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vendredi, 05 janvier 2007
L'UDF menacée par la campagne de Bayrou ?
Comme vous le savez, la politique est une activité économique ayant pour objet la conquête, ou du moins le partage, du pouvoir. Les grands chefs de parti sont des patrons plutôt âgés de grosses PME dont les principales ressources proviennent de l'argent public. Chaque année, sans compter le financement direct des campagnes des candidats aux divers scrutins, 42 partis politiques se partagent 73 millions d'euros. Chaque année, voici le découpage de cette distribution de l'argent des contribuables aux principaux partis :
- UMP : 32.2 millions d'euros
- PS, PRG et apparentés : 20 millions d'euros
- FN : 9 millions d'euros
- PCF : 3.8 millions d'euros
- UDF : 4.3 millions d'euros
- Verts : 2.2 millions d'euros
On comprend mieux pourquoi la direction d'un parti constitue un tel enjeu. Les sommes en jeu sont colossales (merci les contribuables), et ce sont elles qui offrent des moyens d'action importants. Le tout sans avoir à chercher le moindre donateur : l'argent tombe tout frais et régulièrement dans l'escarcelle du parti !
Cela dit, il faut bien distinguer le financement d'un parti, c'est à dire d'une marque générale, de celui des campagnes de candidats, qui ne concernent que des individus isolés. Le financement par l'Etat des campagnes ne concerne que les dépenses engagées par le candidat sur son apport personnel, aucunement les dons (eux ne seront pas remboursés du tout pour éviter l'enrichissement personnel). Donc le candidat prend un risque en finançant lui-même sa campagne : au-dessus de certains seuils, il est remboursé. En deça, il en est entièrement de sa poche.
La campagne présidentielle permet à chacun des candidats de toucher un financement public de 750.000, voire 7.5 millions d'euros pour leurs propres dépenses, et constitue une grosse étape dans la promotion tant d'une marque (le parti) que d'une personnalité (le candidat). Le parti espère s'appuyer sur le succès relatif du porte-parole principal, souvent le patron lui-même, même si ses cadres n'en partagent ni les valeurs...ni la stratégie. A l'UMP, fourre-tout de gaullistes, de souverainistes, de néo-libéraux et de crypto-Boutinistes, c'est manifeste. A l'UDF, c'était moins apparent jusqu'à quelques craquelures comme celle que décrit Marie-Christine Blin, ex-"candidate au soutien de l'UDF pour l'élection présidentielle" (kezako ?) :
"En mettant au point ma participation au processus interne de désignation, j'ai découvert que François BAYROU, cornaqué par Marielle de SARNEZ, a amené les dépenses de fonctionnement de l'UDF à un tel niveau que nous sommes, en réalité, trop pauvres pour aider un candidat à l'élection présidentielle sans mettre notre survie en péril, comme notre trésorier l'a dit aux Echos "
Celle-ci semble suffisamment énervée pour avoir lancé une procédure judiciaire. Etait-ce vraiment nécessaire de fragiliser ainsi l'UDF quelques mois avant la présidentielle ? Elle risque surtout de compliquer la vie et d'alourdir la campagne déjà difficile de François Bayrou. Enfin, je ne vais pas pleurer sur les concurrents : à chacun ses boulets.
Mais ce qu'elle avance n'est pas absurde :
"L'UDF ayant cautionné un emprunt de 8.000.000 € de François BAYROU en accordant une hypothèque sur son siège social, lui-même non encore entièrement payé, il ne nous reste plus qu'à espérer que plus de 5 % des votants souhaitent qu'il accède à l'Elysée. "
Un candidat qui engage 8 millions d'euros de dépenses en nom propre pour sa campagne à la présidentielle et qui ne franchit pas la barre des 5 % est mis en faillite (Christine Boutin, qui a perdu plus de 3 millions de sa poche en 2002, porte des robes hippies à fleur du plus mauvais goût depuis lors...bref, on ne sait pas ce qu'elle fume pour s'en remettre) car l'Etat ne le remboursera pas d'un seul kopeck en dessous de ce seuil fatidique. C'est alors la caution qui devra payer les pots cassés. En l'occurrence, François Bayrou menace la pérénité financière de l'UDF avec cette implication aussi lourde de son parti. S'il n'atteint que 4.99 %, ce qui serait déjà un bon score, l'UDF devrait payer 8 millions d'euros au banquier du hérault déchu. Et les législatives s'annonceraient sous de mauvais auspices pour les candidats d'un parti en faillite. Vu l'état de la France, aurions-nous besoin de voter pour ceux qui se sont plombés financièrement sans aide extérieure ? Compte tenu d'une règle de jeu aussi perverse (et taillée sur mesure pour les "gros" partis : UMP et PS), ce quitte ou double est bien risqué, François...
13:25 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : UDF, campagne présidentielle 2007, comptes de campagne, président de la république, politique |
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Commentaires
Verts : 202 millions d'euros ?
Écrit par : Etonné | vendredi, 05 janvier 2007
Il suffit d'ouvrir le lien pour avoir le chiffre exact: un 0 a pris la place du point.
Il faut donc lire: 2.2 millions d'euros.
Écrit par : Wali | samedi, 06 janvier 2007
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