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dimanche, 13 mai 2007
Le porte à porte
Avec Olivier T., c'est décidé, nous attaquons le porte à porte comme tout bon candidat qui se respecte. Chaque poignée de main, c'est une relation qui se noue et un suffrage potentiel à le clef. Pourtant, je ne me fais pas à l'idée d'aller ennuyer d'honnêtes commerçants au beau milieu de leur travail. Première cible, un distributeur de vin. Il me renvoie dans mes buts après deux questions qui me fauchent à froid. Car je suis froid. Sentiment de déranger, de ne pas être à ma place. Il ne vote pas ici mais dans le Val de Marne, ce n'est qu'un signal sans conséquence directe. Il a raison. il faut que je sois plus concentré. L'exercice est beaucoup moins facile qu'on peut l'imaginer.
Les cibles suivantes sont moyennement accueillantes. Le premier nous parle de problèmes d'insécurité. le suivant des 35 heures. Il suffit de placer une question simple mais pertinente et le flot de commentaires démarre. A ce stade, noter et retenir pour plus tard. Insécurité, 35 heures et charges sociales, persécution policière et assimilation des entrepreneurs à des escrocs par la force publique. Les remarques convergent toutes dans le même sens. Même de la part de commerçants qui avouent avoir voté Ségolène Royal (le 3eme a voté Ségo à 57 % !). Chaque nouveau franchissement de seuil d'un commerce me déchire le coeur. Il faut attendre la fin de la discussion entre un client et le patron, trouver la bonne accroche pour démarrer, garder un bon rythme pour maintenir une image sympa et crédible avec de nombreuses interruptions lorsque des clients rentrent. Les grandes idées ne séduisent pas, seules les mesures très concrètes intéressent. Et, encore une fois, je me rends compte à quel point le politique n'a vraiment rien à faire dans la vie des individus. Pourtant, la réalité est toute autre. Tous ces individus aimeraient simplement que l'Etat leur fiche la paix et les laisse développer leur activité.
Un patron nous avoue ne pas avoir le temps. Histoire de nous chasser gentiment. Je regarde mes grolles. Comment font les autres ? Comment se regarder dans la glace après ces exercices humiliants ? Je suppose qu'il y a une méthode pour se motiver et attaquer sans douter de soi, de l'utilité et de l'éthique de cette démarche. Mon adversaire de l'UMP est le roi de ces contacts hélas artificiels. A moi, il me faut une heure pour faire connaissance, sentir la personne en face de moi et dévoiler une partie de mon projet.
Aurais-je dû commencer par un sex shop ?
21:45 Publié dans Journal de campagne | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
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Commentaires
Courage Aurel : j'ai fait pour ma part, le début de la rue du Commerce. Si je sens l'ouverture, j'essaie d'installer un dialogue. Sinon, je tends mon tract, résume mon programme en deux mots, et laisse la personne travailler. A priori, bon accueil partout (sourire, encouragements, parfois dialogue et parfois adhésion sur les idées !) : "bonjour, je suis candidat dans votre circonscription, etc etc", et hops...
Je crois qu'il est important d'avoir un tract avec des propositions dédiés aux commerçants : nous en faisons un dans le XVème, je te le filerai
Écrit par : Edouard | mercredi, 16 mai 2007
Edouard a une très bonne idée : aller voir les commerçants avec un tract qui les concerne.
Pas d'inquiétude, la prospection politique ressemble à de la boxe.
Les premiers coups font toujours mal. Il faut apprendre à les éviter pour riposter fortement et marquer des points. La répétition permet d'obtenir d'excellent résulats.........c'est un début enthousiasmant et prometteur......
Écrit par : tassan | mercredi, 16 mai 2007
Edouard a une très bonne idée : aller voir les commerçants avec un tract qui les concerne.
Pas d'inquiétude, la prospection politique ressemble à de la boxe.
Les premiers coups font toujours mal. Il faut apprendre à les éviter pour riposter fortement et marquer des points. La répétition permet d'obtenir d'excellent résulats.........c'est un début enthousiasmant et prometteur......
Écrit par : tassan | mercredi, 16 mai 2007
Courage Aurel !
Je ne sais pas si tu aimes le foot, mais il faut que tu te vois comme un avant-centre. Si tu espères marquer un but, il faut d'abord tirer, et tant pis si ça passe à côté. On ne paie pas Thierry Henry ou David Trézéguet pour réussir chacun de leur tir (i.e. pour toi d'avoir à chaque fois un interlocuteur qui t'écoute et t'approuve), mais au nombre de buts marqués (i.e. pour toi le nombre de personnes qui vont finalement t'écouter, voir être convaincu et finalement voter pour toi).
Ne doute donc pas de toi, ni de ta démarche. Tu cherches juste à trouver l'ouverture, et cela passe par la multiplication des dialogues, quitte à en avoir quelques-uns qui sont mauvais. Et avec l'expérience, tu trouveras de plus en plus facilement la faille qui fera qu'on t'écoute et qu'on apprécie ton discours.
Bravo pour tout ton boulot !
Écrit par : julito | jeudi, 17 mai 2007
Bonne chance, mais tente un jour d'aller expliquer à un agriculteur qu'il faut mettre fin aux subventions europeennes et à la PAC, en leur expliquant qu'être sous perfusion constament ne les incitera jamais à remettre en cause leur modèle économique et donc à s'adapter à la mondialisation des échanges commerciaux. Si tu évites le coup de fusil, tu deviendra un pro de la politique et plus aucune remarque desobligeante ne pourra te destabiliser ou du moins te démotiver.
Allez bonne chance, imagine ta chance ... à pied tu peux parcourir toute ta circonscription, moi j'ai 234 lieux de vote répartis sur 3000 km² avec 32hab /km².
Bon courage.
Écrit par : Fred | jeudi, 17 mai 2007
Oui Aurel, un sex shop... lance-toi et raconte-nous !
Je crois savoir que les sex shops de la rue St-Denis ont maille à partir à la fois avec les élus de droite et de gauche (verts) : tu as un boulevard devant toi (pour ne pas dire un trottoir) si tu défend la liberté du commerce là où elle est menacée.
Comme te l'a confié Edouard, nous préparons un tract dans le 15e en direction des commerçants (on pourrait l'adapter aux sex shops si tu nous donnes de bon arguments.
Écrit par : Michel Leter | jeudi, 17 mai 2007
@ Fred : pour le coup de fusil par un agriculteur, va falloir prévoir un cercueil pour 2 parce que c'est aussi mon cas. Le libre échange et l'ouverture complète de nos marchés aux produits agricoles africains, c'est difficile à vendre (si je puis dire)
Écrit par : DanielG | vendredi, 18 mai 2007
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