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mercredi, 24 octobre 2007
De Guy se Môquet-on ?
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous.
Comment ne pas être ému par ces mots si simples d'un jeune garçon devant la mort ? Guy Môquet a été fusillé le 22 octobre 1941 avec 26 autres otages, un an après son arrestation (il n'avait alors que...16 ans) pour quelques tracts et des convictions communistes. Résistant de la première heure, héros du "parti des fusillés" comme le PCF le présente ? Malheureusement, la réalité est moins romantique. Aussi triste que soit son histoire, Guy Môquet reste avant tout une victime collatérale de la guerre comme tant d'autres.
Il n'est pas inutile de rappeler les causes de détention du jeune Guy Môquet. Il est arrêté par les autorités françaises dans le cadre du décret Daladier qui a dissout le PCF en septembre 1939 pour son soutien au pacte Germano-soviétique. En clair, le PCF est allié avec les nazis, il négocie même avec eux (doc intégral), notamment pour pouvoir publier L'Humanité. L'action du parti stalinien va du pacifisme militant jusqu'à des actes de sabotage contre notre appareil de production d'armement. Il constitue donc une menace pour notre patrie en ces temps de guerre. Pire. Une fois la France occupée, les communistes décident, sur ordre de Staline, de ne pas s'opposer à l'occupation allemande. Essayez d'expliquer à un voisin que le parti communiste a été le premier collabo de l'ennemi à l'époque, personne ne vous croira. Travail de l'Education Nationale ? Bon marketing de "la gauche de la gauche" qui s'évertue encore à faire du Che une idole ? Pourtant, c'est un fait.
Guy reste alors très jeune, trop jeune pour rester en prison une année entière. Mais alors que le Tribunal pour enfants et adolescents de la Seine a ordonné, en janvier 1941, qu'il soit « remis à sa mère, en liberté surveillée », un arrêté préfectoral d'internement administratif le renvoie à la prison de la Santé, puis à celle de Clairvaux. On peut dire que l'Etat français fait déjà bien son boulot à l'époque. Avec un Etat aussi efficace, les Allemands n'ont plus qu'à cueillir les otages selon leurs besoins. Guy Môquet périt en représailles à l'assassinat de Karl Hotz par trois jeunes militants communistes (qui ont manifestement désobéi aux ordres du parti, encore allié du Reich). Pris dans les contradictions d'une page sinistre de notre histoire, Guy Môquet disparaît tristement sans jamais avoir commis le moindre acte de résistance.
Pierre-Louis Basse nous propose un discours de vérité dans ce sens dans le Monde :
"Faire de Guy Môquet et de ses vingt-six camarades des "résistants de la première heure" relève de la téléologie, puisque la plupart d'entre eux ont été arrêtés en un temps où le PCF, pris dans la logique du pacte germano-soviétique, était tout sauf résistant. Après avoir mis au rayon des accessoires son antifascisme, condamné une guerre devenue "impérialiste" et appelé plus ou moins ouvertement au sabotage de l'effort de guerre au printemps 1940, le Parti a profité de l'effondrement militaire de la France et de la chute de la République bourgeoise pour prendre à l'été 1940 une série d'initiatives qu'aucun martyre ultérieur ne saurait effacer : tractations avec les autorités d'occupation pour la reparution de la presse communiste dont les arguments désormais connus donnent une idée du "patriotisme" du Parti."
Tout le monde trouve profondément choquant de voir un parti instrumentaliser le drame d'un jeune homme assassiné dans ces conditions avec la complicité de l'Etat français, surtout s'agissant du parti communiste, celui qui défendit si longtemps le boucher Staline et n'exprima jamais aucun regret pour ses dizaines de millions de victimes.
Mais voir un président de la république se saisir de l'affaire pour l'instrumentaliser à son tour en jouant sur la corde compassionnelle n'est pas plus glorieux. C'est certainement un coup de maître sur un plan tactique, au moment où la gauche doute, où Serge July se permet lui-même de défendre le courage de Sarko. Mais il entretient cette vision de l'Etat omniprésent et omniscient qui se permet de réécrire l'histoire et de l'imposer à nos enfants. Hier les colonies, aujourd'hui Môquet. Glorifier un jeune communiste, si triste soit son destin, n'est pas tolérable pour des parents attachés aux Droits de l'Homme et à la démocratie moderne. Est-il bien raisonnable de faire usage de pareilles idoles de pacotille, symboles d'une idéologie meurtrière, pour faire la nique à la gauche ?
Laissons le pauvre Guy Môquet reposer tranquillement, n'agitons pas sa mémoire pour des motifs déplaisants et, surtout, laissons l'école faire son travail. Voici une lettre bien plus instructive que tous nos enseignants et parents d'élève devraient lire attentivement :
Pourquoi je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet
Par Michel Ségal, Professeur de collège en ZEP.
Je suis enseignant de collège et je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet à mes élèves.
Je ne leur lirai pas parce qu'ils seraient bien incapables d'en comprendre le sens profond, et même d'en comprendre les mots qui la composent ; parce que notre école demande aux enfants de réinventer eux-mêmes les règles d'écriture ou de syntaxe. Je ne la lirai pas parce que depuis une trentaine d'années, l'école leur apprend le mépris du patrimoine et la méfiance du passé. Je ne la lirai pas parce que cette lettre me fait honte, honte de la maturité d'un adolescent il y a plus de soixante ans face à l'infantilisation construite par notre école de ceux du même âge aujourd'hui. Je ne la lirai pas parce que nos enfants ignorent les événements auxquels elle se réfère ; parce que notre école préfère par exemple demander à des enfants d'analyser des « documents » plutôt que de leur enseigner des dates et des événements. Je ne la lirai pas parce qu'il y a longtemps que l'école refuse de transmettre aucun modèle ; parce que notre école n'envisage plus les textes d'auteurs comme des exemples mais comme des thèmes d'entraînement à la critique. Je ne la lirai pas tout simplement parce que notre école a délibérément détruit l'autorité qui pourrait permettre une lecture et une écoute attentives.
Je ne la lirai pas parce que, même âgés de 16 ans, mes élèves ne sont que de petits enfants bien incapables d'appréhender son contenu et resteront sans doute ainsi toute leur vie : ainsi en a décidé notre école. Peut-être ne me croyez-vous pas car l'école que connaissent vos enfants ne ressemble en rien à celle que j'évoque ? En effet, j'ai peut-être oublié de vous préciser l'essentiel : je travaille dans une ZEP, c'est-à-dire là où peuvent être appliquées à la lettre et sans risque de plainte toutes les directives ministérielles, là où se préfigurent l'horreur et la misère du monde construit par notre école.
Non, Monsieur le Président, je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet tant que n'auront pas été engagées les réformes structurelles du ministère de l'Éducation nationale qui mettront fin à la démence toute puissante des instances coupables des mesures les plus destructrices de tout espoir de justice sociale, tant que n'auront pas été engagées les réformes pour que l'école cesse de conforter les enfants dans leur nature d'enfants, pour que l'école accepte enfin de remplir sa seule mission : instruire.
15:45 Publié dans Libertés individuelles, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
| Tags : Guy Moquet, Nicolas Sarkozy, parti communiste, réécriture histoire |
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Commentaires
Bravo pour ce texte aurelien!
Écrit par : christophe D | mercredi, 24 octobre 2007
Alors là, chapeau bas.
Ca c'est de la lettre !
Sur Guy Môquet : cela m'étonnait aussi qu'on puisse être à la fois communiste et martyr.
Cela fera sans doute réfléchir certains la prochaine fois qu'ils voudront faire un "éloge à la liberté"...
Écrit par : Landry | mercredi, 24 octobre 2007
Excellent ! Le titre, fallait le trouver, Aurel l'a fait !
Écrit par : Archilibéral | mercredi, 24 octobre 2007
Que vois-je? Purée j'ai exactement le même titre, incroyable
j'ai pas eu le temps de l'envoyer ce matin, pas grave, c'est vrai j'aime bien jouer avec les jeux de mot
Je ne sors pas mon article, car le tiens suffit amplement
Super, super
Aurélien, la victoire aux élect. est proche, moi je serais en vacances, si j'arrive à trouver un vol le 29
Bye et bon courage
Écrit par : ALAN DE BX | mercredi, 24 octobre 2007
j'avais pensé à "faut pas fumer le moquêt", mais bon, tout est dit ici, pourquoi en rajouter ?
Écrit par : vincent | mercredi, 24 octobre 2007
Un politicien imposant aux profs ce qu'ils doivent dire aux élèves rien de surprenant...Le jour oú l'éducation cessera d'être nationale et publique, ce problème cessera de lui-même.
Qu'un politicien de droite fasse lire de la littérature d'extrême gauche , tout ça n'est que très peu banal, la droite française n'a pas de caractère, le consensus politique est au collectivisme, la droite et l'extrême gauche y compris mangent à la même table.
Écrit par : Tremendo | jeudi, 25 octobre 2007
Il faut dire à ce professeur de collège en ZEP qu'il n'a jamais été question que la lettre de Guy Môquet soit lue en collège. Son texte est bien écrit, mais tombe complètement à plat. Le BO prévoyait la lecture de la lettre en lycée, pas en collège !
Pour le reste, la présentation que fait Aurel est un peu faussée.
Aurel rappelle à juste titre que Guy Môquet est fusillé pour quelques tracts et ses convictions communistes, sans qu'il ait participé à une action de résistance militaire.
Son exécution n'est est que plus horrible. C'est la liberté d'opinion et d'expression que les nazis et leurs collaborateurs voulaient interdire.
Au-delà de la polémique politicienne, on comprend que Guy Môquet puisse devenir un symbole républicain "oecuménique".
Surtout, ce qui est complètement passé sous silence dans le texte d'Aurel, c'est la volonté politique des dirigeants de Vichy d'en finir avec le Front Populaire en faisant assassiner des cadres de la CGT et du PCF.
La signature du pacte germano-soviétique n'est qu'un prétexte, Daladier en voulait à la CGT et au PCF qui avaient organisé la grève du 30 novembre 1938 contre la remise en cause du Front Populaire.
La liste des fusillés de Châteaubriant témoigne d'une forme de revanche de classe d'une partie de la droite radicalisée par le Front Populaire et qui participe à la Révolution Nationale.
Par ailleurs, l'idée d'un PCF qui s'engagerait dans la résistance seulement après l'invasion de l'URSS est complètement fausse. Que Duclos et d'autres aient cru pouvoir faire reparaître L'Huma, c'est une chose, mais à la base, dans les puits de mines, les délégués mineurs de la CGT qui étaient tous au PCF n'ont pas attendu le 22 juin 1941 pour résister, pour lancer des grèves et distribuer des tracts anti-allemands.
Écrit par : David Noël | jeudi, 25 octobre 2007
Bien la lettre de l'enseignant de collège, je comprends....
Mais je suis sceptique sur le final : "pour que l'école accepte enfin de remplir sa seule mission : instruire".
Ne devrait-on pas également donner à l'école une 2ème mission, tout aussi importante : développer la personnalité de l'enfant ?
Pour se construire, l'enfant a besoin d'autre chose que d'incurgiter une grande quantité de connaissances
Écrit par : Olivier | jeudi, 25 octobre 2007
@ Olivier :
Et les parents ? Ne doivent-ils servir à rien ?
Qui est le responsable des enfants ?
L'éducation nationale ou les parents ?
Écrit par : Landry | jeudi, 25 octobre 2007
Bien que ne partageant pas du tout les analyses du Parti communistes, j'approuve pleinement la mise au point de David Noël ... Le délire anti communiste a ses limites, surtout quand le PCF fait désormais moins de 2% des voix.
Écrit par : Jacques Heurtault | jeudi, 25 octobre 2007
"délire anti-communiste" ? C'est sérieux ? Staline, le maître du PCF de l'époque, a été un monstre digne de Hitler. Et le PCF encourageait les actes de sabotage pour aider l'Allemagne au nom du fameux pacte hitléro-comministe. L'histoire vous est-elle si étrangère que ça ?
Écrit par : Aurel | jeudi, 25 octobre 2007
"le PCF encourageait les actes de sabotage pour aider l'Allemagne au nom du fameux pacte hitléro-communiste."
Je ne suis pas d'accord avec ça.
La direction du PCF encourageait les actes de sabotage (une consigne qui n'a pas été suivie par nombre de militants) non pas pour aider l'Allemagne, mais bien parce que Staline et l'IC avaient imposé la théorie de la guerre inter-impérialiste.
Les dirigeants du PCF ont appréhendé la guerre de 1939 avec l'outillage mental de 1914-1918 : un affrontement entre deux impérialismes rivaux.
Evidemment, cette analyse était adaptée pour expliquer 1914 et la grève générale pacifiste pensée par Jaurès avait un sens.
En 1939, on était en face d'une Allemagne totalitaire dotée d'un projet génocidaire.
Nous, nous le savons, Aurel, mais en septembre 1939, les militants de l'époque ne pouvaient pas le savoir.
Le militarisme allemand, les Français connaissaient depuis Bismarck et Guillaume II, je ne suis pas sûr qu'en 1939, tous les Français aient saisi qu'il y avait une différence fondamentale entre le militarisme allemand et le totalitarisme hitlérien. Il n'y avait pas encore eu Hannah Arendt, on ne connaissait pas Auscwitz...
Le pacifisme du PCF était partagé par une partie de l'opinion publique et notamment par les anciens combattants.
Au moment où le PCF soutient la politique de l'URSS, la droite écrivait que les Français ne devaient pas "mourir pour Dantzig"...
Écrit par : David Noël | jeudi, 25 octobre 2007
David, les communistes de la base ont toujours été manipulés par les dirigeants qui prenaient leurs ordres de Moscou. Il serait temps de changer de parti...voire d'idéologie. Défendre les plus humbles, ce n'est pas au PCF que c'est possible.
Écrit par : Aurel | jeudi, 25 octobre 2007
Les paroles de David noel sont du délire, il faut etre de mauvaise foi pour nier la réalité de ce qu'a toujours été le PCF, une machine qui suit ses intérêts, une mafia collectiviste qui exproprie, qui pour défendre ses intérêts a collaboré avec Hitler, et a soutenu des ordures tels que Staline, Mao, Pol Pot, et continue a soutenir aujourd'hui Castro, Chavez ou la Corée du nord. Il continue de mentir dans un autre pays semi-communiste :la France.
On ne recense dans l'histoire, aucune autre ordure aussi monstrueuse, responsable directement ou indirectement d'autant de morts, de vols et de mensonges que le communisme.
Qu'on vienne pas me dire que certains communistes n'étaient pas d'accord avec la direction du parti en 39-40, le communisme est un tout, une collectivisation des idées oú l'individu se fond pour ne plus avoir d'idée propre à lui-même, dépourvu de cerveau, il doit penser comme tout le monde.
Écrit par : Tremendo | vendredi, 26 octobre 2007
Salut Aurel,
Marrant on avait presque trouvé le même titre pour la même affaire ;).
Bon courage pour la suite et à bientôt à Flandrin,
Jean-Bernard
Écrit par : Jean-Bernard | vendredi, 26 octobre 2007
S'il y a bien un anti-communisme délirant c'est celui de G Dantec face à Mélenchon.
Dantec connu pour certaines de ses positions fascisantes en parculier envers l'islam amalgame la gauche républicaine en la tenant responsable du bolchévisme et du national-socialisme.
Face à lui Mélenchon n'a pas la langue dans sa poche:
http://www.dailymotion.com/video/x300j4_fogpartie2clash-melenchonmaurice-g_politics
Écrit par : Aurélien | samedi, 27 octobre 2007
S'il y a bien un anti-communisme délirant c'est celui du fascisant G Dantec face à Mélenchon, l'héritier de Chevènement:
http://www.dailymotion.com/video/x300j4_fogpartie2clash-melenchonmaurice-g_politics
Écrit par : Aurélien | samedi, 27 octobre 2007
S'il y a bien un anti-communisme délirant c'est celui du fascisant G Dantec face à Mélenchon, l'héritier de Chevènement:
http://www.dailymotion.com/video/x300j4_fogpartie2clash-melenchonmaurice-g_politics
Écrit par : Aurélien | samedi, 27 octobre 2007
"Guy Môquet périt en représailles à l'assassinat de Karl Hotz par trois jeunes militants communistes (qui ont manifestement désobéi aux ordres du parti, encore allié du Reich)."
J'aime bien la dernière partie de la phrase, et ce que j'aime plus que tout dans cette dernière partie, c'est les paranthèses. La rhétorique d'Aurel voudrait être celle de Prof ou de Grincheux, mais elle n'évoque au final que Simplet. Mettre entre paranthèses les 12 mots qui ruinent l'ensemble de son billet délirant, c'est absolument délicieux.
David Noël : vous sauvez l'honneur de ce blog par vos précisions, mais vous perdez sans doute votre temps ici. Le déshonneur est allé trop loin, et cet article marque assurément un point de non-retour.
Peut-être qu'un jour, vous et moi Aurel, ou un autre comme vous et un autre comme moi, nous serons face à face, au corps à corps, pour nous battre pour notre conception du monde et de la justice. Et ce jour là, je (ou celui qui sera à ma place) saura ce souvenir de ce qu'il y a dans ce texte, et de ce qu'il y a dans vos coeurs de pierres.
Et ce jour-là, il n'y aura pas de cadeau.
Écrit par : Mohali | samedi, 27 octobre 2007
Bravo :)
Le titre me fait bien marrer ! :D
Écrit par : Pierre-Yves | lundi, 29 octobre 2007
Bonsoir,
petit-fils d'un homme que l'Occupant allemand a fussillé en juillet 1944, et chef de file des Nouveaux Libéraux d'Alternative Libérale, j'ai souhaité de tout coeur, m'associer à la célébration du jeune Guy Môquet, communiste ou pas, un jeune homme intelligent et sensible victime d'un crime de guerre.
Il est bon de nous souvenir de ces victimes de la guerre et d'une Occupation que des politiciens incompétents ont permis
à force de bêtise.
Écrit par : Christian Person | mardi, 30 octobre 2007
Hé, salut Aurel
Juste deux précisions:
- Guy Moquet est arrêté par les autorités françaises, certes, mais il est fusillé par les nazis, directement, et mêmes pas par les autorités de Vichy qui ne l'avaient pas retenu d'abord, en représaille à l'attentat de Hotz. Tu comprendras que si les nazis ont maintenu les communistes en prison c'est que, peut être, ils ne s'entendaient pas si bien que ça avec eux.
C'est à ce titre que De Gaulle le décore a titre posthume en 1944 - c'est le plus jeune fusillé par l'Allemagne nazie.
- Guy Moquet est un symbole - récupéré, ce n'est pas la première fois, George Marchais l'avait déjà fait pour son compte, je pense que Sarko s'en souvient - parce qu'au moment où il est fusillé, les communistes sont au même titre que les gaullistes de l'époque, les quelques rares résistants français. Ce n'est pas pour rien si De Gaulle avait cette certainne complaisance/tolérance envers eux.
Sache que Pierre Georges alias Colonnel Fabien était un FFI, un communiste, et aussi membre des brigades marxistes internationales ( soit souvent des ennemis du PCF ).
Donc inutile de comprendre l'histoire avec l'étiquette que l'on colle sur les gens, mais plutôt quel est le sens de leur combat car bien souvent il se décolle des idéologies et des clichés.
Des les années 20 il y a des communistes qui sortent du parti parce qu'ils ne sont pas d'accord avec Lénine.
Donc en 40, il est clair qu'il est très facile de sortir du parti et d'interpréter d'une autre façon le bon sens de la lutte que la voie officielle, c'est ce qui se passe.
On ne saura jamais si Guy Moquet aurait fait ce choix - car certains ne l'ont pas fait, et sont passés du PCF à la Milice - mais en le fusillant les nazis ont fait de lui le symbole qu'il est, la libération, les résistants de l'époque, communistes ou pas, l'ont célébré en ce sens, et aujourd'hui tous les démagos veulent mettre sous leur banderolle un jeune mec de 17 ans qui n'avait pas eu le temps d'en choisir clairement une.
Les faits, les executions commandés par le Reich, ont fait l'histoire...
Ce qui ne va pas avec Sarko, c'est qu'il fustige tout communiste d'un coté et qu'il se sert - en jouant sur la corde de la Nation - de Guy Moquet, hors il ne peut pas occulter l'aspect éminement marxiste de l'engagement de Guy Moquet qui n'a même pas vraiment résisté. De Gaulle prenait en compte le fait qu'il était communiste, tout en sachant ce qu'il symbolisait, car dans sa lettre Guy Moquet fait bien référence à la patrie, à la France, et n'est pas qu'un jeune communiste lambda.
Maintenant, il est dfficile d'exister au-delà d'une seule étiquette. Vous êtes libéral, communiste, socialiste, écolo, apolitique..., et tout ça semble s'opposer radicalement à partir du moment où l'ont va un peut trop loin dans la défense d'une idée. Bien malin celui qui parvient à récupérer le tout.
Aujourd'hui, celui qui a le pouvoir n'a pas d'étiquette, pour les avoir toutes, et ne rien pouvoir en faire.
Écrit par : Dovobo | lundi, 05 novembre 2007
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