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jeudi, 09 août 2007

De la drogue dans le Financial Times

Ames sensibles, s'abstenir

 

Vous pensiez que le quotidien financier de la City, le prestigieux FT, était un journal sérieux ? Peut-être aurez-vous un autre avis après la lecture de cet article signé Willem Buiter, Professeur prolixe à la London School of Economics, ancien chef économiste de la BERD, ancien membre de la Banque d'Angleterre. Voici son blog (ici) et son profil (). En fait, cela vous confirmera à quel point les britanniques savent être pragmatiques concernant certains tabous. Après la publication d'un rapport sur la dangerosité du cannabis par The Lancet et The Independent (10 ans après avoir défendu l'inverse), cet article vient apporter une saine contradiction.

 

Sans remettre en question la toxicité de ces produits, Willem Buiter annonce la couleur dès le départ, en excluant de son propos les produits qui pourraient mener à des menaces pour autrui :

As an economist with a strong commitment to personal liberty and responsibility, my preference would be to see all illegal drugs legalised [...]

Following legalisation, the production and sale of these drugs should be regulated to ensure quality and purity.

 

Il pense même déjà aux recettes fiscales que le gouvernement pourrait retirer d'une vente encadrée (donc fiscalisée) de ces produits festifs. L'argent pourrait d'ailleurs renforcer les moyens de réinsertion des vrais toxicomanes (ou des alcooliques). Son propos est aussi cohérent que serein. Et la mise en oeuvre de ses recommandations ne peut se faire qu'à l'échelle de plusieurs pays afin de ne pas concentrer rapidement l'afflux des toxicos de toute l'Europe. Son argumentation est rigoureuse, tant sur le plan national qu'international. Il ne constitue absolument pas un encouragement à se droguer. Je ne pense pas que cet homme aurait envie de voir ses enfants consommer de telles substances, pas plus que moi. Son raisonnement n'en est pas moins limpide et convaincant. Et de la part d'une personnalité aussi prestigieuse, le propos est audacieux :

 Article FT drugs.pdf

 

Je vous laisse en juger.

Commentaires


Il vaut mieux utiliser le pluriel quand on parle de drogues, puisqu'il s'agit de différents produits qui n'ont en commun que de se retrouver sur une liste de produits interdits. "La drogue", ça fout bien la trouille mais ça n'existe pas. Note au passage qu'en anglais le terme "drugs" est utilisé autant pour les drogues illégales que légales, c'est à dire celles que les médecins, buralistes et autres épiciers sont autorisés à prescrire. D'où la tournure "my preference would be to see all illegal drugs legalised". Parlons donc des "drogues illégales" plutôt que de "la drogue".

Ecrit par : Propagang | lundi, 13 août 2007

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