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mercredi, 03 janvier 2007
L'Europe se fait sans la France
Depuis les fondateurs Robert Schuman et Jean Monnet, les gouvernements français successifs ont toujours eu la prétention d'appartenir naturellement et sans contestation possible au clan des leaders européens. Si nous n'appliquons parfois pas nous-mêmes les directives européennes, mêmes celles auxquelles nous contribuons, notamment dans le domaine de l'environnement, nous aimons bien faire la morale à nos partenaires européens. Pourtant, la France a perdu de son leadership au cours des ans. Le "Non" du 29 mai a non seuleemnt achevé les derniers espoirs des européens convaincus, mais il a isolé le France du mouvement de libéralisation européen. Un modèle social, prétendument le meilleur du monde, qui fait rire nos voisins, des résultats économiques et sociaux récurrents catastrophiques et une classe politique largement corrompue et coupée des réalités du monde ont largement contribué à faire de notre pays la risée de toute l'Europe. Aujourd'hui, une kyrielle de pays à forte croissance et à Etat modeste ont retrouvé confiance en eux. Il n'est plus réaliste de jouer les arrogants maintenant que la richesse de l'Irlande a dépassé celle de la France, que nos jeunes s'expatrient massivement en Espagne ou au Royaume Uni et que les 18 pays qui ont ratifié le TCE réflechissent à sa mise en oeuvre à côté des deux ronchons réfractaires, les Pays-Bas et nous-mêmes. Aujourd'hui, notre binôme historique est en passe de prendre le relais : l'Allemagne, que nos politiques daignaient associer à notre prétendue grandeur avec condescendance, devient de plus en plus nettement la locomotive de l'Europe.
Et Angela Merkel n'y est pas pour rien. Cette femme, qui a eu l'audace de promouvoir l'impôt proportionnel sur le revenu et d'autres réformes libérales au cours de sa campagne, tente de faire bouger l'Allemagne bien au-delà de ses conservatismes apparents. Si son bilan des réformes reste modeste sous l'effet du conservatisme social-démocrate du SPD, force est de constater que la confiance est revenue. Alors qu'elle prend la présidence de la Communauté Européenne pour 6 mois et du G8 pour un an, ses premières annonces révèlent une riche personnalité avec l'étoffe d'un leader européen doté d'une vraie vision globale. Une relation assainie avec la Russie, loin de l'amitié ambigue et malsaine de Chirac avec Poutine, et un accord pour établir un marché unique transatlantique qui surmonte les forts protectionnismes de part et d'autre de l'océan Atlantique constituent les deux priorités ambitieuses d'Angela Merkel. Poussant vers une libéralisation accrue de nos marchés respectifs, elle lance aujourd'hui une dynamique qui devrait encourager la France à sortir de sa torpeur sous perfusion Etatique.
C'est le moment de nous réveiller et de transformer la globalisation que nos politiques décrivent comme des menaces en opportunités pour nos citoyens et nos entreprises. Encore faudrait-il que la classe politique change et rendent les clefs du pays à la société civile, aujourd'hui verrouillée.
11:55 Publié dans Dans le monde, Société, Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : Europe, TCE, Allemagne, Angela Merckel, commission européenne, constitution |
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