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mardi, 08 août 2006

Présidentielle de 2007 : peu de place pour les jeunes

De nombreux exemples nous montrent que les grandes démocraties n'hésitent pas à privilégier la jeunesse quand il s'agit du pouvoir politique. Carl Bildt fut premier ministre suédois à 42 ans et engagea alors d'audacieuses réformes. Tony Blair fut premier ministre à 44 ans. José Maria Aznar avait 43 ans lorsqu'il est devenu président du gouvernement espagnol et a engagé son pays sur la voie de la libéralisation et de la croissance, puis José Luis Zapatero : 44 ans. Bill Clinton fut élu à l'âge de 47 ans. A regarder le succès de nos voisins, le dynamisme des politiques menées semble lié à l'âge des dirigeants politiques.

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En France, les candidatures se multiplient déjà pour 2007. Et à part Jean-Marie le Pen, 78 ans et la paléo-trotskyste Arlette, 66 ans, ce sont surtout des quinquas qui se présenteront en 2007. Sarko a 50 ans, Ségo 52, Bayrou 51. A côté, Dominique Voynet fait figure de jeune à 48 ans. Tous ont au moins 30 ans de combat politique derrière eux. Ils font de la politique comme on fait carrière dans une administration.  

 

Ensuite, il y a Olivier Besancenot : 32 ans. Mais qui a réellement envie de goûter du trotskysme ? Et puis il y aura bientôt le candidat des libéraux : celui d'Alternative Libérale, qui ne devrait pas avoir plus de 30 ans. Le combat sera rude pour cette nouvelle génération. Notre système présidentiel, qui encourage la starification des candidats, est bien verrouillé. Difficile de défendre un projet politique sans présenter un candidat à la présidentielle tant les médias privilégient ce mode de communication. Mais 500 signatures ne sont pas faciles à obtenir. Déjà, le PS a envoyé une lettre à ses dizaines de milliers d'élus membres du parti afin que les maires et conseillers généraux et régionaux ne donnent leur signature à aucun prix. Sarko, lui, n'a pas hésité à convoqué de nombreux maires pour leur indiquer signaler que les "mauvaises signatures" subiraient des sanctions de sa part...en tant que Président de l'UMP, de la République ou en tant que ministre de l'intérieur ? Idem pour les préfets qui ont reçu des instructions très fermes dans ce sens. Après tout, ce sont eux qui contrôlent les collectivités locales, l'oeil (et le bras armé) de Moscou...enfin de place Beauvau. Bref, la publication de 500 noms parmi l'ensemble des signataires permet ce genre de mesures de rétorsion ciblées.

 

La quête des 500 signatures est aussi un business : une fois les signatures tant attendues parvenues au Conseil Constitutionnel, quelques semaines avant le scrutin, un budget proche de 800.000 euros d'argent public tombe dans l'escarcelle de l'heureux candidat. Autant dire que cela attire les Nicolas Miguet et autres opportunistes habituels qui ne disposent pas de la force d'un parti derrière eux, encore moins d'un projet politique crédible.

Ensuite, les candidats qui dépasseront 5 % des suffrages exprimés recevront 10 fois cette prime, presque 8 millions d'euros ! Autant dire que les candidats de petits et moyens partis vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête s'ils veulent jouer dans la cour des grands en termes de budget. Car les grands, en plus du soutien financier de leur parti, lui aussi largement financé par les impôts, savent qu'ils peuvent compter sur près de 8 millions d'euros d'aide publique. Cette contribution des deniers de l'Etat favorise donc les candidats des partis de pouvoir au détriment des nouveaux talents. On retrouve ici la manière dont les gouvernants installés se barricadent avec l'argent du peuple face à l'émergence de nouveaux talents. L'équité et la justice voudraient que les candidats se débrouillent intégralement pour financer leur campagne. Les abstentionnistes et tous ceux qui votent blanc sont certainement les premiers à être furieux de voir qu'une partie des fruits de leur labeur sert à financer ce business de la conquête du pouvoir.

 

Il est facile d'exiger une réforme de ces conditions honteuses lorsqu'on n'est pas au pouvoir. Mais est-ce possible de parvenir au pouvoir pour la réaliser ?

 

 

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