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samedi, 24 février 2007

Bayrou fait un modeste pas vers les libéraux

medium_Bayrou.jpgFrançois Bayrou, patron du traditionnel bourbier de centre mou, est sorti du bois hier, muni d'un bâton pour frotter les fesses de ses adversaires, en annonçant quelques axes de son programme. Il s'est offert une franche partie de plaisir en distribuant les mauvais points pour démagogie avancée à son rival de l'UMP et à sa concurrente du PS qui « à chaque réunion publique ajoutent un, deux, dix milliards d'euros de dépenses supplémentaires. Cette attitude est irresponsable » va-t-il jusqu'à affirmer. Chapeau. Si le contenu n'est pas vraiment satisfaisant pour un libéral, certaines propositions méritent le respect.

 

Notamment sa guerre officiellement déclarée à la dette et aux déficits : « Lutter contre son accroissement, ça n'est pas un geste de théoricien, c'est un combat social ». Enfin un peu de lucidité dans ce monde de politiques irresponsables. Proposition : "Hors périodes de récession, l'interdiction de financer par la dette les dépenses courantes de l'État sera de toute façon gravée dans la Constitution. Ce principe fort répond exactement aux attentes de Contribuables Associés. Bonne mesure pour imiter l'expansion incontrôlable de notre Etat nounou.

 

Quelques mots sur un Small Business Act, ça ne mange pas de pain et ça plaît au public des PME. Et puis l'annonce d'une réforme (d'avance courageuse, même si tout le monde la promet maintenant) du régime spéciaux de retraites, avec le maintien de la répartition "à la carte". On retrouve là l'idée d'Alain Madelin (qui a passé du temps à aider François à rédiger ce programme, dans l'ombre) et de Christian Saint-Etienne, Sarkophobe notoire.

 

 

Ensuite, c'est le gloubiboulga habituel de l'UDF. Un peu plus de dépenses ici, quelques vagues promesses d'économies que l'Institut de l'Entreprise, dans sa grande naïveté, s'est tout de même amusé à évaluer (comme si les réductions étaient réalisées par qui que ce soit de l'establishment, surtout quand on apprécie à sa juste valeur le travail de Bayrou au Ministère de l'Education dans le passé...). Pas de réforme fiscale ambitieuse, pas beaucoup plus de liberté pour les citoyens. bref, rien de vraiment innovant, seulement un peu de sagesse par rapport aux promesses délirantes de Sarko et Ségo.

 

 

Allez François, encore une vingtaine d'années à ce rythme, et tu seras presque libéral ! 

Commentaires


"Proposition : "Hors périodes de récession, l'interdiction de financer par la dette les dépenses courantes de l'État sera de toute façon gravée dans la Constitution. Ce principe fort répond exactement aux attentes de Contribuables Associés. Bonne mesure pour imiter l'expansion incontrôlable de notre Etat nounou."
=> Pourquoi alors est-elle absente du programme d'AL? Oubli? Je pense qu'il faut même aller plus loin que Bayrou sur ce sujet et interdire AUSSI le déséquillibre des dépenses d'investissement (pas seulement de fonctionnement) afin de ne pas léguer un seul centime de dette aux générations futures.
On n'entend pas non plus parler dans le programme d'AL de comment on va réduire le poids de la fonction publique qui est rappelons-le au double de la moyenne européenne...

Ecrit par : Libex | dimanche, 25 février 2007


Je pense qu'il faut arrêter de faire joujou avec la constitution. Cette proposition de Bayrou part d'un bon principe, mais il doit être défendu devant les électeurs et non contribuer à l'inflation législative et constitutionnelle.

On ne doit pas inscrire dans la constitution des règles qui pourraient être regrettées dans vingt ans, dans une situation éconimique, financière et politique qui serait différente de celle d'aujourd'hui.

Les lois, et encore plus la constitution, ne doivent pas être une béquille pour suppléer au manque de courage politique.

La dette n'est pas mauvaise en soi, dans l'absolu, en tous temps et en tous lieux, indépendamment de son montant et de ses modalités. Elle est mauvaise aujourd'hui, car c'est une drogue dont nous avons pris l'habitude et dont nous augmentons sans cesse les doses pour rester sur notre petit nuage étatiste.

La liberté budgétaire est un instrument essentiel d'action de l'Etat. Elle doit être préservée, y compris pour les générations futures. Ne confondons pas tout.

D'ailleurs, cette proposition de Baytou est inapplicable. Une constitution doit être simple, incontestable, sans ambigüité. Or que dit la proposition? "Hors période de récession, l'interdiction de financer par la dette, etc".

Vous voyez d'ici les querelles d'économistes pour déterminer à partir de quel moment on est entré dans une période de récession!...

Oui, le principe est bon et doit être politiquement défendu. Non, il ne faut pas l'inscrire dans la constitution.

Ecrit par : Robert Marchenoir | mercredi, 28 février 2007


Bonsoir Aurélien,

Je suis assez d'accord avec le commentaire de Robert. Je trouve ça un peu gadget. D'une part, une constitution gagne à être concise, précise, claire. C'est un contrat cadre. Pas un code civil + un code du travail + un code de la sécurité sociale + l'annuaire des bons sentiments de Jacques Chirac...

D'autant qu'une réforme constitutionnelle, ça se fait et ça se défait. Inclure ça dans la constitution, et on peut être certain qu'arrivée au pouvoir, Ségolène Royal fait adopter une constitution de la VI° République avec Montebourg en rapporteur.

Quant à Bayrou, nous a-t-il épargné, cette fois, ses couplets lénifiants contre le libéralisme sauvage, les vilains capitalistes, ces ordures de libéraux? Il a une fâcheuse tendance à participer depuis des années maintenant à la diabolisation systématique du libéralisme au point que je demande comment Madelin peut supporter de travailler avec lui... Je sais que tout le monde dit qu'il est terriblement influençable... mais bon, ça doit être pésant de bosser avec quelqu'un qui une fois le dos tourné passe son temps à vous insulter.

Ecrit par : Bigstop | jeudi, 01 mars 2007


Bonjour les amis libéraux!

Je suis du côté de Bayrou et je note avec plaisir que vous notez des choses positives dans notre programme.

La rédaction de la proposition dans la constitution n'est pas si compliqué que cela. La constitution prévoit déjà qu'un député qui propose par amendement une dépense supplémentaire dusse inscrire dans le même amendement la recette correspondante!

Le gouvernement sera soumis à la même exigence. Il ne pourra prévoir de n'utiliser la dette que pour "des dépenses d'investissement ou lorsque des circonstances économiques ou politiques exeptionnelles peuvent être justifiées"

Ecrit par : youp12 | vendredi, 02 mars 2007

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