« La révolution d'octobre... est verte | Page d'accueil | Ridicule, "ludicrous" en anglais »
vendredi, 02 novembre 2007
Tempête dans un verre d'eau
Le réchauffement se traduirait par une accélération du dérèglement climatique. En français : "Ya plus d'saison, ma bonne dame". Remarquez que la formule a peu changé depuis les années 70, et mes parents pourraient confirmer qu'on disait déjà ça juste après la guerre. Pareil en politique. Et là, je l'avoue, ça tire trop vite dans tous les sens, je suis largué. La commission Attali veut faire sauter le "principe de précaution" de la constitution, els lois Galland et Royer/Raffarin, le code du travail et les licences de taxi, officiellement ou en "off". Là-dessus, le Medef négocie la refonte du contrat de travail avec les syndicats, le Grenelle de l'environnement finit en gosplan qui veut faire de nos vies un enfer fiscal, réglementaire et fondé sur la prohibition et la commission balladur lance le chantier de réforme des institutions. Qui suit encore ? Pour simplifier le tableau, les syndicats vont bloquer la France dans 15 jours, histoire de faire une vraie ratatouille molle de l'ensemble. Les rares mesures libérales s'empilent avec un keynésianisme raté et, bien pire, la tentation d'un vrai retour à la planification la plus sordide, le tout dans une opacité totale, et en retouchant dans le même temps nos institutions... mais sans déplaire à Sarkozy qui a un oeil sur tout et tout le monde. Fadela Amara attaque le PS en le pointant du doigt à l'assemblée, elle est défendue par la droite qui a ainsi sa "beurette de service" comme bouclier anti-gauche, surtout après l'épisode malheureux des tests ADN, laquelle ne parvient pas à sortir de ses contradictions d'ENArques parisiens adeptes de la "pensée unique". Pensée insipide tout à fait digne de celle de la droite. Bockel (ex PS) sera tête de liste UMP aux municipales. La gauche est à droite, la droite est perdue. Tout le monde patine dans ce bourbier guignolesque, personne ne suit plus ce qui se passe vraiment, et allez expliquer ça à vos électeurs sur le terrain. Chaque jour, les médias effacent les discussions de la veille en ouvrant un nouveau chantier majeur, sans cohérence avec le reste. On en a le tournis.
Bref, personne ne sait où on va. Le barrage a laché, le flux est parti, rasant tout sur son passage sans distinction des tendances, des couleurs politiques, sans cohésion non plus. Les sondages suivent encore, mais jusqu'à quand ? Derrière cette tempête que personne ne peut plus arrêter, quelles sont les mesures structurelles qui vont débloquer notre pays ? Même en regardant à la loupe, pas grand chose. C'est vraiment une tempête dans un verre d'eau. Le vrai changement, ce sont les mentalités des Français, dorénavant prêts pour des changements plus radicaux. Il est temps que Nicolas Sarkozy comprenne que la confusion actuelle n'est pas seulement favorable au changement des mentalités, elle l'est aussi pour des mesures réellement audacieuses : vaste réforme du syndicalisme, simplification drastique du code de travail, ouverture du débat sur la sécurité sociale et notre modèle social, statut de la fonction publique.
Monsieur le président, vous avez du courage, vous avez de l'audace. Ayez aussi l'intelligence de faire les bonnes réformes derrière le brassage d'air actuel. Profitez de la confusion que vous avez instaurée vous-même !
16:55 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : Nicolas Sarkozy, réformes, grenelle de l'environnement |
|
|
Digg |
Facebook


![Validate my Atom 1.0 feed [Valid Atom 1.0]](http://aurel.hautetfort.com/images/valid-atom.png)







Commentaires
Aurel,
la plupart de vos propositions exprimées dans cet article sont incompatibles (et même antithétiques) avec le programmes du CNR (Conseil National de la Résistance) mis en place à la Libération mais conclu alors que la guerre n'était pas terminée.
Il va de soi que nous ne pouvons rompre avec ce programme sauf à insulter la mémoire de ceux qui ont combattus pour que vous et moi soyons libres aujourd'hui.
Ma question est donc : comment sortirez-vous de ce dilemme ? Comptez-vous un jour revenir sur vos propositions pour penser le seul libéralisme digne d'être pensé : celui qui s'intègre harmonieusement dans une société de solidarité et de justice sociale planifié par l'Etat ?
Écrit par : garderlecap | samedi, 03 novembre 2007
Cher ami, vous semblez victime d'un terrible malentendu.
Le libéralisme n'a pas à s'intégrer pas dans la société. La société devient progressivement libérale malgré le souhait opposé de ceux qui tiennent les rouages du système. En France, le mouvement de l'opinion est plus lent qu'ailleurs parce que l'éducation, la culture, la recherche et le journalisme sont longtemps restés sous la coupe idéologique du collectivisme d'après-guerre. Mais même dans notre pays jacobin qui aime les sauveurs, les esprits changent. Le "moins d'Etat" est pour bientôt, très bientôt. Je m'en réjouis, pas vous ?
Ensuite, une société de solidarité est à l'opposé du modèle d'aide planifiée d'Etat. La France est l'un des pays qui consacre la plus grosse part de sa richesse nationale à la prétendue "protection sociale", le résultat fait mal au coeur sur le plan humain et social. Vivement une société civile qui reprenne son destin en main, afin de structurer librement la vie sociale. Associative, culturelle ou caritative.
Écrit par : Aurel | dimanche, 04 novembre 2007
@garderlecap
Honorons la résistance, certes. Ceci dit, ça n'a rien à voir avec le mode de représentation des salariés dans les entreprises. Et encore moins avec la totale opacité des comptes des centrales syndicales.
Promis, dès que la France est à nouveau occupée, on remet en place le cartel des 5 centrales pour vous faire plaisir.
Écrit par : Nick de Cusa | dimanche, 04 novembre 2007
Aurel,
Vous écrivez un article pour regretter que Sarkozy recule devant des mesures libérales franches, et lorsque je vous questionne là-dessus, vous me répondez : "Le "moins d'Etat" est pour bientôt, très bientôt. Je m'en réjouis, pas vous ?"
Faudrait savoir...
Alors c'est pour bientôt ou pas ?? Vous pensez ce que vous dites dans l'article, ou bien ce que vous dites dans la réponse à mon commentaire ?
Ah la la, ces libéraux, sans Madelin ça patauge sec ;)
Écrit par : Garderlecap | lundi, 05 novembre 2007
Vous semblez réduire le temps au mandat de Sarko, et le changement aux seules décisions politiques. Vous ne croyez pas que c'est un peu limité ?
Écrit par : Aurel | lundi, 05 novembre 2007
Écrire un commentaire