millions de travailleurs.

Je sais, le terme fait vieille gauche rouge, mais il a un sens.




Petite définition

Car un privilégié, si l’on cherche une définition, c’est justement celui dont les revenus et le rang social sont sans commune mesure avec son travail, ses compétences ou son utilité sociale. C’est quelqu’un qui a le bonheur de gagner dix mille euros en déplaçant une épingle, alors que d’autres, pour déplacer une tonne, en gagneraient cinquante.

C’est le dentiste qui, travaillant trois jours par semaine, revend impunément une prothèse douze fois le prix qu’il l’a payée au prothésiste (il « a des frais »), en aggravant au passage la note pour une mutuelle, et se demande ensuite s’il rachète une deuxième grosse BMW ou s’il prend l’option « cris de bêtes d’Afrique » dans son 4x4. Allez donc, après ça, chicaner à un cheminot une prime pour travail la nuit de Noël...

C’est le cadre très supérieur qui, comme plus d’un tiers des zozos de ce calibre, n’est à la tête de revenus annuels proches du demi-million d’euros, que par héritage (l’héritage de situation, disent toutes les études, est un facteur de recrutement supérieur à tous les MBA en France : regardez les noms des intéressés, feuilletez l’annuaire du MEDEF, on se croirait au Bal des Débutantes ou entre deux pages du Who’s who). Allez donc reprocher aux enfants de cheminots d’avoir pu, pendant des années, bénéficier de conditions facilités de recrutement.

Le privilégié, c’est celui dont l’argent a si peu d’odeur qu’il peut l’entasser sans craindre le fisc, en accumulant les SCI à but lucratif, les studios en cours de paiement, les investissements sous les tropiques, les sociétés bidons aux soldes d’exercices perpétuellement négatifs. Allez donc froncer le sourcil sur les fiches de paie des conducteurs de train.

Nous marchons sur la tête. Quand on voit le niveau du marché immobilier à Paris ou sur la Côte d’Azur et le nombre de transactions supérieures à 1 million d’euros que réalisent des particuliers chaque jour, peut-on envisager qu’en travaillant deux ans de moins, les « régimes sociaux » vont ruiner la France ? Mieux : on stigmatise les artistes et les footballeurs grassement payés, mais que dire de tous ceux qui ne se sont donnés que la peine de naître, avec un patrimoine copieux et des rentes de situations qui les conduisent à la tête de sociétés qu’ils n’ont pas bâties et qu’ils ne dirigent pas vraiment, dans des conseils d’administration où ils traînent leur bleu-croisé comme ces vicomtes de jadis aéraient leurs dentelles, grands dépendeurs d’andouilles soucieux d’avoir leur photo dans Voici après avoir licencié deux mille personnes, ou d’ouvrir un musée d’art contemporain dont chaque pièce, chaque carreau, chaque centimètre carré, si l’on y réfléchit, a été payé par tous ceux qui, depuis trois générations, ont bossé pour la famille. Qui oserait dire, pourtant, à la télé, à une heure de grande écoute, dans un de ces débats assommants où Jacques Marseille ricane et où l’UMP de service parle d’équité, que les dirigeants et les clients de LVMH sont plus privilégiés que les cheminots du dépôt d’Ivry ?




Les jouisseurs de richesse

Cet été, je regardais le port de plaisance de La Ciotat. Je m’y connais un peu en bateaux, j’ai une barcasse de 4m70 pour aller pêcher les girelles. Dans cet entassement de coques ensommeillées (la plupart ne sortent qu’un jour ou deux par an, en moyenne, évidemment), j’ai compté soixante-quatre « unités » dont le prix dépassait à l’évidence, hors entretien, le niveau de l’ISF. Et le double, si l’on se place à 500 000 euros. Je suppose que les heureux possesseurs de ces beautés ne logent pas dans la rue, et j’aurais tendance à penser qu’ils ont une villa plutôt qu’un modeste deux-pièces. Le prix mensuel de l’« anneau » peut atteindre un SMIC, ce qui donne à penser que leurs revenus autorisent cette ponction. Comptez une cinquantaine de ports de ce calibre entre Marseille et Nice, plus Marseille, plus Nice ; même chose pour le Languedoc, la côte Atlantique, la Corse, les ports étrangers. Bref, rien qu’à scruter les ports de plaisance, on se demande comment il se fait que si peu de foyers paient l’ISF en France. Et qui possède ces splendeurs (qu’évidemment, je jalouse : il faut assumer ses désirs) ? Des profs ? des infirmiers ? des cheminots ? des fonctionnaires ? Ah non, ils ont d’autres privilèges, dit-on en Sarkoland. Ils ont la garantie de l’emploi, ces salauds.

Je repose la question : qui achète ces trucs ? Eh bien, je suis allé questionner un marchand. Figurez-vous que ce marché roule sur les professions libérales (pas mal d’avocats et de notaires, tous les radiologues, beaucoup de médecins : il était temps que l’on augmente leur consultation de 10%), sur les gros commerçants (on sait que ce sont des damnés de la terre, voués à des retraites pitoyables), des « entrepreneurs » (de construction) et sur des « gens de l’immobilier ». Plus une faune indéfinissable de gens qui « ont les moyens », que ce soit parce qu’ils vendent de l’andouille en gros, parce qu’ils exploitent un domaine viticole hérité, parce qu’ils ont des parts dans une société. Bref, moins ils travaillent, plus ils empochent. Je ne ris pas et je te mets au défi, toi qui me lis en me traitant de vieux bolchévik, de prouver le contraire. Mieux : budget de la santé, hausse des prix, gouffre des investissements publics, crise du logement, abus de biens sociaux et tyrannie des bénéfices financiers, mettez les maux dont nous souffrons en relation avec les sources de revenu de ces bienheureux. Ils se disent, pour certains, « créateurs de richesse ». C’est faux : ils jouissent de la richesse qu’on crée pour eux. Nous sommes au-delà de la rétribution, et même du profit légitime : sachez-le, notre pays a un cancer, c’est cette inégalité des destins, et il y a là une bombe.




Le bateau de la République coule à pic

Alors on comprend que cela vaut le coup, pour les défenseurs de la France-gling-gling, celle qui pète au Fouquet’s et roucoule désormais à l’Elysée, de se payer les régimes spéciaux en grande urgence : ils ont l’opinion pour eux, le faubourg Saint-Germain peut compter sur le Kremlin-Bicêtre pour taper sur le privilégié du dépôt Saint-Lazare. Et pendant ce temps, travaillant plus pour gagner plus, le fils Machin des Tubes et Roulements Machin, grâce à une OPA amicale, gagne en huit secondes ce qu’un cheminot gagnerait en huit cents vies.

Le malheur, c’est qu’on se vautre dans les rituels d’une grève poisseuse, avec ses « otages » et ses « galères », ; avec ses micro-trottoirs et ses micros-quais pleins de haine ou de résignation : pas un mot, dans le commentaire journalistique, pour situer la vie des privilégiés de la SNCF, de GDF et d’EDF (qui ne paient pas leurs factures d’énergie, les salauds !) en la comparant à celle de vrais privilégiés. La mauvais habitude est prise : on admire trop les riches, désormais, pour se demander si leur richesse est légitime. Nous sommes intoxiqués. Nous sommes complices. Nous sommes foutus. Le char de l’Etat roule dans la joncaille, et le bateau de la République, qui carburait au social, coule à pic dans les vagues du yacht de Bolloré. Plouf !

Jacques Gaillard, écrivain.
(dans Marianne)

Écrit par : marianne | vendredi, 23 novembre 2007


Un simple lien aurait suffit. C'est assez pénible ce genre de copier-coller intégral d'articles (en plus, je ne sais pas si c'est légal).

Écrit par : Mateo | vendredi, 23 novembre 2007


Drole de définition d'un privilégié, moi quand je vais voir la définition de privilège dans le dico ca donne :
Droit, avantage particulier accordé par une autorité, à une personne ou à un groupe, en dehors des règles communes.

Si on a pas la même définition, on pourra jamais s'entendre

Écrit par : er | vendredi, 23 novembre 2007


L'ignorance de cet "écrivain" est tout de même stupéfiante. Il est bien clair que pour être cadre dirigeant et gagner beaucoup d'argent, il suffit d'être né dans la bonne famille.

Etre "écrivain" (enfin, c'est lui qui le dit) autorise à écrire n'importe quoi, en France.

Écrit par : Robert Marchenoir | lundi, 26 novembre 2007


Je me doutais que Marianne était un journal fait par des imbéciles pour des crétins,voilà mes soupçons confirmés.

Écrit par : rocardo | jeudi, 29 novembre 2007


(fun) (à forwarder)
PETITION NATIONALE POUR LA LIBERATION DE CARLA BRUNI

LES FRANCAIS ONT ETE PRIS EN OTAGES PAR LA GREVE,
IL LA RETIENT EN OTAGE SUR LA PLAGE!

PENSEZ A TOUTES LES ANNEES DE DETENTION DE CECILIA:
L’INDIFFERENCE PEUT DEVENIR UN CRIME!
DEVRONS-NOUS TOUJOURS COMPTER SUR CHAVEZ?

TOUS ENSEMBLE, AGISSONS!

LIBEREZ CARLA BRUNI!

QUE TOUTES CELLES ET CEUX QUI EXIGENT LA LIBERATION IMMEDIATE
DE CARLA BRUNI PLACENT UNE BOUGIE ALLUMEE SUR LEUR FENETRE
LE 31 DECEMBRE A MINUIT !

Écrit par : gaillard jacques | jeudi, 27 décembre 2007

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