« Nicolas Sarkozy engueule les salariés des Echos | Page d'accueil | On a gagné ! »
jeudi, 22 novembre 2007
J'offre deux lits superposés à Jacques et Roland
Cet été, Jacques s'était fendu d'une longue lettre au Monde pour expliquer qu'il avait triché et volé les Français à une époque où c'était l'usage dans le petit microcisme politique. Bref, rien de méchant. Autre époque, autres moeurs. Pour lui, peut-être, mais pas pour les Français qui subissaient ces mauvaises manières, impuissants. Quant à la loi, à ce que je sache, elle était déjà la même pour tous, en tout cas c'est ce que nos politiques nous rabachent rgulièrement. Faute avouée (un peu tard et sous la pression des magistrats) est à moitié pardonnée. Pour la moitié qui reste, nous sommes nombreux à souhaiter voir la la loi appliquée avec la plus grande sévérité. Au moment où le pouvoir instaure des peines plancher et demande au Parquet de durcir l'application des peines, il est plus que souhaitable qu'on n'épargne pas les puissants qui ont autant abusé aussi longtemps. Pour l'exemple.
Mais le bougre résite. Certes, il n'a que ça à faire. A peine mis en examen (enfin !), Chirac réitère et publie une nouvelle tribune dans le Monde. "Tant de choses inexactes, souvent caricaturales, parfois outrancières, ont été dites sur ce sujet". Pensez-vous, mon brave monsieur, on n'est pas comme ça en France...
"Jamais les moyens de la Ville de Paris n'ont été mis au service d'autres ambitions que d'agir pour les Parisiennes et les Parisiens. [ça me rassure, j'avais un doute] Jamais il n'y a eu d'enrichissement personnel. Jamais il n'y a eu de "système". [ouf] Sur les 40000 agents de la Ville de Paris, il ne s'agit que d'une vingtaine de contrats qui sont contestés, d'une durée parfois courte, répartis sur une période de dix-huit ans.
Allons plus avant : qui étaient ces quelques chargés de mission ? Des personnes qui ont travaillé à m'éclairer sur des questions de fond – problèmes éducatifs, sociaux, économiques, sportifs – afin de permettre au maire de la capitale d'assumer au mieux ses missions. Il pouvait s'agir aussi de femmes et d'hommes de qualité, ayant toutes les compétences nécessaires, mais traversant une période professionnelle difficile et à qui j'ai voulu redonner une chance. Et enfin un très petit nombre de collaborateurs qui ont facilité la coordination et l'exercice de mes fonctions. Ces responsabilités étaient à mes yeux profondément complémentaires pour me permettre d'agir au service de mes concitoyens. "
A partir du moment où Jacques se considère comme un sauveur, tout ce qui peut l'aider sert le pays, c'est évident. C'est un moyen facile de balayer ces pinailleries d'un revers de la main. Placer des amis à des postes fictifs aux frais des Français, embaucher des soutiens qui allaient l'aider à gagner, et donc à mener la brillante carrière que l'on sait, tout cela n'avait rien de personnel, c'était au service de la France. Il n'y a pas eu d'enrichissement personnel, simplement une carrière réussie dans un univers concurrentiel dans lequel tout le monde vole pour gagner...dans un but exclusivement altruiste. Quand un cambrioleur vole pour faire vivre sa famille et ses voisins en detresse, l'étroitesse du périmètre alimenté par cette redistribution un peu musclée rend l'acte bien plus odieux. Etonnant. Je voudrais que Jacques m'explique où il fixe la frontière entre un vol "égoïste donc qui mérite condamnation" et un vol "pour le bien collectif". L'association de quartier, la mairie, le conseil général, la présidence de la république ?
En tout cas, Chirac signe le PV de ses méfaits devant 60 millions de Français (au moins les quelques centaines de milliers de lecteurs du Monde) :
"Ces recrutements, je les ai souhaités ou autorisés parce qu'ils étaient légitimes autant que nécessaires."
Evidemment, tout ceci ne vaut rien sur le plan juridique. Je suis prêt à me laisser convaincre que ce détournement répété de l'argent des citoyens se justifie sur le plan moral. Mais pour le moment, je ne trouve pas...
Une bonne nouvelle pour notre Jacques, il a au moins un ami (qui dément être son ami, du moins officiellement pour ne pas aggraver son propre cas déjà assez lourd comme ça). Lui aussi a été membre du Conseil Constitutionnel, lui aussi est embourbé dans plusieurs affaires...pénibles après avoir vécu sur notre dos : d'ailleurs,à quand un "Club des escrocs qui sont (ou ont été) membres du Conseil Constitutionnel" dans FB ? Ce bon Roland chante les louanges de Chirac dans le Figaro. Devant cette solidarité touchante, je suis prêt à offrir deux lits superposés à nos retraités de la corruption pour qu'ils puissent partager la même cellule chambre.
Une fine lame a achevé le bestiau de son commentaire assassin : "Aujourd’hui, c’est bien tard que de s’en prendre à un homme âgé, qui a des problèmes de santé et qui est retiré de la vie publique. C’est une sorte de... victoire posthume". Ouille.
12:25 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Jacques Chirac, Roland Dumas, détournement de fonds publics, mise en examen


![Validate my Atom 1.0 feed [Valid Atom 1.0]](http://aurel.hautetfort.com/images/valid-atom.png)






Commentaires
Personnellement de Bordeaux, j'en connais un qui pourrait toujours s'occuper de leur chambre, tout du moins les qq poussières qui restent.
Un certain juge mis à l'écart devrait vérifier les matelas, sait-on jamais
Et dire que j'ai voté pour ces gens là, j'ai participé et même travaillé avec l'un d'entre-eux
Ah que j'étais bien sur mon yacht à Taiwan !!
Ecrit par : ALAN DE BX | jeudi, 22 novembre 2007
La réaction d'Henri Cuq est vraiment EXCELLENTE :
Henri Cuq a souligné que l'ex-président "savait qu'il aurait" à s'expliquer et "il le fait en responsabilité avec la dignité et le sens de l'honneur qui l'ont caractérisé tout au long de sa carrière politique".
AP ljg/mw/sm/lat/cr mer 21 nov, 16h08
Vraiment excellent, ce Henri Cuq !
Pas mauvais non plus : Jean-Pierre Raffarin :
AP - Jeudi 22 novembre, 10h33
PARIS - L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, "attristé" par la mise en examen de Jacques Chirac, a souligné jeudi que l'ancien président a "contribué à assainir la vie politique".
"Je ne suis pas choqué, je suis profondément attristé parce que Jacques Chirac a beaucoup donné à notre pays et notre vie politique", a déclaré Jean-Pierre Raffarin sur France-Info.
AP
ljg/ma
Ecrit par : Landry | jeudi, 22 novembre 2007
Quand je vois cela, je comprends parfaitement qu'il y ait des gens autour de moi qui ne votent jamais. Ce n'est pas exemplaire pour la démocratie citoyenne, mais cela dit je respecte ce choix bien que je ne défends pas l'abstentionnisme. Les magouilles ça existe chez tous les partis malheureusement mais ce n'est pas pour autant que l'on doit désespérer et ne plus voter.
Sacré Chichi. On l'a vu dans les hebdos people cet été à Saint Trop' et à Biarritz avec Bernadette.
Ecrit par : Aurélien | jeudi, 22 novembre 2007
C'est tout de même pitoyable de voir deux vieux monsieurs bardés de diplome en Droit, à la carrière prestigieuse utiliser des excuses de petits déliquants..
'Tout le monde le fait'
'J'étais obligé'
'Tout le monde le savait, alors pouquoi en parler maintenant"
Et de se fendre d'un édito dans le monde pour sortir ces bétises... ce n'est même plus du cynisme, c'est de la naiveté.
Ecrit par : Le libéralisme pour les débutants | jeudi, 22 novembre 2007
Il y a là l'un des moteurs de mon engagement libéral. S'attaquer aux fastes de la République, rendre aux citoyens leur dû, avec rétroactivité. J'espère voir ce jour où je verrais un parti libéral intransigeant accéder au pouvoir pour "faire un grand ménage de printemps" : réduire les émoluements des élus, ne pas accorder un rond public aux syndicats, partis politiques et entreprises, vendre la majeure partie du patrimoine immobilier de la République contre des locaux plus modestes et fonctionnels, etc, etc, etc.
Quand j'entends sur les plateaux TV que "la démocratie a un coût", légitimant le fait de piocher dans le porte-monnaie des Français pour financer les partis politiques, je crains que l'on ait une image complètement faussée de la démocratie. Il me semble que la démocratie a moins besoin d'argent que d'agents.
Ecrit par : Archilibéral | jeudi, 22 novembre 2007
Fichtre de canaillou de d'Artagnan
Qu'il a fichtre bien prosé, qu'elle fine lame ce compagnon
Aramis
Ecrit par : ALAN DE BX | vendredi, 23 novembre 2007
Ecrire un commentaire