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dimanche, 15 avril 2007

Esprit, sors de là

Au PS, il y a le feu à la maison. Ce corps est habité par un esprit mauvais, le socialisme le plus ringard. Il en souffre tellement depuis le réferendum du TCE que sa survie est en question. Un sondage des RG, dénommé "Mercure", donnerait Nicolas Sarkozy en tête, selon le Nouvel Obs, Ségolène Royal éliminée, et François Bayrou et Jean-Marie Le Pen au coude à coude, avec une "conjoncture positive" pour ce dernier. Bref selon les RG, le deuxième tour pourrait opposer Nicolas Sarkozy au leader du Front National... ou à François Bayrou. La pression pour un vote utile en faveur de François Bayrou est grande. Manip du Nouvel Obs et de la "gauche éclairée" ou informations fondées sur des faits réels ?
 
L'enjeu est lourd : la survie du PS. Si Ségolène Royal a réussi son hold up (préparé depuis longtemps) sur un PS moribond tenu par des éléphants défendant une idéologie d'un autre âge, le parti est une pétaudière au bord de l'implosion. Les anticapitalistes les plus archaïques (Mélanchon, Fabius) cottoient des socio-démocrates modernes (DSK, Bockel, Vals), européens convaincus des bienfaits de la concurrence et du marché. Certains esprits plus plus ouverts et véritablement influents, tels Michel Rocard ou Bernard Kouchner, sentent que cette occasion est à la fois historique et effrayante. Le PS peut mourir demain (2eme échec à passer au second tour d'une présidentielle), ou se transformer en un parti moderne véritablement social-démocrate. Voire à la pointe des réformes tant attendues.  
 
A l'origine des demandes de rapprochement de Bayrou et de Royal, aussi utopiques soient-elles, deux figures majeures hautement crédibles annoncent une révolution  culturelle de la gauche : Michel Rocard et Bernard Kouchner. Soit celle-ci se modernise et devient une force de progrès comme les travaillistes australiens ou néozélandais qui ont fait de leur pays des exemples de réussite. Soit elle s'enferme dans ses contradictions philosophiques et meurt. Au profit d'une UDF qui, ouverte aux différentes sensibilités, offre les meilleures perspectives de réformes structurelles à terme. Bayrou, pas la vacuité de son programme mais la ferme intention de sortir de notre impasse actuelle, est une éponge aux idées modernes.
 
Or, le PS dispose de personnalités capables de lancer cette dynamique. Un rapprochement entre les esprits les plus ouverts de la gauche et l'UDF me semble le plus prometteur. Il placerait nos confédérations syndicales devant un choix cornélien : faire trébucher un centre-gauche réformateur au profit d'une droite conservatrice bien plus brutale, ou laisser faire. Quoi qu'il arrive le 22 avril, les prochains mois promettent du changement. Il est temps !
 
Pour les libéraux, une porte est en train de s'ouvrir, sachons y placer le pied. Nous serons en bien meilleure position pour pousser nos réformes après cette recomposition inéluctable.

22:10 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : PS, François Bayrou, Ségolène Royal | | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires


Les travaillistes Australiens ne sont plus aux affaires depuis 3 mandatures, et c'est le conservateur Libéral John Howard qui a remis le pays sur les rails apres une decennie calamiteuse de gestion travailliste.
Face a l echec Et a limmobilisme previsible dune telle coalition je pense qu il vaut mieux rester en dehors de tout cela

Écrit par : Marc | dimanche, 15 avril 2007


Immobilisme, certainement pas. Au contraire, l'environnement est prometteur. Les réformes ne sont pas libérales, mais elles offriront des perspectives à nos idées.

Écrit par : Aurel | dimanche, 15 avril 2007


Il faut dire que je suis étonné de votre article. Non pas que je soutienne les idées du PS qui est de toutes façons en train de mourir, mais simplement le fait de voir que vous souhbaiteriez que ce parti si il survit, se transforme en un parti social démocrate avec une certaine entente avec le PS.

Pour ma part, je préfèrerai que le PS évolue plus vers un parti social libéral du genre de Tony Blair qu'un parti social démocrate. Car si cette transformation arrive, je ne crois pas que les mesures qu'ils prendront seront favorables pour le libéralisme.

Quoiqu'il arrive, je crois comme vous que le 22 avril va certainement nous mener à un changement de politique si, comme le disent les RG (une institution que je ne défends pas), Jean Marie Le Pen arrive au second tour face à Nicolas Sarkozy.

Car le fait qu'en 5 ans, le front national arrive à se hisser au second tour montre bien le fait qu'il faut changer de politique (ça l'a déjà montré en 2002 mais Chirac n'en a pas profité pour changer de politique. On se demande pourquoi d'ailleurs, d'où le fait que les RG ont probablement raison sur ce point).

Je n'espère évidemment pas que ce parti arrive au second tour car il faut avouer que ça fait froid dans le dos quand même.

Écrit par : deniserp | lundi, 16 avril 2007


Le "New Labour" de Tony Blair est typiquement un parti social démocrate. La social démocratie moderne est bien plus ouverte, hélas, que nos socialistes et conservateurs de choc.

Nous avons besoin de cette évolution pour défendre nos idées dans un environnement plus porteur, même si (ou grace à quoi) je commence à voir des individus plus ouverts à notre discours mois après mois sur les marchés.

Écrit par : Aurel | lundi, 16 avril 2007


Etes-vous sur que ce n'est pas plutot "Ubu! sort de la!" qui aurait mieux convenu pour votre article? ;-)

Le PS me semble etre en face du meme dileme que lors du vote pour le TCE. Et tant que la décision ne sera pas prise de choisir une ligne social-démocrate (et d'abandonner le collectivisme et autres vieilles lunes), ou de choisir une ligne de gauche socialo-comuniste (et donc le collectivisme avec les résultat que l'on sait par avance) ... alors la question se représentera a chaque échéance importante en s'auto-amplifiant.

L'heure du choix est venue! Refuser de choisir comme lors du congrés du Mans ne fera qu'augmenter les tensions, et rendre le PS de plus en plus inaudible.

sam

Écrit par : sam | lundi, 16 avril 2007


Tout ce qui risque de sortir de l'alliance UDF PS hormis la proportionnelle c'est un conservatisme social. On ne touchera a rien comme d'habitude :
- protection sociale,
- retraites,
- syndicalisme,
- Droit du travail .
- Education
Gardons notre identité, notre unité, travaillons en profondeur, l'heure ou nous pourrons peser arrivera

Écrit par : Marc | lundi, 16 avril 2007


Est-ce que l'on peut croire vraiment aujourd'hui à une grande force du centre, réunissant l'UDF et une partie du PS ?
Je ne pense pas que la France y soit encore prête, il faudrait une vraie volonté pour les hommes politiques de travailler ensemble, avec des convergences de vue sur les grands dossiers de réforme !
Les choses semblent aller dans le bon sens, certes, mais pas assez vite.
Pour accélerer les choses, ne devons-nous pas souhaiter au contraire un électrochoc avec Le Pen au second tour (pas improbable visiblement), suivi de Sarko élu de mauvaise grâce (il aura du mal à rassembler autant de votes que Chirac en 2002, mais il sera élu) ?
Ensuite, aux législatives, les électeurs ne donneront pas cette fois-ci une majorité à l'UMP, et essaieront de rechercher des alternatives avec de nouveaux candidats députés aux idées novatrices !

Écrit par : Olivier | lundi, 16 avril 2007


Il n'y a pas de calcul dans l'article d'Aurel, et je l'approuve ainsi. La création d'une force social-libérale en France approterait plus de clarté à notre paysage mental, plus de fraîcheur aux propos qu'on entend ici ou là... Et c'est bien là le principal...

Écrit par : Christian Jacomino | lundi, 16 avril 2007


Marc, personne ne veut toucher à la protection sociale ou aux retraites sinon AL. Pas plus l'UDF que l'UMP. Mais concernant le code du travail et le syndicalisme, tout le monde a entamé la réflexion, à gauche comme à droite. Je ne parle pas de Royal mais d'esprits plus éclairés qui voient bien ce qui marche ou non en Europe.

Quant à savoir si les Français sont prêts ou non, je n'ai pas la prétention de le savoir. Laissons un peu faire et observons. Si presque 35 pct votent extrême droite et extrême gauche, je suppose que l'attente de chngement est plus forte qu'on l'imagine.

Écrit par : Aurel | mardi, 17 avril 2007

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