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jeudi, 27 septembre 2007
Birmanie : bonze attitude & répression
Il y a quelques années, j'ai passé 3 semaines au pays des dix mille pagodes. Ce fut l'un des plus éblouissants voyages de ma vie. Sac au dos (et dollars dans les chaussettes, car tout se paye en cash là-bas), la découverte de cet univers extraordinaire m'a beaucoup marqué : lac Inle, grotte aux mille bouddhas, Mandalay, Pagan et Mrauk U (par Sittwe) plus sauvage, ce pays est rempli de pépites (ainsi que de pavot et de rubis pour les vilains curieux qui cherchent des ennuis). Les Birmans furent partout très chaleureux, compensant la froide arrogance des militaires omniprésents. Encore aujourd'hui, à la simple pensée de ce pays, des hommes et des femmes avec lesquels j'ai pu échanger, je ressens toujours une forte émotion.
Peu de temps après mon retour, une sérieuse discussion m'opposa à une tante qui me reprochait d'avoir ainsi cautionné le régime. Elle défendait le boycott mis en place depuis la féroce répression de 1988, qui fit 3.000 morts (à ce sujet, il faut voir ce film émouvant de Boorman : Rangoon). Au contraire, je défendais la thèse que rien ne justifiait qu'on laisse le peuple birman dépérir si longtemps pour faire tomber un régime qui, manifestement, ne tombe toujours pas. Par ailleurs, d'autres pays tout aussi terribles sont très touristiques, tels la Syrie, sans que cela ne choque personne. En tout cas pas elle qui venait d'y passer d'excellentes vacances. La Tunisie constitue un autre exemple de pays autant réputé pour ses plages que pour sa brutalité à l'égard de tout zeste d'opposition politique. Nos tour-opérateurs n'en sont pas moins friands et les Tunisiens ne s'en plaignent pas.
Sans avoir de réponse toute faite sur la question, ces souvenir contrastés sont brutalement revenus avec la contestation récentes des bonzes et la répression qui s'ensuivit rapidement. Misère et frustration sont sans doute à l'origine du mouvement. Les autorités ont d'abord fait la sourde oreille. Encore aujourd'hui, le quotidien officiel, The Myanmar Times, n'évoque pas ces incidents. La revue The New Light of Myanmar parle de "saboteurs qui forceraient des familles à manifester". Mais l'armée a vite commencé à réagir devant l'expansion rapide du mouvement. Le prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi, toujours emprisonnée depuis qu'elle a remporté des élections démocratiques en 1990, a vu l'armée renforcer la surveillance autour de sa villa. La porte-parole de l'opposition, Myint Thein, a été incarcérée avec plusieurs cadres du parti d'Aung San Suu Kyi. Les militaires quadrillent les rues et procèdent à des centaines d'interpellations, souvent avec brutalité.
Mais cette fois, il y a Internet. La Birmanie délivrant les visas au compte-goutte et n'hésitant pas à fermer ses frontières, il est très difficile d'obtenir des informations locales précises. Dorénavant, des journaux en ligne nous informent des évènements au jour le jour, des vidéos de la répression sont mises en ligne sur youtube ou dailymotion. Le régime ne peut plus dissimuler aussi bien les exactions qu'il commet. Aussi la Chine, grand allié de la junte, a-t-elle commencé à exprimer son désir de calme à la veille des jeux olympiques. Avec sa responsabilité déjà mise en cause dans le génocide du Darfour, la situation deviendrait critique si un bain de sang avait lieu en Birmanie.
Alors que nous n'en sommes qu'aux préliminaires, il y a déjà 5 morts, dont un photographe japonais, et les barricades ne cèdent pas dans le centre de Rangoon (le gouvernement, dans sa paranoïa, venait de transferrer la capitale dans une ville fabriquée de toutes pièces à 145 km de là). Les moines, très proches de la population dont ils dépendent totalement, ont très vite été rejoints par la foule et les étudiants après avoir lancé la contestation. Le rapport de force monte en pression. En saccageant les monastères, l'armée prend dorénavant le risque de faire basculer la population encore passive. Dans ce pays bouddhiste très pieux tenu par des généraux psychopates qui font appel à des numérologues pour leurs décisions, la situation est explosive. "Go home or be shot", difficile de ne pas craindre le pire avec cette annonce des autorités.
J'ai eu la chance de voir la réalisation de ce court métrage par Julien Baillargeon, jeune artiste talenteux qui a réalisé cette scène chez lui pour l'association asskforfreedom.org.
Quelle figure pour porter les couleurs de cette révolte populaire ? L'opposition, même muselée, dispose tout de même d'autres têtes, notamment le Dr Sein Win qui vit aux Etats-Unis, et qui vient d'être reçu par Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, il est possible de faire bouger les choses en soutenant ce mouvement populaire : une grande mobilisation massive peut inciter les gouvernements occidentaux à faire pression sur la Chine afin qu'elle accompagne fermement la junte vers une sortie honorable mais pacifique. En signant la pétition suivante (j'en suis seulement le 3172eme signataire) et en écrivant à nos député, nous pouvons faire changer le cours de l'histoire de la Birmanie. Comme l'écrit parfaitement bien Bruno Frappat :
Les dictatures ne craignent rien tant que la publicité donnée à leur existence, à leurs crimes, à leur illégitimité. Elles détestent la lumière. Pesons donc de tous nos regards: c'est notre seule arme. Il faut regarder les dictateurs dans le blanc des yeux.
Rappelez-vous que les médias sont interdits en Birmanie. Je ne crois pas que ce reportage pour la BBC ait été réalisé ouvertement. Chaque prise d'image est un risque pour celui qui les prend. Un photographe japonais a d'ailleurs été tué par l'armée. Malchance ?
Note : moi qui voulait emmener ma petite famille dans ce beau pays, je vais vraiment devoir attendre le départ de la junte après ces évènements qui font reculer le peuple birman jusqu'à l'année sanglante de 1988.
07:55 Publié dans Dans le monde, Libertés individuelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Birmanie, Myanmar, junte militaire, Aung San Suu Kyi
mercredi, 26 septembre 2007
Je suis un Républicain libertaire
C'est ainsi que se définit l'une des personnalités les plus influentes dans le monde. Pythie des marchés, ses phrases sont toujours décortiquées et chacun de ses mots étudié avec le plus grand soin. Même à la retraite, ses commentaires ont un impact mondial. Je vois en lui l'un des plus actifs promoteurs de la pensée libérale par son opposition aux réglementations et sa défense constante du gouvernement minimum et de la baisse de la pression fiscale. Il préfère Reagan à Clinton, et Clinton à Bush : "Le président Bush aurait pu faire des choses merveilleuses avec tous ces atouts. J’ai été attristé de voir que les républicains ont oublié leur programme de réduction de la taille du gouvernement, d’encouragement de la concurrence et de réduction des taxes et des dépenses publiques, pour choisir de conforter leur pouvoir. À la fin, ils ont tout perdu ".
A l'occasion de la publication de ses mémoires, largement commentés partout dans le monde, "Al" en profite pour distribuer ses bons points et ses mauvais points aux pays qui l'accueillent et pour donner ses recommandations. Dans une interview donnée au Figaro, il parle de la France : " J’admire la France pour beaucoup de raisons. Il est clair que votre histoire est plus longue que la nôtre. Ma femme adore Paris. Le Louvre est sans égal. Je comprends que les Français jugent que leur civilisation est supérieure à la nôtre. ". Cette gentille condescendance vient après un discours plus franc : "seules des hausses de productivité assurent la progression du niveau de vie.
Pour en arriver là, il faut un processus efficient d’allocation de capital. Celui qui fonctionne le mieux est celui du marché libre. Naturellement, cette «destruction créative» est extrêmement pénible pour les individus qui sont du côté des perdants. ".
Les seules réponses aux effets négatifs mais inéluctables de cette destruction créatrice, ce sont l'enseignement, la formation et une grande mobilité sociale. En protégeant les entreprises en déclin, nos gouvernements bloquent ce processus nécessaire et font du chômage de masse une fatalité, avec toutes les conséquences sociales, culturelles et économiques qui en découlent mécaniquement : "Les champions nationaux sont certes très utiles pour stimuler la conscience nationale d’un pays. Mais si l’État se met à protéger une société vieillissante, il prend le risque de soutenir une firme qui, laissée aux forces du marché, disparaîtrait logiquement. (...) Naturellement, je sais que les États-Unis protègent aussi certaines de leurs firmes ou certains de leurs secteurs. Et je pense que c’est une grave erreur. Les Britanniques sur ce point sont plus vertueux que l’Amérique et la France."
Laisser les entreprises disparaître permet d'en laisser de nouvelles se développer et renouveler les produits et les prestations dont le plus grand bénéficiaire final est le consommateur. Nous perdons notre industrie ? "l’industrie manufacturière, ce n’est pas un secteur d’avenir. L’avenir est dans les idées qui servent à concevoir des produits." nous répond aussitot Greenspan. Mais un tel laisser-faire exige un système scolaire, universitaire et de formation continue de grande qualité. Pour disposer d'établissements adaptés, il est nécessaire de favoriser la meilleure émulation entre eux au travers d'un marché libre de l'enseignement et de la formation. L'Etat doit se désengager de ces domaines bien trop importants pour lui en laisser la supervision.
En tout cas, en lisant ses écrits, je me sens un peu, à mon tour, républicain libertaire.
07:30 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Alan Greenspan, libertarien, libéralisme, parti républicain
mardi, 25 septembre 2007
Politique anti-immigration, une obsession malsaine du gouvernement
"Ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement" (concept sulfureux) confié à Brice Hortefeux, loi relative à l'immigration du 25 juillet 2006 (la 4eme en 4 ans !), tests ADN (contestables) et, maintenant, division par deux du délai de recours contre les décisions de l'OFPRA pour les réfugiés qui demandent le droit d'asile. Difficile de comprendre cette obsession anti-immigratoire du gouvernement Fillon Sarkozy. Certes, notre président a choisi de prendre en compte les peurs révélées (et instrumentalisées) par Le Pen pour terraser la bête et récupérer son électorat. Bon, cela relève du jeu démocratique. Mais attention, les sondages confirment que les Français n'apparaissent pas hostiles à l'immigration. Au contraire. Ce sondage réalisée fin 2006 par le Financial Times/Harris montre même que notre pays est le plus ouvert sur ce sujet. Notamment concernant les clandestins, 40 % des sondés y déclarent qu'ils souhaitent qu'on leur offre une chance de rester légalement (contre 32 % pour le renvoi pur et simple, ce qui n'est pas marginal...mais minoritaire).
Du point de vue libéral, rien ne justifie l'interdiction faite aux individus de se déplacer librement d'un pays à l'autre, tant que ceux-ci respectent les droits d'autrui. L'humanité a besoin d'échanges culturels, sociaux et économiques. Visages nouveaux et idées neuves favorisent le développement et la croissance. Les pays les plus dynamiques ont une approche beaucoup plus positive de la question, car ils savent que ce sang neuf peut largement alimenter la croissance et poser des ponts avec des pays partenaires. Espagne, Etats-Unis, Irlande ou Hong Kong cherchent activement des migrants pour leur force de travail.
Le noeud de blocage français, c'est donc sur notre modèle social. La sclérose de notre économie, la gestion ghettoïsée du logement, notre école inadaptée, la lutte de plus en plus acharnée contre le travail des clandestins et les multiples interventions publiques, tout est mis en oeuvre pour bloquer l'accès au travail à ces nouveaux arrivants, pour les enfermer dans la précarité et la dépendance. Lorsque des familles en situation difficiles voient arriver des populations étrangères aidées, difficile d'éviter le ressentiment. Surtout quand le poids des aides à ces nouveaux arrivants grimpe : sécu, logement, école pour les enfants, aide sociale. Evidemment, ces sommes financées par l'impôts peuvent être vues comme un investissement dans l'avenir, les familles rejoignant naturellement les forces vives du pays et devenant à leur tour des contributeurs au système. Pourtant, ce n'est pas si simple ni si facile.
Ces motifs obligent hélas notre pays à freiner les flux d'individus qui viennent s'installer sur le territoire national. En attendant que notre croissance reparte, libérée de ses boulets actuels. Est-ce une raison pour en faire autant ? Pourquoi multiplier les signes d'un repli identitaire nauséabond ? Si nombre de libéraux avouent leur écoeurement devant cette tendance de la majorité, je constate que des Sarkozystes historiques commencent aussi à avoir du mal. Ainsi ai-je été heureux de lire sous la plume de koztoujours :
Je n’ai pas voté pour Nicolas Sarkozy en raison de sa politique d’immigration. J’ai voté pour lui malgré certains propos.
[...]
Je refuse un certain angélisme sur le sujet, j’admets que l’on puisse souhaiter réguler l’immigration, ne fais pas de bonds à l’évocation d’une “immigration choisie“, et ne suis pas choqué par principe par les reconduites à la frontière… mais ne ressens pas spécialement l’urgence qu’il y a à consacrer tant d’énergie à la question.
Et il y a certaines “convictions” auxquelles je commence à être profondément lassé de me trouver, même très indirectement, associé.
Il serait temps que cette prise de conscience finisse en pression réelle sur cette majorité élue. Libérons rapidement la croissance, laissons l'emploi repartir, mais ne faisons pas de la vie humaine un enjeu électoraliste. les premiers coupables de ces difficultés (que je ne nie pas), ce sont les politiques qui ont mis en oeuvre une politique collectiviste depuis des décennies. Il devient urgent de mettre en oeuvre les grandes réformes libérales qui ont transformé tant de pays dans le monde !
18:37 Publié dans Economie, Libertés individuelles, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Loi sur l'immigration, Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, OFPRA, tests ADN
"Grenelle de l'environnement" : une ratatouille de prohibition et d'Etatisation
Les associations qui travaillent au "Grenelle de l'environnement" fourmillent de projets, et Jean-Louis Borloo adore cette agitation chaotique d'idées. Ivresse de l'esprit, pouvoir de la gachette. Dans cette ambiance hautement productive en mauvaises propositions, attendons-nous au pire. Cette poussée démagogique a déjà incité Borloo à annoncer très sérieusement «un gel de la commercialisation des semences OGM». Avec comme conséquence implicite : l'arrêt des poursuites à l'encontre des "faucheurs volontaires", cette Inquisition moderne qui pratique le vandalisme au nom d'un obscurantisme intolérant.
Laurent Wauquiez a corrigé le tir en avançant sur Europe 1 que «La question fait partie des sujets qui sont sur la table du Grenelle. On est toujours dans le processus de concertation […] Il n’y a pas de décision arrêtée à ce jour». Trop tard, le mal est fait. On sait qu'avec Borloo, tout est possible. Ségolène Royal applaudit dans la confusion tandis qu'un député PS d'une circonscription affichant 1500 ha de maïs transgénique, quitte la table comme l'a fait la FNSEA, estomaquée par la méthode Borloo et son «coup de canif dans le contrat.».
Aujourd'hui, c'est au tour du monde de la pub de trembler. La nouvelle attaque en règle des associations qui préparent ce Grenelle de l'environnement le concerne directement. Le BVP, organe d'autorégulation composée de représentants d'annonceurs, de médias et d'agences, devrait selon eux être remplacé par une instance publique, un CSA de la pub chargé de la censure, des interdictions de ce qui contreviendrait au dogme vert. Cette mise sous tutelle du monde de la pub ne semble pas déplaire à Borloo. Cet homme aime autant la censure et l'interdiction qu'il a promu des mesures d'intervention massive dans ses ministères antérieurs. Keynes, pour lui , c'est de l'ultra-libéralisme. Les associations qui, sous couvert d'environnementalisme, prônent une collectivisation agressive de notre pays (qui ne l'est pas encore suffisamment à leur goût), ont trouvé en lui le meilleur avocat du moment, et ce aux frais du contribuable.
Allez, un petit remontant s'impose. Pour vous remonter le moral, allez voir ce bijou si vous ne l'avez déjà fait : Ratatouille. Et si vous ne vous sentez pas d'y aller seul, prenez vos enfants ou des neuveux avec vous. Vous rirez autant qu'eux. Ce dessin animé est digne des premiers Walt Disney, à la morale simple et belle. Avec une touche destinée aux adultes. Ici, cette aventure gastronomique propose une morale toute libérale : "tout le monde peut y arriver". Ca ne vaut pas Pascal Salin, mais c'est fort reposant dans ce monde de brutes...collectivistes.
07:20 Publié dans Economie, Environnement, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Jean-Louis Borloo, grenelle de l'environnement, Ratatouille, Pixar, faucheurs volontaires
mercredi, 19 septembre 2007
Sarkozy à l'assaut de la fonction publique
A Nantes, Nicolas Sarkozy est passé à la vitesse supérieure en recentrant ses réformes. Son discours, d'un classicisme impeccable, a mis sur la table des éléments lourds et structurants de l'aspect le plus libéral de son plan de route : la réfome de la fonction publique. Son plan "service public 2012" évoque un "nouveau pacte entre fonctionnaires et citoyens". En précisant vite sa pensée : opposé à "notre gestion par corps, à notre gestion cloisonnée", il demande la mise en place d'un "droit à la mobilité reconnu pour chaque fonctionnaire de France". Soit, plus précisément, l'individualisation des carrières, l'accès à la formation continue et, surtout, le choix "entre le statut de fonctionnaire ou un contrat de droit privé négocié de gré à gré". Sous-entendu implicite : abolition des concours comme mode de recrutement. Il fallait oser. Il l'a fait. Bravo pour cette audace. Certes, j'aurais préféré un acte plus radical, mais je suis déjà positivement surpris par cette attaque en règle de l'immobilisme ancien prôné par nos syndicats hélas aussi minoritaires que conservateurs.
En cherchant à introduire une "culture du résultat" dans la fonction publique, il ouvre la voie à une véritable révolution des mentalités. Suggérant "que l'on abandonne la composition strictement paritaire des instances de dialogue social" de la fonction publique, "comme on l'a fait dans la fonction publique hospitalière", il souhaite que la rémunération des agents, comme les carrières, ne dépendent plus de commissions paritaires bloquées par des "partenaires sociaux" qui n'ont de représentatifs que le titre. Autre révolution.
Maintenant que le débat est lancé, les tabous ont des chances de tomber. Les syndicats tenteront de bloquer les avancées obtenues dans l'opinion par cette audace réformatrice. Mais sans doute sans réel effet. Grâce au travail d'associations comme Contribuables Associés ou Liberté Chérie, les mentalités sont de plus en plus acquises à ces changements. Observons la réaction des syndicats, pour le moment tétanisés, et soyons vigilants pour que cette percée aboutisse et ne donne pas lieu à une reculade comme, en son temps, le duo Juppé-Chirac. C'est le moment de nous battre pour que, le plus rapidement possible, le statut de la fonction publique disparaisse de notre pays comme il l'a fait partout ailleurs. Les employés de l'Etat y sont très satisfaits et l'Etat y fonctionne toujours un peu mieux au terme de pareille réforme.
22:30 Publié dans Société, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (92) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, discours Nantes, fonction publique, statut de fonctionnaire
3 % de croissance, chiche ?
- La profondeur de nos difficultés est sous-évaluée.
- La stratégie du mandat n'apparaît pas dans sa globalité.
- Si la France doit être pleinement épanouie dans le monde d'aujourd'hui, comment justifier l'évocation de l'exception française, l'invocation de la préférence communautaire, la mise en cause de la BCE ?
Ce qui, dans cette hypothèse de la continuité politique, caractérise Sarkozy, c’est donc moins l’originalité que le professionnalisme. Exactement comme Jacques Chirac qui fut longtemps son modèle, Sarkozy est énergique, ambitieux, déterminé ; jamais, il n’a dissimulé sa volonté de gagner. La politique, pour lui, c’est gagner ; en dehors de la politique, on ne lui connaît pas d’autres passions.
Mais, à ce tableau d’un Sarkozy bonapartiste et peu innovant, on peut en opposer un autre qui laisserait croire en une mutation de l’Etat et de la société.[...]Nous voici donc avec deux Sarkozy au lieu d’un, personnage ambigu, opportuniste ou personnage complexe ?
Nous voici donc avec deux Sarkozy au lieu d’un, personnage ambigu, opportuniste ou personnage complexe ?[...]S’il m’appartient d’anticiper avant que les événements n’en décident, je ne choisirais pas entre les deux Sarkozy ; car l’ambivalence du personnage est le miroir de la complexité française, d’une France qui mue, en profondeur, du patriotisme au mondialisme et de l’étatisme au libéralisme.[...]À trop regarder la vie politique, on finit par oublier que la société bouge plus vite que l’Etat et que les politiciens courent derrière ce changement. Sarkozy, je crois, a compris cela et il paraît bien décidé à ne pas se laisser dépasser.
- Un Etat plus réduit dans son périmètre et plus efficace dans son fonctionnement, ce qui passe par la suppression de statut spécifique de fonctionnaire.
- Ficalité simplifiée et allégée.
- Abolition des monopoles et corporations qui limitent l'accès à de vastes secteurs d'activité.
- Code du travail simplifié pour donner la priorité à la négociation.
- Réforme de notre modèle social, retraites et assurance santé.
Allez, monsieur le président, encore un effort. De la cohérence, de la consistance et du courage sont les conditions du succès de votre politique. En multipliant les mesures qui captent l'attention d'un public hypnotisé, vous risquez de vous perdre, et le pays avec, dans des élucubrations stériles.
07:50 Publié dans Economie, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Nicolas Sarkozy, croissance, Guy Sorman, Sarkonaparte
mardi, 18 septembre 2007
Comment Jose Pinera mit en place la réforme des retraites au Chili
Cécile Philippe, présidente de l'Institut Molinari, est à l'origine d'une rencontre extrêmement enrichissante avec une grande personnalité réformatrice du monde moderne. Lundi soir, en présence de Pascal Salin, d'Edouard Fillias, de Sabine Herold, de Vincent Ginocchio et de militants libéraux, nous avons eu droit à un passionnant échange avec Jose Pinera, ancien ministre du travail du Chili. Dans un contexte de grande tension à la sortie de la guerre civile, il a su transformer un modèle social archaïque en un système responsabilisant et dynamique. Résultat : le Chili a rejoint la communauté des pays riches en vingt ans de forte croissance ininterrompue.
Première étape, réformer l'environnement syndical conjointement avec le marché du travail. Il rétablit la liberté syndicale, suspendue depuis 1973, et va jusqu'à défendre un responsable syndical, Manuel Bustos, contre les généraux en 1981. Dans le même temps, il rend les syndicats responsables de leurs actes. Ceux-ci ne disposent alors plus du monopole de la représentation des salariés, ne peuvent plus prendre en otage le pays comme nos cheminots ou nos postiers. Le marché du travail devent soudainement bien plus flexible, les embauches se multiplièrent comme jamais auparavant.21:50 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Jose Pinera, Chili, réforme des retraites
vendredi, 14 septembre 2007
Les ménages américains sont riches
20:00 Publié dans Dans le monde, Economie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ménages américains, endettement.
Coup de coeur pour Bill Shannon
Au milieu d'un numéro plutôt décevant de Tracks, entre un groupe consternant (Converse) et un reportage sur des activistes tristounets d'extrême gauche, un clip m'a réjoui. Même pas annoncé sur le programme de l'émission. Cette perle de Bill Shannon, l'un des plus fameux danceurs en béquilles ("clutch break dancers") parait-il, était tout simplement bluffante. Sur son site, un peu plus d'info sur cet artiste ainsi qu'une sélection de danses tout bonnement éblouissantes de prouesse technique !
Il est assez présent sur youtube ou dailymotion. Dans l'immédiat, voici un bon reportage sur son travail :
Et voici le clip bijou :
07:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bill Shannon, clutch, break dance, béquilles
jeudi, 13 septembre 2007
Sectus Politicus au Centre
Chaque mois qui passe, la vie du Centre ressemble à un épisode de Dallas. Ambiance assassinat et trahison. Après la fission peu cordiale du centre, nous disposons de deux centres. Belle innovation D'un côté, le Modem navigue heureux, comme si de rien n'était. Alors que sa présence se fait discrète sur la scène médiatique, il annonce attirer les adhérents par dizaines de milliers. Entre un PS qui se disloque, une extrême gauche qui se saborde et un Sarko omniprésent, cette formation encore inclassable ne trouve pas vraiment sa place dans les médias. De l'autre bord, le Nouveau Centre n'existe que par son capitaine improvisé devenu ministre. Comment le centre en est-il arrivé là ?
Jusqu'à ce que Bayrou prenne sa hache pour trouer les cales du navire UDF entre les deux tours de la présidentielle, les dirigeants du parti n'avaient pas trop osé élever la voix contre lui. Seul Gilles de Robien avait pris ses distances en critiquant durement son opposition systématique à la majorité, pour une motivation essentiellement électoraliste. Sa propre candidature à la présidentielle. Certes, Bayrou portait l'espoir d'une alternative à la vision populiste et dirigiste de Sarkozy. Ouverture et décloisonnement de notre système sans sa vision sécuritaire et répressive. A l'époque, nombre de blogueurs influents ont défendu ses couleurs pour échapper à une droite conservatrice et à la gauche la plus archaïque d'Europe. Coalition sans succès. Moi-même, j'ai vu en Bayrou cette échappée enthousiasmante. Avec Alternative Libérale, j'ai défendu sa candidature avec ardeur. J'y ai cru jusqu'au bout. Jusqu'à ce qu'il apparaisse pour ce qu'il était, comme le raconte Jean Arthuis dans une interview éclairante sur les raisons de l'éclatement du centre :
La gouvernance mise en pratique par François Bayrou est aux antipodes de la démocratie. On a assisté à une centralisation du pouvoir, à une dilution des responsabilités [...] On ne gère pas un parti comme on anime une secte.
Tout en reconnaissant que Bayrou portait un projet crédible, Jean Arthuis reste manifestement sous le choc de la dérive après le 1er tour :
Il faut qu’il sorte de sa vision messianique qui nourrit les illusions et conduit à l’isolement.
Sur son blog, on trouve une illustration supplémentaire de la dérive autocratique de Bayrou en juillet :
La gouvernance de l’UDF prend une bien étrange direction. C’est ainsi que 80 noms viennent d’être rayés du Bureau politique, arbitrairement, hors de toute procédure statutaire.
La déception a été grande pour nombre de ceux qui l'ont soutenu. Aujourd'hui, le radeau semble surtout attirer les rebuts de partis en déliquescence. Notamment les verts, secoués par plusieurs ralliements au Modem. A Marseille, à Lyon ou à Paris pour ne citer que ces noeuds de la scène politique, le Modem se rapproche doucement du PS pour préparer un affrontement en ligne de la majorité. Au prix de quelle compromission ? Parviendra-t-il à maintenir sa lisibilité auprès de son public de centre droit, à défendre ses valeurs historiques "sociales, mais surtout libérales et européennes" ? Enfin, des militants déçus critiquent déjà la direction autocratique du Modem qu'ils jugent trop bas débit. Ce "radeau de la méduse"-là risque fort de se disloquer définitivement.
L'autre radeau, c'est le Nouveau Centre. Hervé Morin, récompensé pour son ralliement à Sarko par le portefeuille de la défense. Il tente laborieusement d'y recomposer l'UDF d'avant la fracture : « L'ÉTIAGE, c'est celui de l'ancienne UDF, c'est-à-dire entre 20 000 et 25 000 militants ». Ces adhésions sont d'autant plus vitales que le Nouveau Centre, n'ayant pas obtenu les 1 % fatidiques dans au moins 50 circonscriptions aux législatives, ne bénéficie d'aucun financement public. Mais même à poil, ce centre ne manque pas de classe. Un ministre de la Défense, le fameux Christian Blanc (qui pourrait briguer la présidence de ce parti), Jean Arthuis figurent parmi les têtes prestigieuses des survivants à la déflagration thermo-Bayrouesque.
Jean Arthuis se prend pour un conseiller matrimonial et rêve d'une recomposition du centre historique. Personne n'y croit. Le Modem est au service d'un homme, Bayrou, tandis que le Nouveau Centre, en tentant de prolonger la tradition centriste, est hélas suspendu au bon vouloir de Sarkozy.
Pour ne pas rester sur ce constat amer, je vous livre ce petit plaisir que je ne saurais garder solitaire. Le blog des djeunz libres, coqueluche Modemique des maîtres de la blogosphère, reprend de l'activité avec sa fraicheur habituelle. En ce mois de septembre 2007, Quitterie découvre enfin que les communistes ont pu être très méchants. Cette innocence me donne toujours autant envie me plonger dans les profondeurs de sa réflexion, de caresser les contours de sa pensée pour mieux en saisir le fondement; bref, elle me ferait presque aimer sa formation...
06:50 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Hervé Morin, Christian Blanc, UDF, Nouveau Centre, Modem, François Bayrou






